PLANCHE III
1. Aphrodite au bain. — Debout sur la jambe gauche, la main correspondante légèrement appuyée, une femme à peu près nue penche la tête et regarde avec attention. Le rythme du corps est simple et juste : tout le poids porte sur le côté gauche qui se ramasse, le droit reste libre. La tête
est de profil, le corps de face. L’un des bras est curieusement entortillé dans l’himation, suivant une
mode usitée à Tanagre. L’autre lève la draperie au-dessus de l’épaule, selon le geste de la Vénus Genetrix, geste assez rare chez les personnages nus, mais qui pourtant s’est déjà rencontré, en particulier dans les terres cuites. Les cheveux, ceints d’une couronne de feuilles pointues, * — myrte ou
lierre? — sont massés autour de la tête et se relèvent par devant et par derrière en deux touffes. Modelé
sommaire par derrière. Base à deux degrés, arrondie par devant. — Hauteur : o m. 22.
Il n’est pas douteux que nous n’assistions à une scène de bain. Nous voyons assez fréquemment sur les vases peints, à côté d’un grand loutérion à pied cannelé, des personnages virils ou féminins
1. Première Collection Lecuyer, pi." T*. — 2. Déjà publié dans la première Collection Lecuyer, pl. T5. — 3. Déjà public daus la première Collection Lecuyer, pl. T*. — 4- PI- P-
occupés à faire leurs ablutions. Ici le loutérion est plus petit : c’est une cuvette supportée par un double jeu de tiges métalliques infléchies maintenues au milieu de la hauteur par un anneau. Ses ablutions terminées, la jeune femme s’enveloppe dans l’himation ; mais elle est distraite et contemple fixement les deux colombes qui boivent, la tête penchée dans le bassin.
La présence des colombes, — bien qu elles soient souvent de simples oiseaux favoris entre les mains des jeunes filles — la nudité presque complète, le geste sont des particularités qui, reunies, engagent à voir dans notre figurine une Aphrodite.
2. Femme groupée avec un petit Éros. — Une femme de proportions élancées, aux membres souples, est assise sur un rocher, la main droite appuyée sur la cuisse. Elle est vêtue d’une fine tunique plissée, à manches très courtes, ouverte en triangle sur la gorge et serrée au-dessous des seins, ainsi que d’un himation enroulé autour des jambes et dont un pan passe sur le poignet droit. Les cheveux, ramenés en dôme au sommet de la tête et noués en un chignon élevé, sont traversés par une raie médiane et serrés par une ténie. La jeune femme, le visage incliné, pose la main sur la tete d un petit Eros aux ailes déployées, à l’himation enroulé autour du corps et faisant baudrier ; celui-ci raidit la jambe droite, ploie le genou gauche et, les deux bras levés, essaie de se débarrasser de ce poids incommode. Le modelé du groupe est aussi soigné par derrière que par devant, et de dos la figurine se profile d une façon très gracieuse ; aussi l’a-t-on fait reproduire sous deux aspects : voir le nü 2 de la planche 38 bis. Hauteur : o m. 28.
Quelques belles statuettes de la fabrique de celle qui nous occupe ont figuré naguère à l’exposition du Burlington Club : celle-ci est des plus charmantes. Le groupement de petits Eros avec des femmes accompagnées ailleurs de symboles funéraires se rattache probablement à 1 idee qui a fait multiplier les Éros funèbres sur les sarcophages romains. Je voyais récemment chez un collectionneur un Eros tout seul au pied d’une stèle.