POLYPES MIXTES OU COMPOSÉS
mode c[ui les a précédés, que la succession de l'abcès au plilegmon n'en serait une pour confondre ces deux affections, ou le fils avec le père qui l'a engendré. De pareils raisonnements sont absurdes, et leur sottise explique leur succès.
Polypes mixtes ou composés.
Je désigne ainsi ceux qui offrent des cavités et contiennent un liquide ou plusieurs substances et ceux qui, sans être creux, sont formés de tissus, de substances, de corps variés et renferment des portions cartilagineuses, osseuses, pierreuses, deskystes, des poils, etc. Ils paraissent appartenir plus spécialement à l'utérus, et on prétend que les cavités des polypes creux sont dues au développement exagéré des follicules clos de l'utérus (v. plus haut p. 371).
Vater a décrit et figuré un polype d'oii il sortit, après qu'on l'eut traversé avec une aiguille, une notable quantité de liquide laiteux (Sporleder, Diss. inaug. de polypo iiarium^ § 8). Saviard a trouvé, sur le cadavre d'une femme morte d'épuisement, une tumeur du volume d'un cœur de bœuf, adhérente au fond de la matrice par un col étroit et creux dans toute sa hauteur; la cavité était remplie de sang (Obs. 36). D'autres exemples sont cités par Levret, dans les Mémoires de l'Académie de chirurgie, (t. lïï, p. 466-67). Dans l'un, appartenant à Boudou, la tumeur représentait un sac tissu de fibres charnues. Dans deux autres, de Cavailhava et de Guiot, la cavité était remplie de matière gélatineuse et de poils, ou de graisse pareillement mélangée. On connaît encore d'autres cas de polypes également vides à leur centre, dus à Hoin et à Laumonnier. (Sladame Bai vin, t. 1, p. 337.)
Historique. — Hippocrate décrit cinq espèces de
polypes du nez et il y oppose l'arrachement, la cautérisation, l'excision. (Trad. de Gardeil, t. III, 1. ii, p. 2ï4.) Il paraît connaître aussi les polypes de l'utérus. {Des femmes stériles, t. IV, p. 317.) Pour Gelse, il y en a deux espèces. Tune dure , presque toujours carcinomateuse, qu'il ne faut pas toucher; l'autre, molle, qu'on guérit par l'excision ou la dessiccation (L. vi-vii). Paul d'Égine imite Celse et mentionne un fil noueux pour détruire les polypes du nez. (Trad. de Daleschamps, page 117-18.) S^iicet parle déjà de la ligature comme d'une opération qui n'est pas nou- Telle {Traité I, c. 17) ; Vigo fait de même {Chir., l. II, Traité 3, p. 80, trad. franc), et il indique aussi l'arrachement; mais ce procédé devait revivre, surtout après les règles tracées par Gillemeau, le disciple d'A. Paré.
Ce grand chirurgien, la gloire de notre pays, admet une espèce pituiteuse; la deuxième est une chaire dure 5 la troisième est molle ; la quatrième est dure et fait du bruit quand on la touche ; pour la cinquième, ce sont de petits chancres. Il a vu un polype de l'utérus qui ressemblait à de la tétine de vache (1. VIII, c. ii; liv. de la Génér., ch. xli). Levret, par ses observations sur la cure de plusieurs polypes, par la ligature qu'il perfectionna, donna une vive impulsion à l'art sur ce sujet. Lesanatomo-pathologistes modernes ont mieux fait connaître leur structure. Les microscopistes nous éclaireront probablement encore. M. Malgaigne a composé une thèse savante sur les polypes de l'utérus. Celle de M. Gosselin sur ceux du pharynx n'est pas moins intéressante. {Thèse du Professorat de la Faculté de Médecine de Paris.)