DE LA BRÛLURE
La brûlure est un ensemble de lésions ou d'affections diverses qui sont produites par la chaleur ou le calorique, et par des caustiques.
Causes. — Comme le calorique produit des effets différents, suivant son intensité, la durée de son application ou ses diverses manières d'agir, nous devons indiquer ses manières d'être comme des causes diverses, quoique dérivant d'un même principe. Le calorique rayonnant ne brûle guère que par un coup de soleil, et il produit des érythèmes qui ne sont pas l'érysipèle. Les corps solides et chauds agissent avec d'autant plus d'intensité , leur température étant la même, qu'ils sont plus denses et meilleurs conducteurs du calorique. C'est pour cela que les métaux nous brûlent plus facilement et plus fort que le bois, et le bois dur plus facilement que le bois tendre et léger. Les liquides denses et lourds, comme les solutions salines, les eaux mères brûlent plus fort et plus vite que les liquides légers, comme l'alcool et surtout les éthers qui ne brûlent même pas; les liquides bouillants qui entrent aisément en ébuUition brûlent moins que ceux qui bouillent difficilement, l'eau moins que l'huile par exemple. Les vapeurs brûlent aussi en proportion de leur température et de leur densité : le jet de vapeur qui brûle en s'échappant de son tube n'agit plus de même à quelque distance parsuite de sa raréfaction. Les gaz enflammés qui constituent la flamme brûlent plus difficilement que les solides incandescents; les gaz échauffés plus difficilement et plus lentement encore. On demeure dix,
662 CHAPITRE V. — xMALADIES CHIRURGICALES.
quinze minutes dans de l'air chaud à 105° R. {Exper, de Tillet, Duhamel, etc.) Les liquides d'une nature caustique, comme certains acides, des alcalis, des sels caustiques en dissolution qui brûlent par leur température et leur causticité, brûlent beaucoup plus fort que des liquides qui n'agissent que par leur température. Les vésicants, comme l'ammoniaque, la graine de moutarde, le garou, les cantharides, etc., les irritants mécaniques, pressions, frottements, etc., produisent des effets semblables à quelques-uns de ceux du calorique; ma description doit les mentionner. Les causes les plus communes de la brûlure sont les chutes des enfants, de quelques vieillards, de quelques épileptiques dans le feu des foyers; des maladresses de cuisinières qui renversent sur elles des Tases remplis d'eau bouillante, de bouillon; et alors les brûlures sont d'autant plus fortes que le fluide, au lieu de glisser sur la peau, a imprégné profondément des vêtements épais et est resté plus longtemps sur le tégument. Les portiers, les femmes qui s'endorment en veillant avec un pot à feu entre les jambes, qui enflamme leurs vêtements; des marchandes en plein air qui se chauffent souvent de la même manière dans nos rues et sur nos places; une foule d'ouvriers qui tombent dans des lessives alcalines ou salines et chaudes, etc., etc.; les artificiers, les artilleurs exposés à la combustion et à l'explosion de la poudre k canon , nous offrent des exemples des brûlures qu'on a si fréquemment à traiter dans les hôpitaux.
Effets de La brûlure. — Phlogose, vésication et escarre, ou gangrène à des degrés divers, en surface et en frofonrfeur, parmi lesquels il fautsignalerseulementles degrés qui comprennent tous les intermédiaires par leur ensemble. Cependant chaque auteur en a admis un plus