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POLYPES MUQUEUX

d'ailleurs gorgé d'une humeur albuminiforme abondante. On y rencontre parfois des vésicules très-distinctes 5 j'en ai vu de grosses comme des petits pois. Il y en avait un assez grand nombre sur un malade que j'opérai à l'hôpital Saint-Louis (V. ma Thèse, 2^ obs.); elles contenaient une humeur lactescente, demi-transparente, et formaient de petits kystes.

Ces polypes ont des vaisseaux très- fins qui ressemblent à des canaux très-déliés creusés dans leur membrane ; souvent, on ne les distingue qu'au pédidule, tant ils sont petits et rares, ou du moins tant ils sont rarement injectés.

Symptômes et marche des poiypes muqueux. — Insensibles au toucher, peu sensibles à la pression, ces polypes ne cansent de gêne que lorsqu'ils sont parvenus a un certain ^-olume; mais lorsqu'ils sont plus gros encore, ils déterminent tous les phénomènes que BOUS avons détaillés plus haut , en général, de l'irritation, une inflammation suppurante, ou cfu moins accompagnée d'une sécrétion pari forme, peu d'hémorragies, des troubles dans les fonctions de l'organe, qui en sont gênées ou empêchées 5 mais ils ne déterminent pas les funestes symptômes par lesquels les autres polypes conduisent à la mort. Leur marche est d'ailleurs longue, quoique variable dans sa rapidité. Ils mettent des années à acquérir un volume considérable 5 mais les malades réclament les soins de la chirurgie avant qu'ils n'aient produit tout le mal qu'ils pourraient faire, si on les abandonnait k euxmêmes.

Les polypes vésiculaires ne dégénèrent pas ordinairement en une autre maladie. Cependant je crois qu'il leur arrive assez souvent de passer à l'état opaque.

Influences. — La sécheresse resserre les polypes vésiculaires, rhuniidité de l'atmosphère les dilate et les

gonfle, parce qu'ils absorbent avec facilité l'eau en dissolution dans l'air; en un mot, ils sont hygrométriques, et par suite de cette singulière propriété, ils se gonflent, grossissent pendant les temps humides, et gênent plus la respiration que pendant les temps secs. L'augmentation de leur volume peut alors les faire sortir du nez. « J'ai vu des personnes, dit B. Bell, que l'on n'aurait pas cru attaquées de polypes pendant les temps secs, dont les tumeurs sortaient toujours et acquéraient une longueur extraordinaire, dès qu'il y avait la moindre disposition à l'humidité dans l'atmosphère. (Bell, Cours déchir., trad. de Bosquillon, t. IV, p. 52.)

Causes des polypes mous et muqueux. — On a dit que le tempérament lymphatique, les constitutions scrofuîeuse, catharrale, et particulièrement les inflammations catharrales, la syphilis, le froid, y prédisposent; que les irritations portées sur les membranes muqueuses y prédisposent aussi. Mais la science ne possède rien d'assez positif encore sur cette matière.

Diagnostic et pronostic des polypes mous et muqueux. — Ils se reconnaissent aux caractères des polypes en général, aux caractères des polypes muqueux, que l'on peut ordinairement constater par la vue et le toucher avec le doigt, uue sonde ou un stylet. Nous ne pourrions les rappeler ici sans nous répéter d'une manière fastidieuse.

Le pronostic n'en est pas grave quand ils ne distendent point ou ne distendent que faiblement les cavités où ils logent; mais il le devient davantage dans le cas contraire, et leur gravité est proportionnée aux désordres qu'ils produisent.

Traitement. — On peut traiter ces polypes par l'exsiccation 5 ce sont presque les seuls que l'on puisse guérir par cette méthode. Mais comme elle est peu

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efficace, on n'en retire guère de succès cjue lorsqu'ils sont petits. On peut aussi les traiter par le caustique, Ja cautérisation, l'excision, par le séton, parla ligature; mais l'arrachement est la méthode qu'on emploie le plus fréquemment, parce qu'elle est la plus commode, la plus espéditive, et au moins aussi sûre qu'aucune autre. On peut d'ailleurs, après l'arrachement, assurer la guérison par le séton ou la cautérisation. C'est quelquefois indispensable pour mettre fin à leur repullulation.

Des polypes fongueux.

Ceux-ci s'observent dans le nez, dans l'utérus, souvent dans le sinus maxillaire, etc.; ils sont mous, membraneux et vasculaires, pour ainsi dire, tomenteux à leur surface, et formés du tissu fibro-plastique friable. Ils sont rouges, quelquefois livides, souvent fragiles. Ils saignentfréquemment, et parfois même ils produisent des hémorragies inquiétantes. Il y a des tumeurs analogues en apparence, qui sont des encéphaloïdes, qui coïncident assez fréquemment avec une cachexie cancéreuse, qui repuUuleut d'ailleurs facilement, et c'est alors souvent sous la forme de végétations nombreuses et étendues. C'est à ces tumeurs qu'il faut rapporter les polypes que Levret appelle vivaces, ceux dont M. Hervez a parlé dans le Journal, Général^ t. CI, p. 30. (Voir l'observation 17 de ma Thèse). Les polypes fongueux fibro-plastiques ne se distinguent du cancer qu'au microscope, si même ils s'en distinguent.

Il faut, s'il est possible, les enlever par une large excision qui n'en laisse pas le moindre germe, et cautériser la surface de la plaie, parce qu'ils repullulent souvent.

Des polypes granuleux.

Disposition anaîomique. — On les a observés dans les fosses nasales, la cavité de Futérus et ceile de la vessie. (Breschet, Dict. de méd., art. Polype.) Le professeur Andral a vu, il y a quelques années, à la Charité, un larynx dont l'ouverture supérieure était en grande partie obstruée par une végétation blanchâtre, mamelonnée, ayant la plus exacte ressemblance avec la tête d'un choufleur, et se continuant intimement, par une base large, avec la membrane muqueuse. {Précis d'anat. path., t. II, p. 472.) M. Ferrus a montré une pièce à peu près semblable, à l'Académie royale de médecine. (Andral, ibid.)

Ces polypes sont peu volumineux; ils occupent une grande surface, et paraissent sous la forme de grains blanchâtres, à pédicules très-mioces. Ils sont disséminés ou agglomérés, et, dans ce dernier cas, on les a comparés à une tête de choufieur, ou aux végétations syphilitiques que l'on désigne sous cette dénomination. Ils se détachent facilement de la membrane sur laquelle ils reposent. Leur couleur est blanchâtre, grisâtre ou rosée. Ils sont composés d'une membrane très-mince. Leur tissu est homogène, lardacé. On n'y distingue pas aisément de vaisseaux.

Phénomènes et marche. — Ces polypes s'accroissent lentement : tantôt ils restent isolés, tantôt ils s'agglomèrent peu à peu , à mesure qu'ils s'accroissent, quand ils se développent près les uns des autres. Ils causent de la gêne s'ils se développent dans une cavité étroite, mais peu de douleurs, h&nv diagnostic n'est pas toujours facile, parce que leur petit volume, la profondeur de leur situation, ne permettent pas toujours d'en apprécier les caractères , et qu'ils se confondent avec des cancers qui leur res-

POLYPKS FERMES OU SARCOMATEUX, ^83

semblent beaucoup etne peuvent s'en distinguer que par leur gravité et leurs caractères spécifiques.

Traitement. — Il faut les enlever. Quand on peut y parvenir par l'excision, il faut le faire, et cautériser ensuite le lieu qui leur a donné naissance. Quand l'ablation en est impossible ainsi, il faut les arracher. Peut-être pourrait-on les détruire par la compression, dans le cas où les autres moyens seraient impuissants. Si l'on se décidait à les cautériser, il faudrait le faire en peu d'applications.

Des polypes fermes ou sarcomateux.

Ces polypes se montrent sur la conjonctive (Lebert, p. 131-32), dans les fosses nasales, les sinus maxillaires, le pharynx, l'utérus, etc.

Ils peuvent acquérir un très-grand volume. Souvent pyriformes, leur circonscription change en se moulant aux cavités qui les renferme, et ils présentent souvent des lobes ou des divisions nombreuses. Leur pédicule , ordinairement plus étroit que leur masse, est assez souvent large et étendu.

Leur consistance est moins ferme et solide que celle des polypes fibreux. Leur couleur est rouge, livide ou brune. La membrane qui les recouvre est souvent parcourue par des veines volumineuses, quelquefois variqueuses, et par des artères plus déliées et plus rares. Leur tissu est rouge, quelquefois homogène, parfois charnu en apparence, à peu près comme celui de l'utérus dans la grossesse. Ces caractères leur ont mérité la dénomination de charnus et de sarcomateux qu'ils portent dans la plupart des auteurs. Ils sont composés à l'œil, d'un tissu fibrilleux, plus mou que celui des polypes fibreux, d'un tissu cellulaire et de vaisseaux plus abondants, toutes circonstances qui expliquent assez bien les différences

h^k CHAPITRE III. MALADIES ORGANIQUES.

qui les en distinguent. Au microscope, ils sont formés de plus ou moins de tissu fibro-plastique.

Ils présentent les phénomènes et La marche de tous les polypes, mais ils sont d.ouloureux par eux-mêmes à la pression, ils causent des hémorragies, saignent spontanément, et surtout quand on les touche ou qu'on les irrite par des traitements imprudents. (Voir l'observation 17 de ma Thèse.)

Les phénomènes sympathiques ou généraux qui les accompagnent sont plus prononcés , les tourments qu'ils causent plus insupportables; ils repullulent souvent, ce qui les rend graves.

Diagnostic et prognostic. — On les reconnaît a leur demi-fermeté, à leur couleur rouge et obscure, aux hémorragies qui les accompagnent. On en distingue les tumeurs cancéreuses, aux douleurs lancinantes qui se développent, au teint jaune de la peau, à l'ensemble des accidents, et surtout aux caractères microscopiques du cancer.

La cautérisation ne leur convient point, à moins qu'on ne puisse les détruire entièrement en peu de fois. Il ne faut les arracher que lorsqu'ils ont un pédicule étroit, et qu'on peut être sûr de l'enlever tout à fait, ou qu'on peut achever de le détruire par le cautère actuel. La ligature peut être mise en usage contre ces polypes, et l'excision causer parfois une hémorragie terrible.

Des polypes durs et fibreux.

Disposition anatomique. — On les observe dans les fosses nasales, le pharynx, les sinus maxillaires et surtout dans l'utérus. Ils peuvent acquérir un volume considérable. Quoiqu'ils soient souvent pyriformes, ils peuvent, en se moulant sur les cavités qu'ils distendent, acquérir des formes très-variées et très-

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bizarres. Us sont assez souvent divisés par des échaucrures ou par des fissures profondes, en lobes plus ou moins nombreux, deux, trois, quatre, par exemple. Leur pédicule adhère au tissu fibreux sous-jacent aux muqueuses et, dans l'utérus, au tissu même de l'organe.

Leur surface est lisse, quelquefois mamelonnée 5 on la voit aussi tomenteuse, fongueuse, parfois ulcérée. Ils sont durs et fermes, à moins qu'ils ne soient ramollis. Ils sont pesants et opaques.

La membrane qui les revêt est souvent amincie, mais quelquefois aussi plus épaisse et plus rouge cjue de coutume. Leur tissu est analogue au fibreux -, il crie sous le scalpel, résiste à la section, se crispe au contact du feu et des acides. 11 est composé de tibres fasciculées, d'un blanc grisâtre, entrecroisées, pelotonées ou enroulées en cercles concentriques. — Quelquefois même ces fibres sont perpendiculaires au point d'attache du pédicule. (Bailiie, Anat. pathoL) Des vaisseaux veineux , des artères fines, rampent dans la membrane, et des vaisseaux à peine distincts se glissent à travers les faisceaux de la substance du polype et s'y ramifient.

Phénomènes et marche. — Les polypes fibreux sont indolents, mais, par la pression qu'ils exercent, ils causent des douleurs, des écoulements puriformes plus ou moins abondants, des hémorragies. Us finissent quelquefois par devenir eux-mêmes douloureux, par enflammer les parties voisines, par s'enflammer, suppurer, s'ulcérer, devenir fongueux à leur surface, s'ils sont en contact avec l'air, donner lieu à tous les symptômes fonctionnels et sympathiques décrits plus haut en général, et enfin causer la mort. Il leur arrive de se ramollir, de se gangrener, et alors des écoulements d'une fétidité repoussante, des symptômes

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graves d'adynamie, qu'on attribue à la résorption, se manifestent, et si le polype gangrené n'est pas. promptement rejeté par la nature ou enlevé par les moyens de l'art, le malade succombe. Mais lors même que l'art vient à son secours, si le polype est volumineux surtout, il peut encore arriver que le malade n'échappe point à la mort.

Traitement, — On peut arracher et lier ces tumeurs lorsque leur pédicule est peu volumineux. Dans le cas contraire, il vaut mieux les exciser. S'il reste une portion de leur pédicule, on peut, parfois, le détruire par la cautérisation ou le séton, comme le faisait Ledran.

Polypes cartilagineux, osseux et pierreux.

On en trouve des exemples épars dans les auteurs, au rapport de Sporleder. {Diss. de polijp. nar. halœ, Magdeburg, 1750.)

Ainsi Garengeot a vu un polype dont le pédicule était cartilagineux; Job à Meekren [Obs. méd.^ c. xn, p. 79), parle d'un polype cartilagineux; Paul Barbette {In chir.^ 1. II, c. i, hist. 2) en a aussi indiqué un exemple, et, suivant Schlevogt, un polype osseux très-dur et du poids de deux livres fut tiré des narines d'une vache. Ces polypes se distinguent surtout des autres par leur consistance et leur poids. Ils donnent lieu d'ailleurs aux mêmes phénomènes par leur action mécanique, mais ils ne prennent aucune part aux souffrances qu'ils causent. Produits de dégénérations successives de polypes mous ou durs plutôt, en polypes cartilagineux et osseux, ou directement en polypes osseux ou pierreux, ils ne sont plus alors susceptibles d'aucune dégénération. C'est du moins ce qui me paraît très-probable. Leur dégénératiou n'est pas plus une raison pour les confondre avec le

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