‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les administrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 32 sur 82 · CON S · texte numérisé non relu

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dérants de la résolution universitaire ? Non. Il n’y est question, d’après Mgr le Pro-Recteur, que d’une direction reçue de Rome, et si j'avais dit davantage, croyez que quelques nouveaux considérants n'auraient pas manqué de nous l'apprendre. Est-ce dans mes lettres au Recteur ? Au contraire, il y est dit: ‘Si vous-même, Monseigneur le Recteur, où le Conseil de l’Université, aviez à nous communiquer quelques observations à propos de ce projet de loi, croyez que nous serions très heureux de les recevoir et d'en tenir compte.”

Pourtant la résolution parle de “ respect et de soumission pour le Saint-Siège.” Le Saint-Siège aurait-il envoyé directement des lettres à Québec? Dans ce cas-là, pourquoi tant d'efforts

pour faire sortir, comme une conséquence de sa

une direction formelle venue de Rome.” J'ai été trop naïf, j'ai parlé avec trop d'ouverture de cœur.

N.B.—Cette note n’est pas ajoutée après coup, ici à Rome,

muis elle faisait partie de la lettre écrite à Mgr l'Archevêque de Montréal, le 6 octobre 1891.

cause, cette soumission et ce respect des considérants qui relatent la conduite du Vice-Recteur de l'Université à Montréal.

Enfin, la résolution prend la peine de faire remarquer que je “n'ai pas cru devoir communiquer au Conseil Universitaire la réponse que j'ai reçue de Rome.” Mais il n’en était aucunement besoin. Nous allions devant le Conseil, purement et simplement, comme si jamais nous ne nous étions adressés à Rome. Vous le savez, Monseigneur, nous avons été à Rome, tout d’abord, pour notre propre satisfaction, pour éviter des retards possibles, pour savoir si notre projet de loi était en dehors de la politique générale de la cour romaine, et voilà tout.

Pardon, Monseigneur, pour toutes ces remarques longues et fastidieuses; mais elles sont nécessaires pour l’exposé complet de la question, et pour l’Episcopat je n'ai aucune pensée secrète.

De même, ce n’est un secret pour personne que

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le respect et la considération avec lesquels je suis, De Votre Grandeur, Monseigneur,

Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROUXX, Prêtre.

MoxrTréaL, 6 octobre 1891.

Sa Grandeur Mgr À. Racine,

Evêque de Sherbrooke,

MONSEIGNEUR

Je vous envoie ci-incluse la copie d’une lettre

à Mgr l’Archevêque de Montréal, en date du 5

du courant, avec les documents y annoncés et y

annexés. Cette lettre comporte assez de réflexions, sans que j'aie besoin d'en ajouter ici de nouvelles.

Hier après-midi, s’ouvraient dans le grand

amphithéâtre de l’'Hôtel-Dieu les cours de l’E-

cole de Médecine, Faculté Médicale de Laval à

Montréal. Les journaux probablement vous porteront des détails, tant bien que mal; mais ce qu'ils ne sauront vous dire trop hautement, c’est la satisfaction et le contentement qui régnaient chez tous ceux qui étaient là réunis: professeurs, élèves, amis de l’institution, membres du clergé et Archevêque de Montréal. Vous n’étiez pas absent, Monseigneur, votre voix s’est fait entendre. La séance a commencé par la lecture de votre lettre et de celle de Mgr l’Evêque de St-Hyacinthe. (1) Notre président, qui s’est montré on ne peut plus gracieux, me disait qu’il les trouvait réellement de son goût. Les cours ont commencé leur train régulier ce matin, avec un calme plat qui fait plaisir. Quelle différence, dans cette paix générale, avec ce que nous

voyions et entendions à pareille époque, ces

(1) Voir ces deux lettres au Supplément, N°: IT et III, ainsi que le discours qu'a prononcé à cette séance d'ouverture le Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal, tel qu’il est reproduit du journal {a Presse, N° IV, sauf quelques légères corrections, le reporter s'étant servi de quelques expressions impropres.—J, B, P,

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dix-huit dernières années passées, Pourquoi faut-il qu’il y en ait encore qui ne comprennent pas que notre politique est calculée à amener, par l’apaisement et la satisfaction iégitime de tous les intérêts, le plus grand bien de la religion et de la patrie, tout en assurant en même temps la réussite des meilleures espérances universitaires. Cependant le nombre des récalcitrants et des récréminants va diminuant de jour en jour. Pour moi, de jour en Jour, va en augmentant la considération avec laquelle je suis, De Votre Grandeur, Monseigneur,

Le très humble et très dévoué serviteur,

J. B. PROULX, Prütre, V, R. U. L, M.

P. S.—Au moment où je me prépare à maller cette lettre, m'arrive la vôtre du 5 octobre courant. J'ajoute ce mot pour vous remercier de cette faveur. Oui, les nuages passeront, peut-

être en me crevant au-dessus de la tête; mais,

après une averse, le soleil n’en paraît que plus beau,—J, B. P.

Sr-HyaciNTur, 17 octobre 1891.

A M. le Chan. J. B. Proulx, V.R., Montréal.

Mon cHER MONSIEUR,

Je m’empresse d’accuser réception de votre lettre d'hier qui m’apprend l’ouverture, sous les plus heureux auspices, des cours de la Faculté de Médecine. J'en bénis le ciel de tout de mon cœur, ainsi que du fait que les lettres des deux Suffragants en réponse à l'invitation de M. le Président, ont été bien appréciées de celui-ci. Tout cela aide à la grande œuvre dont le Saint- Siège nous a chargés, et à la consolidation de l'union si providentiellement effectuée des deux Ecoles jusque-là rivales, et ne faisant le bien que fort imparfaitement. Une ère de paix s'ouvre aujourd’hui ; et nous pouvons entrevoir la réalisation de nos chères espérances. Que le Ciel vous récompense au centuple de l'énorme travail

que vous vous êtes imposé pour nous faire arri-

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ver à un aussi consolant dénouement! Il vous a fallu faire pour cela de nombreux actes de putience et d'abnégation : c'est là que se trouve le secret de votre beau succès.

J'ai pris communication des documents qui accompagnaient votre lettre. Il est regrettable que le Conseil Universitaire n’ait pas précisé ce en quoi notre projet de loi pèche contre la Charte Royale. Il nous aurait rendu en cela un réel service, car c’est bien notre formelle intention de ne pas aller contre ce document constitutif si important. Marchons néanmoins tout de même avec l'espoir qu’il ne nous arrivera rien de fàcheux. Tout a été si bien jusqu’à présent que

nous devons avoir foi dans l’avenir.

Toujours votre parfaitement dévoué en N.S.

t L. 2, En, de St-Hyacinthe.

Quéexc, 8 octobre 1891.

M. l'abbé J. B. Proulx, Ch. Hon. Vice-Recteur U. L. M. Montréal.

MoNSIEUR LE VICE-RECTEUR,

t'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre en date du 5 dece mois, en réponse à la mienne du 2.

J'admets comme vous, Monsieur le Vice- Recteur, l'importance qui s’attache à l’exactitude des faits et des conclusions qu’on en doit tirer. Voilà pourquoi je vous demande, à mon tour, la permission de faire quelques observations sur certaines de vos remarques.

1° Je vous avoue que je ne pouvais penser que le renseignement que vous me donniez touchant la direction reçue par vous de Rome, — bien que ce fût dans une conversation à ma

chambre, — fût d’une nature privée ; car, en me

le donnant, vous vous disculpiez du reproche

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qu’on devait nécessairement vous faire de n’avoir consulté l'Université que longtemps après avoir consulté Rome. Votre explication, qui venait au-devant d'une objection sérieuse, était tellement importante que je devais la regarder comme quasi-officielle. J'ai été très heureux de de la donner moi-même au Conseil Universitaire, (1) pour lui faire voir que le retard de votre communication aussi bien que l’ordre successif suivi dans lesconsultations étaient le résultat d'une direction venue de Rome, (2) et non pas votre propre faite

Aussi, ce qui, venant de votre part,— eût excité peut-être des récriminations avec soupçon d'intentions peu bienveillantes, par le fait que

cela venait de Rome, n’a produit qu'une défé-

(1) Si j'eusse voulu que ces explications, où d’autres sembla bles, allassent au Conseil Universitaire, j'aurais chargé Mer le Pro-Recteur de ce soin, ou plutôt je les aurais ajoutées à mes obcervations écrites, duns ma lettre à Mgr le Recteur.-J, B. P.

(2) Comme on peut le voir en lisant les Numéros XIT et X\, Mgr ITamel étend ici ‘ cette direction ” à des actes auxquels elle ne s: rapporte aucunement, aux termes de ma conversition,— J, B. P,

rence imniédiate. C’est pour cette raison que le Conseil Universitaire, bien que l’empiétement des articles VI et VIT sur ses droits et privilèges sautât aux yeux de tous les membres, (1) n’a pas même songé à formuler la moindre modification au projet de loi, dans la L sée (2) que, comme on avait pris beaucoup de temps à Rome pour vous répondre, on devait l'y avoir

étudié et l’avoir approuvé, comme pour le projet de loi de l’année dernière. Dans tous les cas, 9 à & M \ °

on n’a pas voulu s’exposer à corriger Rome, Ceci repond en même temps à votre 3°.

2° Je veux bien croire que vous avez eu l'intention de me dire que c'était dans la deuième partie du mois d'août que vous avez reçu

votre réponse de Rome; maïs soyez sûr que vo-

(1) Cela n'avait pas d’abord sauté aux yeux du président pro tempore Au Conseil Universitaire,de Mgr Hamel lui-même, puisqu'il m'écrivait le 16 septembre 1891 que Za clause IX sauvegarde tous les droits conférés à l'Université Laval par la Charte Royule.

(2) Après tout, ce n’est là qu'une supposition, et de plus une

supposition erronée, dont je ne suis absolument pas responsable.— J, B. P.

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