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PLAIES PAR DU PLOMB DE CBASSE

La distance du coup de feu, la grosseur et !e nombre des grains de plomb en modifient surtout les effets.

Caractères anatomiqaes. 1° Quand le coup est tiré de très-près, le plomb est très-rapproché, fait balle et une plaie considérable, large, profonde, irrégulière, avec criblnres plus ou moins écartées, et de plus en plus disséminées à la circonférence par les plombs isolés et excentriques. Ces derniers sont ronds, restent dans l'épaisseur de la peau ou un peu au-dessous. Ceux du centre sont agglomérés et taillés à facettes multiples. (V. plus bas. Plaies causées par les balles, l'explicalion de ces facettes.) Dans un membre, on coup de plomb pourrait briser Tos, déchirer l'artère principale, un nerf très-important, et obliger à l'amputation.

2° Quand le coup est tiré de plus loin, la peau est criblée comme une écumoire, et alors si le plomb est un peu gros, la peau est traversée; s'il est fin, il reste en grande partie dans la peau.

Symptômes et marche. L'écoulement du sang est parfois très-abondant et la plaie vermeille, quoiqu'il n'y ait pas de gros vaisseaux ouverts. Chez l'homme, dans les cas que je viens de dire, survient bientôt une inflammation Iraumatique d'autant plus vive que les plaies sont plus nombreuses, plus rapprochées, et le blessé peut succomber avant la suppuration. C'est ce que j'ai vu chez un maçon voleur, à qui on tira d'un premier étage un coup de fusil sur la tête. Il mourut sans reprendre sa connaissance, avec des symptômes de congestion cérébrale, malgré les saignées et les purgatifs. J'ai eu à soigner à Saint-Louis un homme qui s'était couché dans une vigne pendant le jour; le propriétaire, dans son ardeur pour sa propriété,

80Zt CHAPITRE V. — MALADIES CHIRURGICALES.

lui tira un coup de fusil à cendrée dans le dos. La peau s'enflamma, tomba en lambeaux gangreneux, et le blessé mourut.

Lorsque les plombs sont moins rapprochés, on peut, a l'aide des anti-ph!ogistiques, des bains, des irrigations tièdes, parvenir à éviter une terminaison funeste. C'est ce qui m'est arrivé chez M. Ch.... qui avait reçu dans la cuisse un coup de fusil à la chasse. Mais il a fallu entretenir l'irrigation tiède pendant un mois , l'irrigation froide causant des frissons pénibles.

Quand les plombs sont rares, ils peuvent s'enfermer dans un kyste que l'inflammation curative sécrète à l'entour. Ils peuvent aussi être rejetés par suppuration, et la guérison suivre comme chez M. Ch..., oîi j'en ai d'ailleurs retiré moi-même un certain nombre.

Le diagnostic vague est facile, mais un diagnostic précis et complet peut être difficile. Le pronostic varie suivant la région blessée, le nombre, le rapprochement, la profondeur des blessures, etc.

Le traitement est aussi subordonné à ces circonstances. Lorsque la gravité de la blessure est portée très-haut, il exige de grands soins et de grandes précautions. En général, l'irrigation tiède convient dès le principe si la blessure a lieu aux membres. Sur le tronc, l'irrigation est plus difficile à manier 5 elle cause des frissons inquiétants pour la poitrine, et, une fois commencée, il est difficile de l'abandonner avant la guérison, sans exposer le malade à une inflammation locale grave. Peut-être cependant qu'en élevant en même temps suffisamment la température de l'appartement et en donnant des boissons chaudes on réussirait. Il est bien entendu qu'on ne négligera pas les antiphlogistiques si cela

est nécessaire, et des pansements appropriés. Les plombs très-snperfîciels doivent être enlevés. Une lancette et une pince suffisent pour cela.

Nous avons vu que ces plaies peuvent nécessiter une amputation.

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