PLAIES DE LA RAGE
Caractères anatomiqiies. — Rougeurs dans l'arrièregorge, la trachée et les bronches j matière écumeuse dans ces dernières; engouement sanguin des poumons; quelques injections vasculaires des centres nerveux ou de leurs membranes; fluidité du sang: telles sont les seules lésions trouvées après la mort, et qui sont insuffisantes pour l'expliquer.
Diagnostic. — L'hydrophobie se montre dans quelques névroses, îelles que l'hystérie ; mais les symptômes sont trop différents pour qu'il y ait confusion, et d'ailleurs, le fait d'une morsure antérieure suffit à lever tous les doutes. La frayeur seule, chez une personne mordue, peut déterminer Thydrophobie; mais a!ors les autres symptômes manquent, et surtout les désordres de la respiration, li est important que le chien , auteur de la blessure, soit pris et séquestre, afin que l'on sache à quoi s'en tenir sur les dangers que court la personne mordue.
Pronostic. — La rage est constamment mortelle.
Traitement. — Celui des plaies envenimées. Au moment de l'accident, lier d'abord la partie mordue entre le cœur et la plaie, s'il est possible; laver à grande eau la blessure, la faire saigner le plus possible; puis cautériser après incision. Des débridements sont parfois nécessaires pour mettre largement à découvert les parties mâchées, dilacérées, et permettre au cautère d'agir sur tous les points contaminés. Ici eriCore,lefer rouge est généralement préféré. Si la partie a été très - maltraitée , le doigt, par exemple, il faut l'emporter. La cautérisation est utile plusieurs jours après la blessure, même avant fout accès, tout symptôme général. Quand la rage est déclarée, on a essayé une foule de moyens : bains de surprise, saignées abondantes, narcotiques à haute dose, venin de la vipère, mercuriaux, injections
788 CHAPITRC V. — MALADIES CHIRURGICALES.
aqueuses dans les veines, remèdes empiriques de toute sorte et toujours sans succès. Ici, toute tentative est justifiable , Hippocrate l'a dit : Ad extremos morbos, extrema remédia.
Des divers modes des plaies relativement à leurs causes. Plaies par instruments tranchants ou coupures.
Coup d'instrument porté avec le tranchant et non avec la pointe d'une lame, de manière à ne faire qu'une incision plus ou moins profoiide, avec ou sans lambeau, avec ou sans perte de substance. De là trois espèces de plaies par instruments tranchants : une incision, une plaie à lambeau et une plaie avec perte de substance. Quel que soit l'instrument, il agit toujours par pression et par traction. Par pression seulement sur des tissus mous, l'instrument aurait peine à couper la peau si le coup n'était lancé avec force; mais s'il agit en même temps par traction, pour peu qu'il soit tranchant, il divise les tissus. Pourquoi? On peut supposer avec vraisemblance que cela tient à ce que les dents microscopiques des tranchants les plus fins attaquent à la fois toutes les fibres superposées des tissus, dans le premier cas, tandis qu'engagées par leurs pointes dans les fibres de la surface des tissus, elles les attaquent séparément dans le second par la traction. Les coupures rentrent souvent dans les plaies qui peuvent se réunir immédiatement avec les soins convenables. Leurs symptômes ordinaires sont la douleur, l'écartemeot des bords et l'hémorragie capillaire. Cependant, elles sont susceptibles de toutes sortes de complications, mais bien moins que les plaies d'armes à feu , par exemple.
Quand elles offrent un lambeau, il peut se resser-