PLANCHE XXI
1 et 3. Femme portant un cygne. - Elle a été reproduite de trois quarts et de face. Debout sur a jambe gauche, elle soulève un pan de son himation, qui passe derrière le dos et vient s’enrouler autour de la jambe droite, où il ne tient que par la pression des cuisses l’une contre l’autre. Une tén.e a laissé sa trace sur la chevelure divisée par une raie médiane et relevée sur les tempes en bandeaux qui se réunissent en chignon par derrière. La jeune femme presse contre elle un cygne ou peut-être une oie, qui repose familièrement sa tête sur son épaule; elle incline la tête et regarde vers sa droite avec une grande expression de douceur. Base rectangulaire à deux degrés. - Hauteur : o m. n5.
J’ai publié récemment une statuette d’un mouvement analogue, mais inverse . Nul doute que nous ne soyons en présence d’une scène familière, mais avec des réminiscences de Léda.
2. Aphrodite sur un cygne. - La déesse, plus qu’à demi-nue, est assise sur un cygne dont elle tient le cou de sa main droite et vers lequel elle se penche. De la main gauche elle porte une fleur. La chevelure, surmontée d’un diadème et massée sur le sommet de la tête, laisse pendre deux boucles sur les épaulés. — Hauteur : o m. i85.
Le motif de la femme sur le dos d’un cygne est connu par un assez grand nombre de monuments qui ont été souvent étudiés" et où l’on s’accorde actuellement à reconnaître une représentation d Aphrodite. Ici le cygne paraît marcher sur le sol, comme dans une terre cuite dont j’ai la photographie sous les yeux et ou il est attelé à un char portant Éros. Mais, dans un autre groupe d’une facture très analogue au notre, les flots sont nettement figurés, et il s’agit évidemment d’un voyage sur la mer. On a explique ce voyage c e différentes façons : O. Benndorf y voit une allusion au changement régulier des choses de la nature qui a laissé dans la mythologie grecque une trace si profonde. Le départ et le retour d’Aphrodite, déesse de la végétation naissante, serait le symbole de la succession de l’hiver et du printemps. A. Kalkmann a explique
i. Cf. première Collection lecuj'er, pl. II. Hoffmann, 1886, pl. XII, n* .18. — 4- Terre.
mnnn Jnhrhuch des k. d. a. Instituts , 1886, p.
. , Tl,. Schreiber, Di» MWM*. P1- **• XIUV, “ 1 V’. TkT
„ pa, A. Cartault, pl. XXV, p. 85 - 5. T,r„ ,»»»,»«. pl. XXVI. - 6. Ver A. K.lk-
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TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE. 21
le sujet, sur un lécythe aryballique de Berlin tout parsemé de points dorés, par le lever de l’étoile de Vénus. Dans les peintures où Aphrodite est debout derrière un cygne et paraît s’élever avec lui, il croit voir la déesse sortir du sein de la mer où elle habite. La fleur que tient la déesse sur notre terre cuite est plus favorable à l’interprétation de Benndorf, et, si dans la suppression des flots on ne veut pas voir une simplification arbitraire du coroplaste, on pourra supposer que le cygne vient d’aborder au rivage, dans les prairies que peuplent ses congénères et où le retour d’Aphrodite va donner le signal du renouveau.