PLANCHE IV
1 à 3. Trois petits Éros au vol. — Voici encore trois Érdtia de Tanagre, tous les trois au vol, tous les trois une jambe en avant, l’autre légèrement repliée en arrière, pourvus cette fois d attributs qui ne laissent aucun doute sur leurs fonctions.
Le premier1, l’himation noué autour des hanches et pendant à sa gauche, tient dans le bras gauche une lyre dont il ne joue point pour le moment, mais dont les sons, si l’on en juge par son air attentif et souriant, paraissent résonner encore à ses oreilles ; peut-être tenait-il le plectre dans la main droite. Il est inutile d’insister ici sur les rapports entre la musique et l’amour. — Hauteur : o m. 070.
Le second se regarde dans un miroir, formé d’un simple disque rond, qu’il tient tout près de son visage. Rien d’amusant comme la satisfaction visible qu’il éprouve à contempler ses traits. Dans ses cheveux, qui flottent en boucles sur ses épaules, sont piqués des fruits ronds et des feuilles pointues. L’himation forme par devant une sorte de petit tablier plissé et pend des deux hanches. Hauteur : 0 m. 075.
Le troisième*, drapé dans un petit manteau dont le bord traverse le buste en biais, porte dans sa main gauche un miroir à charnière; la tête est surmontée d’une couronne en bourrelet. — Hauteur : o m. 07.
4. Aphrodite groupée avec Éros. — Aphrodite, le haut du corps nu, est assise sur un siège bas à pieds arqués, garni d’un coussin, et sur le dossier duquel elle a passé le bras avec abandon. L himation enveloppant les jambes remonte derrière le dos; la chevelure, bouffante en bourrelet sur le front, ramassée en chignon au sommet de la tête et rayée de stries parallèles, porte les traces d une ténie qui faisait le tour de la tête et se croisait en X par devant. La déesse tient dans son bras droit Éros adolescent, debout:
1. Déjà publié dans la première Collection Lecuyer, PI. Ts. — a. Déjà publié dans la première Collection Lecuyer , pl. 1!.
TERRES CUITES ANTIQUES TROUVÉES EN GRÈCE ET EN ASIE MINEURE
sur un tabouret, qui vient d’accourir près d’elle, comme l’indiquent ses ailes éployées, et qui approche sa figure tout auprès de la sienne. Base rectangulaire moulurée. — Hauteur : o m. 17.
Le corps de la déesse est modelé avec une plénitude superbe, la tête d’une grande beauté. Le pan de draperie qui cache un des pieds du siège vient en avant avec bien du relief; le rapprochement des deux visages, celui d’Eros rond et souriant, celui d’Aphrodite sévère et d’une régularité admirable, est d’une belle invention. L’enfant qui tient le cou de sa mère à deux bras veut la distraire par ses caresses; il la baise bien près de la bouche, presque amoureusement. Peut-être lui raconte-t-il quelques-uns de ces bons tours qu’il joue aux dieux et aux hommes ou lui murmure-t-il de tendres paroles. Aphrodite le serre maternellement contre elle; mais elle est songeuse et regarde au loin.
Le groupement d’Aphrodite assise avec Éros sous la forme d’un jeune garçon remonte jusqu’à la frise du Parthénon où la déesse, appuyant le bras sur l’épaule d’Eros debout devant elle, regarde passer la procession1. Le sujet ne paraît pas avoir été traité à part par la statuaire en ronde bosse. II faut, pour en trouver l’analogue, recourir aux vases peints, aux miroirs, aux pierres gravées. A ce point de vue, le relief de miroir en bronze doré reproduisant le motif du baiser, et le relief en ivoire où Eros est à peu près du même âge que sur notre terre cuite, trouvés dans le sud de la Russie et publiés par Stephani1, sont particulièrement intéressants.