‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 4 sur 77 · PLANCHE II · texte numérisé non relu

PLANCHE II

1 à 8. Huit petits Éros au vol. — Huit Amours de Tanagre sont au vol sur cette planche, et, de leurs petites ailes éployées, fendent l’air avec une grande légèreté. Ce sont des enfants aux joues rondes, au corps potelé, à l’air espiègle et souriant; ils charment par la variété de leurs attitudes, par leurs gestes, où l’on peut voir tout simplement un effet de la turbulence de leur âge plutôt que de supposer des attributs qui auraient disparu.

Le premier penche la tête vers sa droite; il a les hanches ceintes d’un himation réduit à l’état d’un mince ruban et dont un pan flotte à droite; 011 dirait qu’il se fait petit pour s’insinuer quelque part. Par derrière, une bélière dont le trou est disposé de telle façon que, lorsqu’on y passe une ficelle, il ne reste point vertical, mais plane comme un oiseau5. — Hauteur : o m. o65.

Le second incline lui aussi, mais un peu moins, sa tête vers sa droite et regarde à gauche ; le bout de son himation, roulé autour des hanches, pend à gauche; il a la jambe droite repliée et fait un geste qui

1. C. B. p. 1870 et 1871, Atlas, pi. 3 et 4i Texte, p. il sq. — a. Arck. Zeit., 1875, PI. 6 et 7, Texte, p. 3ÿ sq. — 3. Budens, III, 3, zja : Te ex coucha n a tain esse autumant, cave tu harum couchas spernas. — 4- Pt E. — 5. Cf. clans les Antiquités du Bosphore cimmérien, PI. XXXV, fig. 3 et 4, le petit vase d’argent sur la panse duquel des Éros au vol essayent d’attraper des oiseaux.

TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE

i appelle celui dEios versant la libation'; mais le geste est plus large et il ne semble pas que l’enfant ait jamais rien tenu dans sa main. — Hauteur : o m. o77.

Le troisième regarde au-dessous de lui vers sa droite; il lève les deux bras au ciel comme s’il éprouvait une piofonde sui prise de ce qu il voit; le corps est légèrement ployé; l’himation roulé passe autour des hanches et sur les deux épaules. — Hauteur : o m. oü5.

Le quatrième s est drapé dans un court manteau cjui enveloppe le bras gauche et laisse libre le droit qui tient une pomme. 11 legai de en bas vers sa gauche, comme s’il cherchait quelque mortelle à qui la lancer, et paraît en avoir une autre sous sa draperie. — Hauteur : o m. o(‘>5.

Le cinquième a j'ete sur sa tete en manière de capuchon son petit manteau qui ne descend plus que jusqu’aux hanches; son bras gauche passe sous son cou le pan resté libre qu’il va jeter sur l’épaule; il parait enchante a l’idée de se parer de cette façon féminine et il sourit d’une façon très amusante. — Hauteur : o m. oG.

Le sixième, les cheveux serrés par une ténie dont la trace subsiste, porte de chaque côté du front deux ailes reliees par une fibule ronde dont il manque une moitié. 11 a les deux bras pris sous son manteau strictement drapé et tourne vers sa gauche sa tete légèrement inclinée. L’addition de deux ailes sur les tempes a sans doute pour but de le transformer en Hermès donneur du sommeil ou en Hypnos. — Hauteur : o m. oq5.

Le septième s est couvert la tête de son himation qui forme comme un capuchon pointu ; il en soulève un pan de sa main gauche et jette en avant sa jambe gauche et son bras droit, comme s’il courait après quelqu’un qu’il fût sur le point d’atteindre. — Hauteur : o m. o77.

Le huitième, 1 himation noué autour des reins, coiffé d’une sorte de bonnet phrygien dont les brides retombent libres sur sa poitrine, joint les mains au-dessus de sa tête. On a trouvé sur divers points du monde hellénique des personnages virils caractérisés par cette attitude et revêtus du costume oriental. On les a expliqués comme exécutant une danse asiatique. La figurine publiée par M. Lenormant dans la première Collection Lecuyor 4 semble bien être une femme, autant qu’on en peut juger par le développement des seins, ici ce n’est point Mén-Atys, mais Éros lui-même qui paraît préparer une culbute; son bonnet seul rappelle l’Asie. — Hauteur : o m. o77.

1 ous ces Éros ne sont pas lourds comme ceux des sarcophages romains, et leur élégance est moins affectée que celle de leurs camarades des fresques de Pompéi. Ils ne sont pas du reste, comme à Pompéi, asservis à des métiers purement humains ; ils voltigent ça et là, capricieux, oisifs ou occupés des belles mortelles: On peut les rapprocher des petits Éros des vases du iv° siècle à reliefs dorés ; mais ceux-ci, plus élancés et plus minces, sont moins enfants ; ce sont peut-être les Éros des bijoux grecs en or qui fourniraient le meilleur terme de comparaison.

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