PLANCHE XIX
1 et, 3. Eros. Il est au vol, soutenu par deux grandes ailes verticales terminées en pointe, très analogues a celles des Nikés de la planche 16. De l’arête sinueuse implantée dans les épaules partent plusieurs rangées de plumes courtes s’épanouissant en éventail et de longues plumes ondulées et parallèles dont les nervures et le duvet sont indiqués avec soin. Autour du corps, qui est celui d’un vigoureux adolescent bien en chair, s’enroule en ovale une draperie repliée sur elle-même et dont un pan est soutenu par 1 épaule et l’autre par l’avant-bras. Le torse, partagé en trois grandes divisions, offre un modelé moelleux, mais suivi de près et, dans la rondeur des seins, quelque tendance à l’hermaphroditisme. Le visage regarde vers la gauche avec une expression de douceur ; les cheveux, enserrés dans une ténie et séparés par une raie médiane, se relèvent sur les tempes et sont massés sur la nuque en un chignon épais et bas, comme ceux des Nikés de la planche 16 avec lesquelles la figurine présente une évidente parenté. Le mouvement général est calme : les jambes, placées l’une derrière l’autre mais rapprochées, indiquent, sans 1 accentuer, la marche en avant ; les bras, voisins du torse, font un geste mesuré et parlant qui accompagne 1 expression du visage. Je ne pense pas que les mains aient jamais rien tenu ; l’attitude est très vivante et se suffit a elle-même. Les pieds sont chaussés de demi-bottes à talons. Belle patine avec des couleurs luisantes et comme vitrifiées. Même fabrique que les Nikés de la planche 16. — Hauteur : o m. 385.
2. Niké. Cest la statuette de la planche Cs de la première Collection Lecuyer. La reproduction actuelle, faite sous un angle un peu différent, permet d’apprécier l’expression souriante et gracieuse du visage. Il est fâcheux que les doigts soient brisés, car il est bien possible que les mains aient tenu quelque attribut. Etait-ce une guirlande dont la longueur expliquerait l’écartement des bras', ou bien la main gauche portait-elle une couronne, comme plusieurs Nikés de Myrina, et la droite un miroir dans lequel la déesse, dont on connaît les rapports avec le monde de la coquetterie féminine, examinait ses traits avec satisfaction ?
Les ouvertures rectangulaires pratiquées dans le dos indiquent que la statuette était destinée à recevoir des ailes et par conséquent figurée au vol. La jambe droite, qui sort hardiment de la tunique repoussée en arrière par le vent, montre que la figurine venait en avant ; l’effet de la brise qui gonfle l’étoffe et se fait, sentir egalement sur la partie inferieure du diploïdion est rendu avec beaucoup de bonheur. Pieds chaussés de sandales. Myrina. — Hauteur : o m. 276.