‹ Deuxième collection Camille LecuyerChapitre 7 sur 77 · PLANCHE V · texte numérisé non relu

PLANCHE V

1 à 4. Quatre petits Eros au vol. — lis se distinguent très nettement de ceux que nous avons publiés planches 2 et 4- Le modelé du corps n'est pas aussi moelleux; les traits du visage souriant ont quelque chose de moins enfantin; une natte épaisse venant d’arrière en avant surmonte leur front; les ailes, plus développées, — au moins chez trois d’entre eux — se composent d’une nervure terminée brusquement en pointe et garnie d’un court duvet; de longues plumes d’un dessin soigné s’en échappent. Ces Éros, trouvés ensemble et d’une facture toute particulière, viennent d’Asie.

Le premier baisse la tête et porte dans ses deux mains son himation enroulé et tordu qui voile sa nudité, mais qui n’est point noué autour de lui. C’est là, de la part du coroplaste, une fantaisie qui mérite d’être notée. — Hauteur : o m. 08.

Le second tient de la main droite fièrement levée un thyrse d’où s'échappent deux bandelettes et qui a perdu une partie de sa hampe; il regarde fixement cet attribut bachique, qu’il porte d’une façon triomphante et que complète un masque satyrique couronné de feuillage et de fruits qu’il tient dans sa main gauche. La draperie en écharpe est nouée un peu plus bas que d’habitude, pour laisser la place au masque. — Hauteur : o m. 10.

Le troisième, l’himation roulé autour des hanches, fait un geste très analogue à celui de l’Eros précédent; il semble qu’il ait jadis tenu quelque chose dans la main droite; mais l’attribut n’existe plus. — Hauteur : o m. 10.

Le quatrième, entièrement nu, porte une lyre, comme le premier Eros de la planche 4? rnais d’un style différent parfaitement d’accord avec celui du personnage. Tout se tient dans ces charmantes œuvres de l’art grec ; il n’y a point de dissonance. — Hauteur : o m. 08.

On remarquera que ces quatre Éros sont dans un mouvement très analogue, les jambes jetées vers la gauche.

5. ÉrOS groupé avec une jeune femme. — Éros adolescent est à demi couché, l’avant-bras gauche appuyé sur le genou d’une jeune femme assise. Son himation noué par devant le laisse presque nu. Sur sa tête, une couronne avec un nœud ou un joyau rond au-dessus du front. Il a les joues pleines, les cheveux tombant de chaque côté sur les épaules, les seins développés — comme beaucoup d’Éros de Myrina. — Il regarde devant lui avec une tranquille indifférence. La jeune femme pose la main sur son bras d’une

1. Overbeck, Gesch. der Griech. I'iaslik , 3“° édit., t. I, lig. j4> 4o. — a. C. 1 1 . p. l865, Atlas, pi. V, i cl C. il. p. 186S, Atlas, pl. I, x'î.

façon amicale, presque maternelle. Elle est vêtue d’une tunique sans manches agrafée sur les épaules et portant la trace de deux ceintures, l’une sous les seins, l’autre a la taille. La chevelure, partagée par une raie médiane, est ramenée en bandeaux vers le sommet de la tête où elle s’étale en un chignon circulaire. — Hauteur : o m. i55.

En publiant pour la première fois ce beau groupe1, je me demandais avec beaucoup d’hésitation si nous n’avions pas sous les yeux une réunion amicale d’Éros et d’Aphrodite. La taille respective des deux personnages, — Éros est le plus grand des deux, — l’absence de tout caractère divin chez la jeune femme, sont peu favorables à cette explication. La comparaison avec d’autres groupes qu’on verra plus loin en suggère une autre qui me paraît actuellement plus plausible. Dès 1 époque grecque, 1 art associa à Éros, pour ne point le laisser seul au milieu de l’Olympe, une compagne'. Il ne semble pas que ce soit toujours pour le compte d’autrui que sur les peintures de vases il poursuive les mortelles. A quelle époque précise cette compagne prit-elle des ' ailes de papillon et. reçut-elle le nom de Psyché, il est difficile de le dire. Mais c’est dans le groupement d’Éros avec Psyché que je chercherais actuellement l’explication de notre terre cuite, sans la croire antérieure à celles où la jeune femme est plus nettement déterminée.

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