‹ Deuxième note sur un cas de mycosis fongoïde avec localisation palatine et induration scléreuse de la langueChapitre 3 sur 7 · J 46 SOCIÉTÉ DE DERMATOLOGIE ET DE SYPHILIGRAPHIE · texte numérisé non relu

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mais aussi sous forme d’infiltrats en nappe qui naissent dans l’hypoderme et se substituent plus tard au derme. Ces néoplasies adénoïdes s’observent aussi sur les muqueuses des premières voies, le voile du palais, la base de la langue et même le larynx. Elles envahissent enfin les groupes ganglionnaires des aines, des aisselles et du cou.

Quant aux lésions microscopiques relevées dans les viscères — nodules miliaires des espaces portes et infiltration interstitielle des reins, — nous sommes portés à croire qu’elles reconnaissent pour cause une infection secondaire et plus spécialement une infection staphylococcique. La virulence des cultures de staphylocoque doré obtenues avec le suc des tumeurs mycosiques et l’existence dans les ramifications de la veine porte et dans les vaisseaux des reins de diplocoques se colorant par la méthode de Gram viennent à l’appui de cette interprétation.

Sur une poussée aiguë de lèpre à manifestations multiples et plus particulièrement sur Torchite aiguë lépreuse,

Par MM. H. Hallopeau et E. Jeanselme.

Nous avons vu se dérouler sous nos yeux en quelques jours, dans le cours d’une lèpre à évolution chronique, toute une série de manifestations aiguës remarquables par la diversité et la multiplicité de leurs localisations tant cutanées que viscérales. Certaines de ces déterminations paraissent n’avoir pas été signalées jusqu’ici : telle est V orchite aiguë lépreuse.

Il s’agit d’un jeune métis, Palm. Roz..., né à Haïti, fils d’un Français et d’une noire, tous deux exempts de lèpre ; il est âgé actuellement de 18 ans.

La maladie a débuté, en 1888, par une fièvre intense à la suite de laquelle s’est produite une éruption d’une quinzaine de taches sur la face externe de chaque jambe. Ces taches, peu saillantes, d’un rouge assez vif, variaient du volume d’une tête d’épingle à celui d’un gros pois ; elles s’élargissaient graduellement, atteignaient parfois les dimensions d’une pièce de cinquante centimes; généralement indolentes, parfois un peu prurigineuses, elles disparaissaient au bout d’un ou deux mois pour se reproduire ensuite de nouveau dans les mêmes régions ; de temps à autre se produisaient de nouvelles poussées fébriles. Cette éruption persista un an environ. Ces lésions sont devenues, à plusieurs reprises, le siège d’ulcérations qui ont laissé des cicatrices blanches cerclées d’un liséré brun plus foncé que la peau du malade.

Une dizaine de mois après la disparition de l’éruption des jambes, des taches blanches apparurent sur le dos ; elles se sont en partie effacées après avoir duré environ une année.

Peu après, une éruption de nodules saillants se montra sur le dos de la main et des doigts du côté droit. Ces élénients s’ulcérèrent; on voit encore de nombreux espaces dépigmentés qui correspondent à ces altérations.

Trois mois après le début de cette éruption, le malade s’aperçut que la main droite ne lui rendait plus les mêmes services qu’auparavant.

L’index et le médius ne pouvaient déjà plus s’étendre complètement. Six mois plus tard, les autres doigts se fléchissaient également.

C’est alors que le malade s’embarqua pour la France et entra à l’hôpital St-Louis où il fut admis au pavillon Gabrielle, dirigée alors par M. Vidal, vers le milieu de l’année 1890 ; il y a eu une poussée testiculaire ; les notes que nous avons prises sur lui à cette époque peuvent être résumées ainsi :

Nous l’avons observé pour la première fois en janvier 1891.

Ce jeune homme est de constitution moyenne. La chevelure est abondante; les sourcils sont conservés. Les yeux, les lèvres, la langue, la gorge, ne présentent aucune lésion.

Sur les parties latérales du cou, on remarque de nombreuses macules achromiques, ressemblant à celles de la syphilide pigmentaire.

Il existe sur le dos quelques espaces décolorés, sous forme de mouchetures. Ce sont probablement les vestiges des taches achromiques mentionnées plus haut ; à leur niveau la sensibilité est intacte.

Sur lers membres inférieurs sont disséminées de nombreuses cicatrices ; peu abondantes aux cuisses, elles prédominent au niveau des genoux, de la partie antéro-interne des jambes et des régions dorsales des pieds. Les unes sont déprimées, les autres légèrement saillantes; un liséré brun les entoure. Souvent la peau est plissée à leur niveau ; au niveau de la région prétibiale, l’épiderme est fendillé et desquame légèrement.

Sur la face antéro-interne du tibia droit, à sa partie supérieure, existe une cicatrice blanchâtre, large comme la paume de la main. C’est le vestige d’une brûlure que le malade s’est faite à l’âge de 14 ans, un an après le début de la lèpre. Cette brûlure n’a pas été sentie; elle n’a guéri qu’après deux mois de traitement.

Sur les membres inférieurs, sauf dans quelques points circonscrits, l’anesthésie est presque absolue depuis les orteils jusqu’au voisinage du genou. La sensibilité est éteinte dans tous ses modes (piqûre, pincement, froid, chaleur). Depuis le genou jusqu’à la racine du membre, la sensibilité est émoussée. Le chatouillement plantaire n’est pas perçu à gauche, il l’est à droite ; des deux côtés, il ne provoque aucun mouvement réflexe. Les réflexes rotuliens sont abolis. Les masses musculaires des membres inférieurs n’ont pas subi d’atrophie appréciable. Les orteils ne sont ni rétractés, ni déviés.

Les nerfs sciatiques ne sont ni volumineux, ni douloureux.

Au membre supérieur gauche, on constate une luxation du coude non réduite qui se serait produite vers Fâge de 9 ans dans le cours d’une variole (?). L’avant-bras a subi un arrêt de développement. La main gauche est presque normale ; il faut signaler toutefois une légère rétraction en griffe de l’auriculaire qui paraît relever de la lèpre.

Au membre supérieur droit, on ne remarque aucune amyotrophie de la racine du membre, du bras et de l’avant-bras. Il existe une atrophie très prononcée des éminences thénar et hypothénar et une gouttière profonde au niveau du premier interosseux dorsal. Les 4 derniers doigts ont leur première phalange en extension forcée et les 2 dernières en flexion; il en

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