‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les adminstrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 61 sur 70 · ART PET · texte numérisé non relu

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rattache à tout ce que la religion et la patrie ont fait de grand dans le diocèse de Montréal: vous l'avez tous sur les lèvres, c’est celui du très vénéré et regretté Mgr Ignace Bourget! Avec des visées profondes, il travaillait à la création d’une grande université canadienne-française à Montréal. Il peut être regardé comme le fondateur de cette Ecole. C’est à lui et à son digne clergé, au dévouement de nos communautés religieuses et au support de nos compatriotes, qu’elle doit d’avoir traversé triomphalement les phases critiques de son existence,

Son digne successeur, marchant sur ses nobles traces, continuera à porter le même intérêt témoigné à cette Ecole. Monseigneur désire que nous formions ici de savants médecins, des hommes de caractère et de bons citoyens. La religion et la patrie se sont donné la main pour protéger, maintenir et consolider cette importante institution.

Eh bien, Messieurs de l'Ecole, il faut nous rendre digne de si précieux encouragements. Il faut étudier avec ardeur les progrès rapides de la science médicale.

Permettez-moi d'appeler votre attention sur quelques sujets et découvertes attestant les progrès de la science de nos jours. Ne mentionnons, pour le moment, que les œuvres accomplies dans le grand pays de nos ancôtres, la France.

L'anatomie générale, création de l’immortel Bichat, les progrès dans les différentes branches de l’anatomie jusqu’à l’étude de la bactériologie.

L’auscultation et la percussion auxquelles le grand Laennec a donné une précision presque mathématique.

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Les belles recherches sur la physiologie expérimentale qui ont immortalisé Claude Bernard.

Trousseau par son immense savoir et son éloquence

élève la clinique à un degré inconnu jusqu’à lui.

Guérin et Lister créent l’antiseptie qui provoque

toute une révolution dans l'hygiène thérapeutique et chirurgicale.

Villemain, Davoine et Pasteur révèlent les causes

encore inconnues d’un grand nombre de maladies.

L’anesthésie suspend la notion de la douleur, D'un grand secours pour le chirurgien, elle permet d'opérer dans des conditions plus avantageuses. La durée de l'existence humaine est élevée de 20 pour cent par l'étude et la pratique de l'hygiène. Son enseignement s'impose comme un devoir à toutes les phases de l'éducation. L+ chimie est parvenue à donner au praticien des principes actifs parfaitement définis : les alcaloïdes, armes précieuses qui les dispensent de recourir aux préparations complexes et incertaines de l’ancienne pharmacopée.

La médecine légale est un flambeau indispensable à l'exercice de la justice. La chirurgie ne connaît plus d'obstacles, la néphrectomie, l’hystérectomie, l’ovariotomie, sont des opérations journalières. TL sera donné à l’avidité de vos intelligences de connaître sous la direction de professeurs d'expérience et dévoués ces progrès de la science par l’étude et l’observation.

I1 me faut abréger et laisser la parole à M. le profeaseur d’'Orsonnens, chargé de faire le discours d’ou-

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verture proprement dit. Un mot maintenant sur l'importance de la philosophie, et je termine.

L'étude des sciences médicales exige une solide préparation. Ce serait témérité pour quiconque tenterait d'aborder ce champ épineux, sans au préalable être muni de fortes étude’ -lassiques. La science de la vie est un problème des plus difficiles pour les érudits. Les ignorants y perdent leur tête et leur temps.

Sans préparation valable, impossible de tenter cette tâche presque surhumaine.

Quel sera le guide indispensable à travers les écueils dont la science est hérissée? Vous l’avez deviné, Messieurs, c’est une saine philosophie. Si l’expérience ne vous l'avait appris, la voix suprême de Léon XIII est là pour vous convaincre. Le premier soin de ce savant philosophe, en montant sur le trône de Saint-Pierre est de remettre en honneur l’enscignement de la philosophie. Il définit la philosophie :

‘* La science les choses par leur: premiers principes.” Toute science se rattache à elle. Avant lui, Cicéron avait dit : ‘* La philosophie préside à la naissance des sciences, elle leur donne la vie, elle en est la mère.” Guérusez arrive à la même conclusion par une image frappante: ‘‘ Si l’on compare l’ensemble des sciences humaines à un arbre vigoureux, les autres sciences sont les branches, maïs la philosophie en est le t:onc et la racine.” Sans philosophie, vous ne voyez partout que des manifestations purement matérielles. L'homme tout entier n’est à vos yeux qu’un sujet de dissection ; il n’est que ce que le sealpel vous le

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montre. Le cerveau est un organe sécréteur de la pensée. Alors, plus de libre arbitre, plus de responsabilité humaine, plus d'âme immortelle, mais de simples phénomènes d’automatisme et la formule suivante: ‘Le néant vaut mieux que l'être.” La philosophie vous empêchera de donner votre adhtsion à ces mensonges de nos savants matérialistes. Ces écarts retardent la science du vrai savoir médical, Ces demi-savants qui n’étudient que la partie la moins importante de l’homme, la matière, seront bientôt oubliés devant les travaux des vrais savants de nos jours. Ces derniers, comme les Surbled, de Boniat et autres, d'accord avec la foi catholique et une saine philosophie, établissent par la physiologie et l’anatomie que, sans l’union de l’âme immortelle au corps de l’homme, : est impossible de comprendre les phénomènes vitaux.

Messieurs, je le proclame au nom de tous, vos professeurs sont des chrétiens, ils vous feront étudier les phénomènes physiologiques et pethologiques offerts à votre observation selon les vrais principes d’une saine philosophie.

Puissiez-vous travailler à faire figurer avec honneur votre Alma mater À côté des grandes institutions de nationalité étrangère. Vous aurez par Ilà même contribué à la gloire du Canada français et eatholique !

Maintes fois, M. le Dr Durocher dut inter-

rompre son discours : les applaudissements cou-

vraient sa voix.

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FM RAES

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