‹ Devant le rideau, conférencesChapitre 6 sur 42 · DEVAIT LE RIDEAU · texte numérisé non relu

DEVAIT LE RIDEAU

a Elle n'a plus un cheveu, et ton grand-père pourra te dire son âge, s'il est encore vivant ». De son côté, Myrtion apprend que Pamphile va se marier, et elle s'empresse de lui tracer de sa fiancée, qu'il n'a pas encore vue, un portrait qui n'a rien de particulièrement engageant : « La fille que tu épouses n'est cependant pas si belle ; je la vis dernièrement aux Thesmophories, {avec un soupir) et je ne savais pas que bientôt elle serait cause que je ne verrais plus Pamphile. Mais, de grâce, considère-la auparavant, et prends garde de le repentir un jour d'avoir pris une femme dont les yeux pers louchent en se regardant l'un l'autre. Ou plutôt tu as vu Philon, le père de cette belle prétendue ; tu connais sa figure : d'après cela, tu n'as pas besoin de voir sa fille ! »

Mais Pamphile reste insensible aux railleries, puis aux larmes de Myrtion. Que faire ? On dit qu'il est des femmes, habiles dans les enchantements, qui savent rendre les hommes amoureux en leur faisant boire quelque philtre. Ah ! si Myrtion, crédule et superstitieuse comme toutes ses pareilles, connaissait une de ces viôilles Thessaliennes, elle lui donnerait bien volontiers tous ses habits et tous ses bijoux d'or pour qu'elle lui ramenât son Pamphile ! La Thessalienne ainsi désirée, son amie Mélitte la connaît et elle conduit Myrtion dans son anlre. Mesdames, la magicienne antique prenait de ses clientes beaucoup moins que les somnambules modernes, extra-lucides ou même simplement lucides : un pain et une drachme, environ 0,80 c. ; il est vrai qu'il y avait, comme toujours, des frais accessoires : du sel, du soufre, un flambeau, et sept oboles, soit 1,12 c, que la vieille gardait ; on versait aussi du vin dans un vase, et c'était la vieille seule

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