‹ Devant la statue de MercierChapitre 23 sur 29 · JUNIUS · texte numérisé non relu

JUNIUS

AUTOUR DU MONUMENT MERCIER ''La Libre Parole", Québec

Jusqu'ici, bien que violent et combatif, le *' Nationaliste" n'était pas encore descendu dans la boue fétide et puante pour s'y enlizer à jamais.

En lisant les articles de Pierre Labrosse et de Pierre Garneau, publiés dimanche, le trente juin, il n'y a plus à s'y tromper: c'est la direction du journal qui prend sur ellemême la responsabilité de déshonorer le journalisme canadien tout entier .

Rien de plus bas, de plus vil, de plus méchant, de plus fielleux, ne peut s'écrire contre les vivants et les morts. Et après cela, on prétend encore avoir droit au respect de ses concitoyens ! C 'est à ne pas y croire !

Le Christ a dit: ''il y aura toujours des pauvres parmi vous." Il aurait pu ajouter: ''il y aura toujours des bandits, des détrousseurs, des voleurs de réputations et des journalistes sans aveu."

Pourtant les tribunaux se sont montrés sévères vis-àvis de ces salisseurs publics. Quelques-uns même, ont été condamnés à $3,000 de dommages. Ça ne les corrige pas. Ce qu'il faudrait à ces forbans de la presse, ce serait une bonne volée de coups de fouet administrés par une main experte, en pleine place publique, puisque le duel n'est pas permis. D'ailleurs, leur envoyer des témoins leur ferait trop d'honneur.

A quoi veut en venir ce journal indigne du respect des honnêtes gens en vitupérant contre Mercier qui, malgré certaines erreurs, comme en ont eues dans leur carrières, les hommes d'Etat de tous les pays, est disparu de la scène, regretté de tout son peuple, excepté d'un groupe de malotrus qui pratiquent dans la dévotion, la haîne baveuse, la vengeance, l'envie, tous les vices en honneur chez cette race d'hypocrites? Que leur ont fait, personnellement, Sir Lomer, Sir François, l'hon. Juge Chs Langelier, l'hon. Adélard Turgeon, à ces gens qui se complaisent à les couvrir de boue?

Est-ce que vous voyez les journaux libéraux déblatérer vis-à-vis d'autres gentilshommes? Voudriezvous répéter devant un auditoire respectable ce que vous osez imprimer dans votre journal? Vous vous feriez huer par vos propres amis.

Vous n'apportez aucun argument nouveau, ni profitable à votre cause; vous ressassez d'anciennes saletés, qui ont écoeuré les plus dévoués de vos partisans.

Est-ce que vous voyez les journaux libéraux déblater contre Cartier, Sir John, Chapleau et autres de vos chefs? Pourtant, je les ai tous connus, et ce n'était pas des Saints.

Cartier et Sir John ont leurs statues que tout le monde peut admirer, en face du Parlement d'Ottawa, et je ne sache pas que personne y ait trouvé à redire. Lorsqu'on proposera d'en élever une à Chapleau et à Chauveau, je gage que vous serez muet.

Je vous le dis et répète: vous êtes une honte pour le journalisme et je suis sûr que la plus grande punition à vous infliger, serait de décliner vos noms et prénoms, cachés sous vos pseudonymes. Nous vous connaissons parfaitement et prenez avis que nous ne vous laisserons pas impunément piétiner sur la mémoire de nos amis défunts, ni déchirer les habits de nos amis vivants.

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