‹ Deuxième monographieChapitre 11 sur 59 · XVI DISCUSSION · texte numérisé non relu

XVI DISCUSSION

sypliililique (poison morbide, etc. Admirez cette épilhète qui exprime si laconiquement que ce poison n'est pas sain!). Dl> h^i la blennorrhagie syphilitique prouvée par l'inoculation positive et non négative. — Mais l'inoculation féconde de la blennorrhagie syphilitique ne me semblait prouver qu'une chose, que la blennorhagie mère est réellement syphilitique, et non l'existence d'un'chancre urétral caché. En effet, comment prouver l'existence d'une chose cachée si on ne la montre pas I

Le chancrier : Aussi a-t-on montré à l'Acadiimie doux vastes chancres de l'urètre unis à un écoulement blennorrhagique. — Quoi ! on n'a trouvé que deux fois cette coexistence depuis vingt-deux ans de pratique dans un vaste hôpital ! Mais c'est cent fois, permeltez-moi de le dire, qu'il aurait fallu rencontrer c'.'tte coexistence, pour être autoiisé à penser que la blennorrhagie syphilitique lient réellement et toujours à un chancre urétral. Jusqu'ici, celte prétendue loi n'est qu'une supposition gratuite. Mais les observations elles-mêmes, quelles sont-elles? Voyons, la première est crlle de Boisseau. Il a été affecté d'une blennorrhagie syphilitique, avec ulcère urétral étendu à la prostate, à la vessie, etc., qui a donné un peu de sang, n'a point été traitée néanmoins par les anlisyphililiques, a entraîné la mort avec un marasme progressif, et les viscères n'ont pas seulement été examiné?. La deuxième est celle de Bourdon, qui a eu un vaste chancre à l'entrée de l'urètre, et dans l'urètre jusqu'à la vessie, avec ulcération de la prostate, des conduits séminifères qui s'y rendent, quelques altérations thoraciques vaguement indiquées, quelques petits écoulements sanguins. Comme dans la précédente, il n'est pas question de traitement anlisyphi'itique, et les observations sont si légèrement rapportées que les figures et la table explicative de l' Iconographie sont hUerverlies, en sorte que la pièce de l'un des malades se rapporte ù l'autre. {Maladies vénériennes, p. '2.11, 21b, e.\. Iconographie.)

Le chancrier: Ce sont là des choses sans conséquence. — Soit, mais pour des faits aussi importants j'aurais désiré plus d'exactitude. D'ailleurs, M. Baumes, un des plus illustres syphiliographes, un inoculnteur comme vous, n'a-t-il pas vu un monsieur de Villefranche affecté d'une balanite, d'une blennorrhagie de la muqueuse du gland, sans ulcératioD, sans chancie, épouser une femme bien portante, lui donner une blennorrhagie qui fut suivie desyphilides; et un malade, affecté encore de balanite sans ulcération, infecter <leux maîtresses et sa légitime épouse ?

Le chancrier : Le diable a passé par là. — Mais vous avez donc fait un pacte avec le diable, dans votre école, que vous l'appelez à votre secours aussitôt que vous êtes dans l'embarras? Eh bien, votre savant ami, M. Puche, que vous citez toujours, avec son consentement, je n'en doute pas, comme partageant vos idées, n'est-il pas accusé, depuis déjà longtemps, d'avoir publié dans la Gazette des hôpitaux, décembre 1842, une observation de balanite sans ulcération, qui s'est permis d'engendrer un chancre, malgré les lois chancrières, monstruosité qu'on ne peut attribuer qu'à la licence de ces temps-ci ? {Bibl, du méd. prai., p. 125.) Enfin, pour n'en pas citer davantage, car je crains vraiment d'abuser de la liberté de discussion que vous me permettez, M. le docteur Bartholi n'a-

SUR LE RAPPORT DE M. BÉGIN. XYl'

l-il pas rapporté plusieurs observations de balanites analogues, ou même plus instructives encore qui. sans ulcération, ont donné naissance à la fameuse pustule caractéristique d'ectiiyma, à un bubon inoculable, etc. (Thèses de Paris, 1845, p. 18.)

Ne vous paraît-il pas que, puisque la muqueuse du gland enflammée, sans chancre, est aussi évidemment la source du virus syphilitique, il n'est pas possible de le nier pour celle de Turètre qui en est la suite; il n'est pas possible de soutenir que le chancre en est l'unique source; que la muqueuse urétrale, avec laquelle celle du gland se continue immédiatement, doit présenter les mêmes caractères, et qu'on n'est pas autorisé à avancer le contraire sans preuves légitimes et évidentes?

A ce moment une voix acclame l'ouverture de la discussion sur la contagiosité des accidents secondaires, et mon cicérone m'annonce qu'il est obligé de me quitter ; je le remercie, il me salue, et se plonge dans la mêlée où je le perds de vue.

Aussitôt un pluricontagien, élevant la voix, engage la lutte en ces termes: « Pourquoi donc, messieurs les sectateurs du chancre, refusezvous aux plaques muqueuses la faculté de se transmettre par contact, lorsque tant de praticiens, qui ne sont rivés à aucun système, affirment l'avoir observé; lorsqu'on voit si souvent ces altérations, nées sur un des côtés des sillons ou des plis de la peau, se développer par une sorte d'impression du côté opposé ? Comment supposer que la réunion et l'arrangement des points qui composent la deuxième plaque, puissent être le résultat de la syphilis constituiionnelle et du hasard ? N'est-ce pas absolument comme si l'on prétendait que la médaille n'est pas le résultat de l'impression dans la matrice où elle a été frappée ; qu'une goutte d'encre jetée sur une feuille de papier qu'on plie en deux pour l'imprimer à la fois des deux côtés, donne deux images symétriques par une autre voie que l'impression mécanique et le contact?

Un chancrier : Qu'importe, aprt'S tout, qu'elles soient symétriques, lorsqu'elles ne s'inoculent pas? Est-ce que l'inoculation n'est pas la pierre de touche qui suffit à tout et répond à tout? — Tout beau ! monsieur, reprend un second pluricontagien ; elles sont si bien contagieuses, que le système avoue qu'elles le sont par un procédé yt/anncompréhensibie.

Alors apparaît M. Baumes, qu'on se montre du doigt comme l'un des plus distingués syphiliographes, et dont chaque parti attend l'opinion avec quelque inquiétude. « Le tubercule muqueux (plaque muqueuse), dit-il, ne se transmet pas par l'inoculation artificielle; cependant il se transmet par le coït comme un chancre, et peut être suivi , comme ce dernier, de symptômes constitutionnels (p. 300, t. II, Précis des malad. véné,). n El puis il rapporte à l'appui l'observation d'un ouvrier de la Guillotière, qui, portant au devant du scrotum des plaques muqueuses, les communiqua aux grandes lèvres chez sa femme.

Un inconnu, à l'accent germanique, s'écrie : Et moi aussi j'ai inoculé traumatiquement avec succès les tubercules muqueux sur un teigneux I — AI) ! e'est M. Waller (de Prague), s'écrie à son tour un chancrier, et

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