‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les administrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 31 sur 82 · MONSEIGNEUR LE PRO-RECTEUR · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR LE PRO-RECTEUR

J'ai l'honneur d’accuser réception (l'ayant reçue ce matin en arrivant de St-Lin) de votre honorée lettre en date du 2 octobre courant, me transmettant “deux extraits du Conseil Universitaire, tenu ce jour, touchant : 1° le projet de loi pour constituer en Corporation les Adwisustrateurs de l'Université Laval à Montréal; 2° la demande de l'Ecole Vétérinaire Française de Montréal de la reconnaître comme Faculté distincte.”

Quant au projet de loi, je suis heureux quele Conseil Universitaire en soit venu à la conclusion de ‘ s’abstenir de toute opposition à ce que

ce projet devienne loi.”

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Tout en m'empressant de vous exprimer à

vous, Monseigneur, et aux autres membres du Conseil Universitaire mon remerciement personnel, laissant de côté les appréciations qui sont matières à la dispute des hommes, je demande qu’il me soit permis à propos de certains avancés que renferme la résolution du Conseil, de faire quelques petites remarques qui peuvent devenir nécessaires, plus tard, pour l’intelligence des faits.

1° La résolution dit : Considérant que M. le “ Vice-Recteur a déclaré au Pro-Recteur que “c'était en conformité avec une direction for- “ melle venue de Rome qu’il en avait agi ainsi.”

Il est vrai que je vous ai parlé, Monseigneur le Pro-Recteur, d’une direction de Rome dans une conversation privée à votre chambre, sans me douter le moins du monde que cette conversation à la bonne franquette deviendrait la base de deux considérants dans une résolution aussi importante que celle que vient de prendre le Conseil Universitaire. J’admets volontiers que

ce considérant est assez exact dans un certain

sens ; mais, en le relisant attentivement, si vous vous rappelez bien mes paroles, vous conviendrez qu’il peut comporter un autre sens trop étendu, lequel je ne puis, malgré la meilleure bonne volonté, admettre, (1)

2° La même résolution dit : “ Considérant que “ M. le Vic:-Recteur a de plus déclaré au même “ Pro-Recteur qu'il avait recu, vers le 7 sep- ‘ tembre, une réponse à sa consultation faite à ‘ Rome...”

Il y a ici une petite erreur de date, Ce n’est pas vers le 7 septembre que j’ni reçu une lettre de Rome, mais ‘duns la deuxième partie du mois d'uvût ” ; et c'est là, je crois pouvoir être positif, l'expression dont je me suis servi, Seule-

ment, à propos du 7 septembre, immédiatement

(1) Mgr Hamel me paraissait ‘tendre au fait “d’avoirenvoyé le projet de loi tout d'ahoï4 3 Rome ” ce qui, dans ma conversation, ne s’appliquait qu'au fait ‘“ de soumettre le dit projet à l'examen du Conseil Supérieur.” (Voir, au N° XIII, lu note que j'ajoutais à une lettre écrite À Mgr l’Archevêque de Montréal, le 6 octobre 1891,)—J, PB, P,

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après avoir consulté le Conseil d’affaires, j'ai rédigé les lettres que j'ai envoyées au Conseil Supérieur de Haute Surveillance et au Recteur de l'Université Laval.”

8° La résolution ajoute : “ Résolu que, nonobs- “ tant les clauses VI et VII du projet de loi “ susdit, qui empiètent sur Îles droits octroyés “au Conseil Universitaire par la Charte “ Royale...”

Je regrette que le Conseil Universitaire n'ait pas jugé à propos de préciser davantage la nature de ces empiétements, ni de formuler les modifications qu’il aurait désiré voir introduire dans notre projet de loi; j'aurais été si heureux de communiquer le tout au Conseil d’affaires et aux Evêques de la Province ecclésiastique de Montréal.

Quant à l'extrait des résolutions du Conseil Universitaire, qui regarde l'Ecole Vétérinaire,

je le communiquerai, le plus tôt qu’il me seru

Lé possible, aux directeurs de lu dite Ecole.

Veuillez croire que je suis et demeure dans

les sentiments du plus grand respect et de la plus haute considération, Monseigneur le Pro-Recteur,

Votre très dévoué serviteur,

J. B. PROUIX, ?#re, V. R. U. L. M.

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SHERBROOKE, à octobre 1891.

À M. le Chan. J. B. Proulx, Ptre, V.R. U.L. M.

Monsieur le Vice-R:cteur,

J’ai recu votre lettre du 30 septembre dernier, et les documents qui l’accompagnent : 1° lettre au Cardinal Simeoni du 22 septembre ; 2° le rapport de la cinquième réunion du Uonseil d’Af-

faire (4 septembre 1891) ; 3° lettre de Mgr B.

Paquet, Recteur de l’Université Laval (9 sep-

tembre 1891); 4° copie de la lettre collective

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des Evêques au Cardinal Simeoni (24 septembre 1891).

Malgré les petits nuages qui paraissent à l’ho-

rizon, j'espère que le projet de loi pour incorporer civilement notre Syndicat concernant l’administration des affaires financières de l’Université Laval à Montréal recevra la sanction de la Législature de la Province de Québec.

Avec mes remerciements etmes souhaits veuillez agréer, M. le Vice-Recteur, l'assurance de

mon bien sincère attachement.

f ANTOINE, Z%. de Sherbrooke.

ST-HYA0INTHE, octobre 1891.

À M. le Chan. J. B. Proulx, Ptre, V.R. U. L. Montréal.

Mon cHER MoxsiruR, J'ai reçu, il y a quelques jours, les documents suivants que vous avez bien voulu me transmettre : 1° copie de la lettre ecilective des

Evêques de la Province à Son Eminence le Cur-

tite dinal Simroni; 29 copie d’une lettre que vous avez écrite a même Cardinal concernant Île projet de loi d'incorporation des Adiminis'ratours de l'Université Laval à Montréal ; 3° votre lettre du 30 septembre dernier au sujet des deux pièces précédentes.

Grand merci du tort et de votre grande fidélité à nous tenir au courant de toutes vos opérations pour la prospérité de notre chère œuvre.

C'est aujourd'hui que s'ouvrent les cours de notre Faculté de Médecine Laval fusionnée avec l'Ecole, les deux n’en faisint qu'une. Quelle métamorphose admirable depuis un an! Evidemiment,le bon Dieu y à mis la main; et, quand il s'en mêle, c'est vite fait. Nous ne saurions trop le remercier de ce succès inespéré.

Il nous rest encore notre bl d'incorporation des Administrateurs à faire passer par la prochaine Législature. Il a déjà subt une assez sensible épreuve. Espérons que ce sera la seule qui l'atteindra.

Toujours votre bien dévoué en N.S$.

D 2., ÆEv. de St-Hyacinthe.

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MoxTRÉAL. 6 octobre 1891.

Sa Grandeur Mgr Edouard Chirles Fabre, Ar-

chevêque de Montréal.

MONSEIGNEUR

Je vous envoie sous ce pli: 1° la copie d’une lettre de Mgr Hamel me transmettant deux extraits des délibérations du Conseil Universitaire touchant notre projet de loi, ainsi que touchant une demande qu'avait adressée par mon entremise, À Mgr le Recteur, au mois de juillet dernier, l'Ecole Vétérinaire d’être reconnue comme faculté distincte à Montréal (N° X ); 2° ces deux extraits eux-mêmes (N° XI); 35° l'accusé de réception que j'en ai fait à Mgrle Pro-Rceteur (N° XIT).

Dans cet accusé de réception, vous voudrez

bien remarquer, Monseigneur, que, laissant de

AL’ , + . Q . Q côté toute appréciation de principes,je me borne

à rectifier certains faits, avec calme, brièvement, Mais que d’autres choses il y aurait à dire sur cette résolution! Je les ai tues pour le bien de la paix, pour l’harmonie de nos rapports mutuels.

On accepte le projet de loi, mais avec quelle mauvaise erÂce, en biaisant, Quel mérite peuton avoir auprès de Montréal ? Après cela, on se plaint que Montréal n'ait pas une confiance illimitée au bon vouloir du Conseil Universitaire !

On trouve à redire à certaines clauses du projet, et on ne daigne pas préciser en quoi, formellement. Il était pourtant si facile de l’indiquer, lorsque nous allons devant le Conseil justement pour le savoir, et que nous demandons à plusieurs reprises que l’on veuille bien nous faire, s’il y a lieu, des observations. Vraiment désirerait-on nous décourager, ou nous susciter des embarras indirects quelque part, qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Pour le découragement, en ce qui me regarde, on calcule mal.

Je ne suis pas sans remarquer les efforts artis-

tement calculés que semble faire la résolution du

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Conseil pour rejeter sur mes épaules toute la responsabilité d’une prétendue fausse position dans laquelle se trouverait Québec. C'est dommage que tout cela manque par la base. Dans tous les cas, quoi qu’on imagine, avec la grâce de Dieu, on ne me fera jamais sortir des limites de la modération, et même de la bienveillance visà-vis les autorités universitaires.

Pour laisser passer sans opposition notre projet de loi, malgré les répugnances que soulèvent les clauses VI et VIT, sur quoi s’appuie-t-on ? Sur l'approbation que, d’après ma manière d'agir ou de parler, lui aurait donnée Rome. La chose est évidente après l’enchaînement des considérants qui ne traitent que de l’action du Vice-Recteur Proulx, pour aboutir à cette conclusion : * Ce Conseil, dans les circonstances, par respect et par soumission pour le Saint-Siège, s’abstient de tout autre commentaire sur ce projet de loi...” On voudrait faire croire que, dans cette affaire, nous pesons sur la liberté du Conseil Universi-

re avec des décisions toutes faites, venant de

Rome, Non, non, D’autres ont assez compromis, | 9

pour des vues particulières, l'autorité de Rome et des Evêques, que, dès le commencement, j'ai voulu prendre pour politique une manière d'agir qui me paraissait plus généreuse. Je tâche de comprendre les documents romains et les directions de mes supérieurs immédiats Nosseigneurs

les Evêques, de me pénétrer de leurs désirs, puis

., . « ; Q [2 agi‘ mes risques et dépens.

Mais quend donc ai-je dit que Rome approuvait not: projet de loi, absolument, dans ses détails, avant toute expression d'opinion de la part du Conseil Supérieur ou du Conseil Universitaire ? Jamais. Est-ce dans cette conversation

privée, (1) qui a donné naissance à deux consi-

(1) Voici, en résumé, quelle a été de ma part cette conversation: “Au commencement de mai, je consultai confidentiellement, à Rome, un homme qui entend bien la procédure canonique et ecclésiastique, et dans le courant de juin, il me répondait confidentiellement que, dans la circonstance, je ferais mieux d'envoyer, tout d'abord, notre projet de loi à la Sacrée Congrégation de la Propagande. Ce que je fis le 26 juin, Dans la seconde moitié Au mois d'août, je reçus de Son Eminence le Cardinal Simeoni une réponse qui me fit comprendre clairement que nous avions à aller devant le Conseil Supérieur de PUniversité, En ce dernier point, je puis dire que je suis

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