‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les adminstrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme] (volume 2)Chapitre 62 sur 70 · RE TT LEZ · texte numérisé non relu

RE TT LEZ

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Il céda la parole à M. le docteur d’Orsonnens, dont nons sommes heureux de pouvoir

aussi publier le travail.

DISCOURS DU Dr D’'ORSONNENS.

Depuis longtemps, ou plutôt je devrais dire il a toujours été d'usage, au commencement de chaque session, qu'un professeur de l'Ecole adressât la parole à MM. les élèves pour leur souhaiter la bienvenue. Je le fais à l'instant avec le plus grand plaisir au nom de tous mes collègues, puis je me permettrai d'ajouter quelques mots. Quelque délicate, vu les circonstances, que soit aujourd’hui cette tâche, je dois l'avouer, c’est un honneur, je devrai plutôt dire un véritable bonheur pour moi d’en avoir été chargé. C’est ce qui m’a fait oublier mon grand âge et les misères de la maladie qui m’entraîne au tombeau, et me fait réclamer toute votre indulgence.

Comme le plus ancien membre de notre institution, dont je fais partie depuis quarante-trois ans, je suis heureux de pouvoir annoncer ou plutôt vous répéter ce que tout le monde sait déjà, que, tout en conservant son nom, son autonomie, l’Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal est aujourd’hui ia Faculté de Médecine de l’Université Laval à Montréal : non pas à titre d'affiliation, mais comme partie intégrante, et c’est une satisfaction bien grande pour moi de pou-

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voir ajouter que ceux de ses anciens professeurs les plus distingués, qui, dans les circonstances d'alors, avaient cru devoir se séparer de notre corps, sont revenus à nous, avec leurs estimés collègues.

Tous conservant leur chaire à l'Université, nous donnant à nous notre existence religieuse et recevant de nous en retour leur existence civile: voilà donc un arrangement honorable de partet d'autre et qui bénéficie à chacun de nous, tout en nous assurant la paix !

Aussi pouvons-nous nous crier avec joie: Gloria in excelsis Deo; et in terra pax hominibus bonæ voluntatis. D'ailleurs, n'est-ce pas à peu près la réunion des médecins que Mgr Conroy, délégué apostolique, avait choisis dès le début, pour former la Faculté de Médecine de Laval à Montréal: la plupart déjà professeurs de l'Ecole, les autres élèves de cette dernière? C’est donc une véritable fête de famille, à laquelle participent quelques amis que leurs talents nous ont fait adjoindre de part et d’autre.

Cette division dont je viens de parler et qui a duré quelques années a servi à augmenter le travail de chacun de son côté, et de cette noble émulation na surgi un bien considérable! Aussi sommes-nous heureux de notre union et, sachant nous apprécier les uns ct les autres davantage, la main dans la main, nous allons reprendre avec une nouvelle ardeur, la tâche qui nous incombe.

Seul survivant des fondateurs de l'Ecole, seul qui ai pris part à toutes ses luttes, depuis son commencement jusqu’à ce jour, quel bonheur c’est pour moi

de la voir parvenue au poste honorable qu’elle occupe

aujourd'hui, car elle est la Faculté médicale d’une Université catholique canadienne de Montréal, et qui ne dépend que de Sa Grandeur l’Archevêque de Montréal et de NN.S$S. les Evêques de Saint-Hyacinthe et de Sherbrooke, les suffragants de Sa Grandeur. Le Saint-Siège a favorisé jusqu’à ce point notre union, le Parlement provincial l'a légalisée et l’Episcopat de la province ecclésiastique de Montréal l’a prise sous sa ‘bienveillante protection !!!

Ne sont-ce pas là autant de garanties que désormais notre position actuelle repose enfin sur des bases solides et immuables, tant sous le rapport religieux que sous le rapport civil ?

Et à qui devons-nous tous ces précieux avantages ?

Quel est donc le bon génie dont la main forte et puissante a pu renverser enfin tous les obstacles, et dont l'esprit droit et équitable a su concilier tous les intérêts? Je n'ai pas besoin de le nommer, tout le monde sait que c’est l’œuvre gigantesque de notre vénéré Vice-Recteur, le Révérend Messire Proulx, curé de Saint-Lin. Honneur donc à cet homme de cœur et de talent! Reconnaissance à ce prêtre si dévoué qui n’a cessé de travailler auprès du Saint-Siège, de la Législature, de l’Episcopat, et de concert avec les deux Ecoles, que lorsque le succès est venu couronner toutes ses peines, ses travaux et ses démarches!

Nous aurons donc désormais à Montréal, une Faculté de Médecine forte par son expérience dans l’enseignement et sa science reconnue ; composée d’un plus grand nombre de professeurs pouvant enseigner toutes les branches de la médecine exigées par la loi

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et même les différentes spécialités nouvelles, auxquelles on semble de tous côtés, maintenant, vouloir se diriger. Les élèves Y trouveront, par conséquent, plus davantages : cliniques, par exemple, plus nombreuses en chirurgie et en pathologie par différents professeurs qui ont déjà fait leurs preuves tant à l'Hôtel-Dieu qu’à l'Hôpital Notre-Dame ; cliniques Obstétricales à la Maternité de Montréal ; cliniques sur les maladies des yeux, des oreilles, au nez, de la gorge, visites aux dispensaires. Voilà donc enfin la réalisation des vues si sages et si perspicaces de notre illustre et regretté archevêque Bourget. C’est bien lui qui a fourni tous les moyens de former notre Université et qui l’a faite ce qu’elle est aujourd’hui, moins le nom que, pour des raisons connues de tous, il n’a pu de son vivant lui faire donner! Rendons hommage à sa mémoire, bénissons le nom de ce grand bienfaiteur de la ville de Montréal qui lui doit tant d’institutions religieuses !

Maïs il ne faut pas oublier non plus les sacrifices de l'Ecole qui pendant près d’un demi-siècle, seule, sans Secours précuniaires de personnes à fait face à toutes les dépenses exigées par les circonstances, et a travaillé sans cesse pour le résultat obtenu? N’a-t-elle pas le droit de demander aujourd’hui à la société à laquelle elle légua le fruit de tout son travail de venir désormais à son aide, de se charger elle-même de lui Construire un édifice convenable, de la doter de bibliothèque, de muste et de cabinet de physique, en un mot de tout faire pour cette institution catholique et

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