‹ Devant le rideau, conférencesChapitre 20 sur 42 · LA MARIAMNE DE TRISTAN L HERMITE · texte numérisé non relu

LA MARIAMNE DE TRISTAN L HERMITE

riva-t-il ? Emportés par l'habitude, les acteurs sortirent bravement de leur prison pour « se jeter sur le devant du théâtre », et ces prisonniers en liberté choquaient si fort la vraisemblance que La Mesnardière, en 1640, protesta énergiquement dans sa Poétique. Pour toutes ces difficultés matérielles, la scène de la prison est toujours très courte dans les pièces de l'époque.

La prison de la Mariamne m'a, je ne vous le cache point, cruellement embarrassé. La mettre au premier plan ? C'était détruire la symétrie que forment les deux chambres du premier plan et les deux bâtiments du second, symétrie à laquelle on tenait tant alors que, si la pièce n'avait besoin que de trois compartiments, on n'en mettait pas moins au secondplan deux palais inutiles, mais décoratifs. Et si nous plantions où elle est notre prison, faudrait-il donc que Mariamne vînt soupirer ses admirables stances à la fenêtre, sans être vue de la moitié du public ? Il fallait un truc ; le décor du Trompeur puni nous l'a donné.

Il représentait au fond un beau palais élevé de trois ou quatre marches ; à gauche le palais du roi de Danemark et l'auberge de VOrmeau; à droite la chambre que vous avez ici au premier plan, et au second plan, à la place de notre prison, un superbe jardin, avec des fleurs, des fruits, du lierre, des raisins, des cailloux, une fontaine et un ruisseau. Pour qu'on pût voir toutes ces jolies choses, pour que les acteurs fussent aperçus dans ce jardin fermé de tous côtés par une balustrade, il fallait nécessairement que le fond de la chambre du premier plan s'ouvrît ; et nous savons, d'autre part, qu'un jeu de toiles peintes, s'élevant ou s'abaissant, permettait d'augmenter ou de diminuer

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