XVIII DISCUSSION
tout le parti des cliancriers répète en frémissant : « C'est ce lourd Allemand de Prague. Nous ne vous comprenons pas, lui disent-ils tous à la fois; nous nous eniorliUons dans votre allemand; remmenez votre teigneux. — Eh ! répond VValler d'un ion fort dégagé qui n'est point lourd, si vous ne me compreniez pas, vous ne seriez pas si en colère. Si vous aviez de bonnes raisons à m'opposer, vous ne me taxeriez pas d'ignorance; si mes coups avaient la légèreté des vôtres, vous n'en seriez pas si ébranlés, et ne me reprocheriez pas d'être lourd. Je savais déjà, et vous n'aviez pas besoin de m'en donner un exemple, qu'il est plus uisé de trouver des injures que des raisons. — Un chancrier, plus ardent que prudent, répond : Mais qui prouve que la femme Némec, où vous avez pris le virus des plaques muqueuses, n'avait pas de cbancre dans le vagin ? Pourquoi n'avez-vous pas couvert les scarifications inoculées de votre teigneux avec vos beaux verras de Bohème? {Lett.) — M. TVallei' : Parce que, si j'avais voulu dire tout ce que Némec n'avait pas, c'eût été un peu long ; parce que vous eussiez pu me répliquer : 4 Mais vous ne savez pas si Némec n'avait pas de chancre dans l'utérus ou même dans les trompes? » Quant au pansement que j'ai employé, il e=t plus commode, plus sûr et moins fragile que les plus beaux verres de Bohême. « Dans la t médecine, non moins que dans tous les arts, il est honteux, après beau- » coup d'embarras, beaucoup d'étalage et beaucoup de paroles, de ne « rien faire d'utile. » Voilà, messieurs, ce que dit, non pas un Allemand de Prague, mais notre maître à tous, le divin Ilippocrate {Lir. des articulations, t. IV, p. ISl. Trad. de Liltre). Allez, messieurs, sojez à l'avenir un peu plus graves I »
On voit venir alors M. Vidal, qui ne veut pas, dit-on, se laisser absorber par le système de l'hôpital du Midi. Or, cette résistance est aussi licite que la tentative de l'elTacer le serait peu. Le compatriote de Franco se met à raconter, avec son accent provençal et l'humeur ilcgnialique d'un Anglais, comment il a inoculé le fluide de pustules eclhymaieuses secondaires; comment il a réussi sur le malade; comment il a inoculé son interne en pharmacie, qui s'est, dans cette occasion, dévoué volontairement à la science et aux recherches du chirurgien ; comment cet élève dévoué lui a donné l'observation de sa maladie; comment néanmoins plus lard on a séparé de lui cet élève ; comment on a obtenu de lui des espèces de rétractations, et comment, à celte occasion, on a inexactement prétendu {Leil., p. 111 ) que le virus avait été pris sur des ulcérations croissantes et non secondaires, accompagnant une syphilis constitutionnelle. (Nouveaux murmures qui empêchent M. Gerdy de discuter ce fait, et l'obligent à l'abandonner.) Allons, messieurs, reprend-il, puisque ces franches et sincères analyses déplaisent à plusieurs d'entre vous, je me bornerai à citer encore quelques faits sans les analyser. M. Bouley n'at-il pas également inoculé, par le vésicatoire, des plaques muqueuses qui ont produit un ccthyma et ensuite des syphilides (Vidal, Maiad. véhé., p. 2/i2) ?
MM. Cazeiiavef/ô., p. 364), Puche (p. 361), Richet (p. 3.65\, n'ont-ils pas pratiqué la même opération avec succès, et en prenant toutes les pré-