SUR LH IIAPPORT DE M. BEGIN. XV
sont elles-mêmes dans leurs causes, le résultat de malheureuses sympathies (p. 192)? » Tout cela est-il sérieux? tout cela est-il si amusant et si instructif?
Le chancrier : Je sais bien qu'on reproche à notre école sa légèreté joyeuse, mais est-il défendu, n'csl-il pas de bon goût même d'instruire en amusant? N'est-ce pas là ce qui amène la foule? Pour que vous puissiez en juger, je vais vous en ciler quelques exemples : l'histoire du dîner des amis où le mari fait la femme, celle de l'officier de cavalerie, celle de la Madeleine repentante au bubon. Celle du dîner des amis est on ne peut plus plaisante et parlant on ne peut plus instructive, car voyez-vous, ce qui est plaisant se fait lire avec inlérêl. — Vous avez raison sous un certain rapport, mais il ne faut pas ajouter au; faits des détails qui les rendent invraisemblables et compromettent la vérité. Eh bien ! dans ce dîner du jeune et petit ménage, dont je connais l'histoire, le mari qui au dessert, entre la poire et le fromage, comme dit le système, laisse son épouse en lête à tête avec son ami, et court chercher le fromage pour réparer l'oubli de sa femme et en remplir les fonctions ; cet ami ardent qui attaque et triomphe; cette femme facile qui se rend si vite, que lorsque l'époux rentre les faits sont accomplis et que le désordre est réparé; ce mari qui, un peu plus tard, allant plonger ses lèvres dans la coupe empoisonnée, s'infecte sans que sa Temme qui renferme le poison en soit atteinte; l'aini libertin qui porte un magnifique chancre sur le gland, et se laisse ensuite traîner chez le chirurgien pour prouver son innocence, ne sont-ce pas aulnnt de détails invraisemblables? Quelle instruction nssurée tirer d'une pareille histoire? [M. G erdy est interrompu). Puisque l'analyse de ces faits déplaît, je ne la poursuivrai pas, dit M. Gerdy, et je passe aux principes de la doctrine que mon interlocuteur m'exposa ain^i :
— Un des plus larges principes de notre doctrine, c'est que tout est clair, régulier et constant dans la syphilis depuis notre système. — Alors pourquoi le système ditil donc : « Il est temps enfin de sortir de ce perroquetage qui donne sans variations les mêmes caractères ù l'accident primitif (p. 140, Lett.), » Pourquoi dit-il ensuite : e Le début du chancre étant toujours semblable, l'uîcératiitn qui suit l'inoculation prend, en définitive, et offre les mêmes variétés que le premier accident qui avait f(!urni le pus. Ainsi le chancre phagédénique causera un chancre phagédénique, etc. (p. 142)?»
Le chancrier : C'est que notre système admet un second principe pour expliquer les faits qui ne rentrent pas dans le premier. Par cette élasticité merveilleuse, notre doctrine se prête aisément à toutes les difficultés. — Ah ! monsieur, je \ous en lais mon compliment ; ces deux systèmes contradictoires sont en effet merveilleux ; je conçois qu'avec deux ressorts semblables vous ne soyez jamais embarrassé, cette imagination est un trait de génie.
Le chancrier : En voici un second qui est l'axe même de la doctrine, j'en ai déjà parlé, mais je dois vous l'expliquer : « Le chancre, à la période de progrès et de statu quo spécifique, est la seule source du virus