‹ Deuxième note sur un cas de mycosis fongoïde avec localisation palatine et induration scléreuse de la langueChapitre 4 sur 7 · SOCIÉTÉ DE DERMATOLOGIE ET DE SYPPIILIGRAPHIE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DE DERMATOLOGIE ET DE SYPPIILIGRAPHIE

résulte une attitude qui rappelle la griffe rétractile des félins ; ces déviations des phalanges sont beaucoup plus exagérées sur les deux derniers doigts. Le pouce a conservé sa rectitude, mais il est sur le même plan transversal que les autres doigts. Par suite de cette position en retrait et de la disparition des éminences tliénar et hypothénar, le creux palmaire n’existe plus, La paume de la main est une vérital)le palette rigoureusement plane où l’on n’observe que les saillies des têtes des métac.arpiens et le relief des tendons extenseurs. L’attitude des doigts tient à ce que les lombricaux et les interosseux sont atrophiés, et ce qui le prouve, c’est que le malade est incapable d’opérer les mouvements d’adduction et d’abduction de ces organes. Les mouvements de flexion et d’extension des doigts sont au contraire faciles.

Toute la main droite est insensible à tous les modes d’excitation (toucher, piqûre, pincement, froid, chaleur). Une ligne régulière correspondant à l’interligne radio-carpien sépare la région insensible de l’avant-bras où la sensibilité n’est qu’obtuse. Celle-ci ne redevient tout à fait normale qu’au voisinage du tronc. Sur tout le membre supérieur gauche, la sensibilité n’est qu’émoussée. Au niveau des faces dorsales des articulations des premières et des secondes phalanges de la main gauche, existent des nodosités assez mobiles; l’épiderme est épaissi à leur niveau; elles sont entourées de cicatrices ovalaires qui se sont produites récemment à la suite d’ulcérations.

Des lésions semblables existent au niveau des premières articulations phalangiennes de la main gauche; elles y sont encore en activité;. ce sont des ulcérations arrondies, peu profondes, légèrement taillées à pic; elles guérissent lentement sous Linffuence d’un pfuisement iodoformé.

Le nerf cubital droit est augmenté de volume dans toute la partie accessible à la palpation; on n’y perçoit pas de renflements moniliformes. Le ganglion épitrochléen appliqué contre le nerf pourrait induire en erreur et faire cri)ire à une nodosité nerveuse. Le nerf cubital gauche ne peut être exploré d’une manière satisfaisante à cause de la luxation du coude.

Les poils sont conservés sur les avant-bras et sur les jambes. Les sueurs ont toujours été très peu abondantes, même avant le début de la maladie.

La sensibilité au niveau du tronc paraît intacte.

On trouve dans les aines des ganglions volumineux, indolents et mobiles groupés en pléiades comme dans la syphilis. Quelques ganglions occupent les aisselles. Les glandes cervicales n’ont pas subi de gonflement appréciable.

Le 30 mars 1891, plusieurs des ulcérations existent encore.

Le 31. Une seule ulcération persiste; elle occupe la première articulation phalangienne du médius gauche; elle se cicatrise bientôt.

L’état du malade reste satisfaisant dans le courant de cette année, sauf une poussée testiculaire sur laquelle nous reviendrons.

Au commencement de mars 1892, le talon antérieur du pied gauche devient le siège d’un mal perforant; deux petites ulcérations indolentes, taillées à l’emporte-pièce, occupent le dos du quatrième orteil; une ulcération semblable siège sur le cinquième orteil.

Le 20. Il se produit une nouvelle poussée aiguë testiculaire.

Le mal perforant persiste pendant toute l’année; il s’aggrave en février 1893, au point de nécessiter le séjour au lit; c’est alors que débute

la quatrième de ces poussées testiculaires qui nous paraissent tout particulièrement dignes d’intérêt.

Description des poussées aiguës. — Nous avons vu qüe la première a eu lieu en 1890 : elle s’est localisée dans le testicule gauche ; les douleurs étaient assez violentes et s’accompagnaient de fièvre, d’inappétence et d’insomnie. M. Vidal, qui soignait alors le malade, fît recouvrir les bourses d’onguent napolitain et prescrivit simultanément des frictions avec cette même pommade. Ces manifestations aiguës s’apaisèrent au bout de huit jours. Le testicule lésé aurait repris, au dire du malade, son volume habituel.

Dans la deuxième poussée, survenue en 1891, le gonflement siégea de même exclusivement sur le testicule gauche ; cette glande avait acquis le volume d’un œuf de poule. Le malade avait de la fièvre et de l’inappétence; il fut obligé de garder le lit. Les bourses furent recouvertes d’emplâtre de Vigo. La durée de la poussée .fut de 15 à 20 jours. Le testicule aurait repris son volume normal. Dans ces deux poussées d’orchite, le canal de l’urèthre fut examiné avec insistance, et l’on ne constata pas d’écoulement.

Dans la troisième poussée datant du 20 mars 1892, le malade ressent des frissons, il a de la fièvre et de l’inappétence. La nuit suivante, le testicule gauche augmente de volume et devient le siège de douleurs spontanées. Le lendemain, cette glande a le volume d’un œuf de poule ; sa surface est remarquablement lisse et régulière ; sa consistance est ferme ; il n’y a pas de liquide dans la vaginale. Le 25 mars, la douleur et la fièvre disparaissent ; le gonflement persiste ; il porte à la fois sur l’épididyme et le testicule proprement dit. On sent un noyau de consistance dure dans la tête de l’épididyme droit jusqu’ici indemne. Le 29 mars, le testicule gauche est notablement dégonflé, l’induration persiste encore au niveau de l’épididyme. Pendant toute la durée de la poussée, le canal de l’urèthre a été examiné à maintes reprises ; il n’y a jamais eu trace de suintement. Le malade n’a pas de dysurie et les mictions n’ont pas augmenté de fréquence.

La quatrième poussée a débuté le 22 février 1893. Elle présente ceci de remarquable, qu’à l’inverse de ce qui s’est passé dans les trois poussées précédentes, l’orchite a été précédée et accompagnée d’autres manifestations de l’infection lépreuse. Le 22 février, le malade ressent une certaine gêne du côté de la bourse gauche; néanmoins il continue à marcher comme de coutume. Mais, le 25 février, la gêne augmentant et surtout la bourse gauche ayant acquis un volume considérable, le malade s’alite. Il n’y a pas de douleurs proprement dites. Le 16, le volume de la bourse gauche s’est encore accru et la bourse droite se gonfle et rougit tout en' restant indolente. Cette poussée d’orchite s’accompagne d’un mouvement fébrile accentué et d’inappétence.

La poussée est à sa période d’acmé le 2 mars. A cette époque, les bourses, d’un rouge sombre, sont sillonnées par de nombreuses veines turgescentes. Elles ont le volume du poing. Sur la peau du scrotum, dans sa partie médiane, on remarque une nappe d’infiltration lépromateiise d’un rouge violacé, à bords très bien délimités, faisant un relief de près d’un centimètre au-dessus de la peau voisine non œdématiée. La consistance de cette plaque est celle des tubercules lépreux ; elle est résistante et ne garde pas ^empreinte du doigt. Ce léprome est absolument insensible à la piqûre. Il en est de même d’une petite ulcération elliptique située en

ÜERJIATOLOaiE. — 4« ANNÉE.

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