‹ Devant le grand jury des nations [microform]Chapitre 32 sur 41 · CHAPITRE IT—-PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT—-PRÉLIMINAIRES

De l'assassinat de l’archi-duc héritier (28 juin 1914) à la signification de ia note autrichienne à la Serbie (23 juillet). Pièces 7 à 21.

Le 2 juillet, — jours après le crime, M. Dumaine, ambassadeur à Vienne, prévoit que la Serbie, Par un refus. “‘s'exposerait à une exécution militaire.’ Le 3, M. Von Jagow disait à M. de Manneville, chargé d’affaires de France, qu’il espérait que la Serbie donnerait satisfaction aux demandes que l'Autriche pouvait avoir à lui adresser. Le gouvernement allemand était donc, dès le début, au courant du coup qui se préparait à Vienne !

Le 6 juillet, M. Paléologue télégrap, ‘e de St-Pétersbourg que M. Susonoff ayant signalé amicalement au chargé d’affaires autrichien le langage irritant de la pu viennoise, le Comte Czernin lui donne à entendre que le gouv::nement austro-

ngrois serait peut-être obligé de rechercher sur le territoire serbe les instigateurs de l'attentat ; sur quoi M. Sazonoff l’interrompit pour dire : ‘Aucun Pays plus que la Russie n’a eu à souffrir des attentats préparés en territoire étranger. Avons-nous jamais prétendu smployer contre un pays quelconque les Procédés dont vos journaux

menacent la Serbie ? Ne vous engagez pas dans cette voie !

DEVANT LE GRAND JURY DES NATIONS al

La correspondance constate ensuite jusqu'au 23 juillet une accalmie apparente dans les cercles officiels à Vienne, sinon dans la presse. La Neue rie Presse réclame ‘‘au nom de l'humanité” l'extermination de la ‘‘maudite race Serbe”. On croit la France désorganisée, incapable de se défendre; on proclame que la Russie ne bougera

s plus que lors de l'annexion de 1a Bosnie. Le Militaerische KRundschau trouke ‘instant favorable: ‘‘Si nous ne uous décidons pas à la guerre, dit-il celle que nous devrons faire dans deux ou trois ans au plus tard s'engagera dans des circonstances beaucoup moins propices. La Russie n’est pas prête,’ etc.

Le 19 juillet, M. Dumaine signalait l’insistance avec laquelle les journaux viennois annonçaient la prochaine note à la Serbie. Un rapport consulaire du 20 juillet prédisait presque mot pour mot les termes impérieux de l’r'timatum du 28.

Dans le même temps, les diplomates étrangers étaient entretenus dans l'illusion

ue la démarche qui sera faite auprès de la Serbie n'aurait rien qui pût blesser l'amour-propre d’un Etat indépendant. L'ambassadeur de Russie, M. Schébéko, était si loin de s'attendre à ce qui se préparait qu’il était parti de Vienne le 20 juillet pour un congé de 15 jours, complètement rassuré à la suite d’entrevues avec le Comte Berchtold.

On jouait double jeu, car à Vienne et pareiliement à Berlin, d’après un rapport consulaire transmis de Vienne et daté du 20 juillet, un certain clan acceptait l’idée d’un conflit ‘‘ à dimensions généralisées, en d’autres termes, la conflagration.”’ Le 21 juillet, M. de Tagow affectait de ne rien connaître du contenu de la note que l’Autriche allait sig.utier deux jours après. Au même moment cependant, on signalait une extrème faiblesse de la Bourse de Berlin. M. Dumaine télégraphiait le 22 de Vienne que M. de Tchirschky, l’embassadeur allemand, se montrait ‘partisan des résolutions violentes ’’. M. nie punis le 21, des avis préliminaires de mobilisation adressées à certaines classes de l’armée. A Londres, l'ambassadeur allemand (Lichnowsky) confiait à sir Edward Grey que son gouvernement n’avait pas réussi à modérer le cabinet de Vienne dans sa démarche auprès de la Serbie, tandis qu’à Vienne on continuait de dire à M. Dumaine que le ton de la note permettait de compter sur un dénouement pe Le 23 juillet, le à même où la note était présentée à Belgrade, le ministre

rançais à Munich, M. Allizé, télégraphiait que le premier ministre de Bavière lui avait dit que la note, ‘dont il avait connaissance, était, de son avis, rédigée dans des termes acceptables pour la Serbie.’

Page 1