‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les administrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 37 sur 82 · SN ARE · texte numérisé non relu

SN ARE

RÉ RBUS

MonrrféaL, 14 octobre 1891.

Son Eminence le Cardinal Simeoni, Préfet de la

S. C. de la Propagande,

EMINENTISSIME SEIGNEUR

Le Conseil Universitaire de Laval a donné son opinion sur notre “ projet de loi pour incor- ‘ porer civilement les Administrateurs de l'Uni- “ versité Laval à Montréal ”, et il conclut en disant que le ‘ Conseil s’abstiendra de toute ‘opposition à ce que ce projet devienne loi.” (N° XI) Dieu soit béni ! (1)

La résolution du Conseil Universitaire ren-

(1) Vu que Son Eminence le Cardinal Taschereau avait dit à Mgr l’Archevêque de Montréal qu’il désirait “ que nous attendions que le Conseil Universitaire s’en soit occupé pour travailler notre affaire,” je croyais tout naturellement que la résolution du Conseil était le reflet de la pensée de l'Eminent

Chancelier Apostolique, et que nous n'avions plus à attendre d'obstacles de ce côté-là. J, B.P.

ferme, en matière de fuit, quelques inexactitudes. Je les relève dans une lettre à Mgr le Pro-Recteur Hamel. (N° XIL.)

Votre Eminence ne sera pas sans remarquer que le Conseil Universitaire semble affecter de n’arriver à sa conclusion que sous le coup ‘“ du respect et de la soumission qu'il a pour le Saint- Siège.” En vérité, ce calcul, ou cet avancé, est pour moi inexplicable, lorsqu'il n’est question d'approbation préliminaire de Rome, absolument pas, ni dans notre requête, ni dans mes paroles, ni dans mes écrits, comme je l'explique dans une lettre à Mgr l’Archevêque de Montréal en date du 6 octobre. (N° XV.) Serait-on habituellement sous l'empire de préventions qui feraient voir partout des anguilles sous roche ?

J'ai le plaisir d'annoncer à Votre Eminence que la nouvelle Faculté Médicale composée des deux Écoles de Médecine réunies, & ouvert ses cours au milieu du contentement général. Je vous envoie, extrait de deux journaux

(/’Ætendard et la Presse,) le compte rendu de

cette y vo a AP] actes con tent on p' par l nous latui E appl ils o den l’au lant de indi

com

:xacti-

Igr le

irquer ter de ) “du Saintcé, est 1estion ument aroles, ns une n date ituelle-

eraient

inence 6e des a oùénéral.

urnaux

du de

cette démonstration (1) Votre Eminence pourra y voir quelle modération, quel bon vouloir on a apporté, d'un côté com me de l’autre, dans ses actes et ses paroles. Dans cette paix, dans cette concorde et cette union des esprits, qui contrastent avec les agitations et les divisions du passé, on peut constater déjà les bons résultats produits par les Lettres Romaines, approuvant le bili que nous avions, l'automne dernier, devant la Législature de la Province de Québec.

En effet, les Décrets Romains bien compris, appliqués avec la largeur de vue dans laquelle ils ont été dictés, sont notre salut et le germe de notre prospérité. Nous ne sommes encore qu’à l'aurore d’un développement dix fois plus brillant, si, dans certains quartiers, on cesse enfin de nous créer des embarras, directement ou indirectement, Je compte sur Rome, oui, je compte sur Rome qui, du même coup, sait pro-

téger tous les droits et assurer, catholiquement

(1) Au Supplément, N° V, on trouvera l’allocution que le Vice-Recteur a prononcée en cette circonstance.—J, B, P.

parlant, l'avenir de notre nombreuse jeunesse dans le district de Montréal.

Veuille le ciel accorder à Votre Eminence des jours longs et prospères: c'est là la prière que J'unis à l'expression de la vénération profonde avec laquelle je suis,

De Votre Eminence, Eminentissime Seigneur,

Le très humble et très obéissant serviteur.

J. B. PROULX Prêtre, PAC LE,

Moxrréar, 15 octobre 1891.

Sa Grandeur Mgr A. Racine, Evêque de Sher-

brooke.

N'ayant pas la facilité, À cause de la distance qui nous sépare, d'approcher Votre Graudeur

aus.) fréqueminent que Mgr l’Archevêque de

52 141 9 en HET G a éveis

Moi

lan, niq mc nou lon;

voie

fur Ile l'aff \

père solu

) octo moi chos

IN CSSe

ce des e que

fonde

DRE re,

Sher-

ance deur

> de

Montréal, je charge la plume de remplacer la langue dans les paroles que j'ai à vous communiquer. Je tiens à vous mettre au courant des moindres détails de notre situation actuelle : car nous pourrions bien côtoyer, peut-être avant longtemps, non pas un précipice béant mais une voie semée de quelques épines et petits embarras,

Vous trouverez sous ce pli :

1° Une lettre à Son Eminence le Cardinal Simeoni, qui lui annonce, avec quelques réflexions a or, l'envoi de plusieurs documents, lesquels vous avez déjà en votre possession ;

2° Une communication écrite que je dois faire ce soir à un comité de la Faculté Médicale. I'est probable que nous ne finirons pas toute l'affaire dans la première entrevue, mais j’espère que nous sommes sur le chemin d’une solution raisonnable ;

5° Une lettre de Mgr Hamel en date du 8

octobre: rectifications et explications qui, d’après

moi, n’expliquent et ne rectifient pas grand chose (N° XVIII j); 4° Ma réponse à la lettre précédente (N°XX };

Dans cette réponse, comme vous le verrez, j'ai laissé de côté “ tout ce qui se rapporte à ma mémoire ” que l’on trouve très ingrate à Québec; à Montréal, plusieurs la trouvent trop fidèle, Il me répugne de discuter, entre hommes sérieux, des discussions pour la plupart aussi futiles. Après que J'ai rectifié, une fois pour toutes, au meilleur de ma connaissance, les faits dont une interprétation erronée violenterait l'exactitude, la signification et les conséquences, je laisse dire volontiers, sans m'en occuper : j'ai dit ceci, tu as dit ceci, il a dit ceci. Des actes officiels doivent s'appuyer sur des pièces officielles ou des avancés officiels, et non sur des paroles plus où moins incomplètes, dites dans une conversation privée et bénévole, dont les dispositions du moment chez l’un des interlocuteurs pourraient empêcher de saisir le sens entier et complet.

Tout de même, je me trouve dans un singulier dilemme, Quand je me tiens sur mes gardes et ne romps pas le silence, on me dit: Vous

vous défiez de nous, vous nous consultez à la

errez, à ma Quétrop mmes aussi pour s faits terait 2nces, mn EE actes s offir des dans it les terlo-

> SeUS

sin gurardes Vous

, à la

dernière heure. Quand je donne des explications dans une conversation ami “ie, dans une caus "lle, pour me servir des expressions de Mgr Hamel: (%.., M. Mathieu, chez qui vous avez causé avant de venir chez moi. . .””) on se sert de mes paroles pour leur donner un sens extiême qu’elles n’ont pas, et les tourner contre moi.

J'ai signalé, en passant, le reproche qu’on nous fait d'avoir placé nous-mêmes Québec dans une position pénible (ce qui n'existe que dans les imaginations\, en envoyant notre projet de loi à Rome avant de consulter le Conseil Universitaire ; l’accusation d’avoir manqué de diligence dans l'expédition de nos requêtes aux

Conseils, soit de l’Université, soit de Haute

Surveillance ; et les préventions que Mgr

Hamel avoue avoir entretenues à mon égard que d’autres remarques j'aurais pu faire! J’ai préféré les taire auprès de Monseigneur le Pro- Recteur, afin de ne pas paraître vouloir, moi aussi, épiloguer. Mais le même danser n'existe

pas avec vous, Monseigneur,

Comment concilier, sous tous rapports, les deux phrases suivantes :

“ C'est pour cette raison que le Conseil Uni- “ versitaire, bien que l’empiétement des articles “ VLet VIL sur ses droits et privilèges sautât “aux yeux de tous les membres, n’a pas même “ songé à formuler la moindre modification au “ projet de loi...” (Lettre de Mgr Hamel, 8 octobre 1891.) « Je serais donc surpris si le Conseil Univer- & sitaire se permettait de suggérer la moindre “ modification au projet présenté: 1° parce 66 qu’il a été étudié avec beaucoup de soin par “ des personnes compétentes, intéressées et qui, 6 étant sur les lieux, sont plus à même que nous 6 d'apprécier les circonstances; 2° parce que la “ clause IX sauvegarde tous les droits conférés & A l'Université Laval par la Charte Royale ;...” (Lettre de Mgr Hamel, 16 septembre 1891.) Ce qui a sauté aux yeux de Mgr Hamel tout d'abord, d’après les citations précédentes, ce n’est pas que les clauses VI et VIE empiètent

sur les droits de l’Université, mais bien que ces

ÉPRUR Ee nE NUS CIMIOLOS

près era “tri ‘6 Si 66 di donc

à Ro

les

Jnicles itât îme

au

nel,

verdre arce

par qui,

lOUS

mêmes droits sont sauvegardés par la clause 1X. Oui, dans un bon moment, Mgr Hamel l'a dit :

les circonstances nous dictent, à X. ontréal, notre conduite, Alors, ce me semble, tous devraient aider de grand cœur, dans leur œuvre impor tante et difficile, les personnes compétentes, intéressées, qui sont sur les licux. Pourquoi, après cela, rechigner ?

La lettre du 8 octobre continue: “,., Dans ‘la pensée que, comme on avait pris beaucoup “de temps à Rome pour vous répondre, on “devait l'y avoir étudié et l'avoir approuvé “comme pour le projet de loi de l’année der- “nière, Dans tous les cas, on n’a pas voulu “ s'exposer à corriger Rome.”

Ainsi, d’aprè.: cette phrase ci-haut citée, d’après même la résolution du Conseil : 4 Considé- “‘rant que par là le Conseil Universitaire se “trouve dans l'ignorance de ce que le Saint- * Siège approuve où n’approuve pas dans le sus- “dit projet,” le Conseil Universitaire ne fait

donc que supposer que notre projet de loi a été,

à Rome, approuvé. Alors, comment a-til pu

dire dans la conclusion de sa résolution: ‘ Par respect et par soumission pour le Saint-Siège ? ” Par respect, passe encore ; mais par soumission, c'est trop fort. Ce n’est pas logique de se soumettre à des ordres ou à des directions qu'on ignore. Rome aurait-elle écrit à Québec? Ce mot de soumission le laisserait entendre. Cependant, de mon côté, je l’ignore.

Enfin, “bien que mon oreille me dît qu'il s'agissait du 7 septembre, comme j’hésitais entre le 7etle5...”

Ah! vous hésitiez, Monseigneur, à croire votre oreille! eh bien! alors, croyez-moi, il ne vaut pas la peine d'écrire d’aussi longues pages sur le 7, et si Je me suis permis de relever en passant cette erreur de date que j’appelui pe#e, c’est que je m'apercevais qu’on y attachait bien trop d'importance.

Assez sur ces bagatelles, qu’il ne m’appartient pas toutefois de laisser passer inaperçues, et terminons par une nouvelle plus consolante.

La messe du Saint-Esprit, pour demander les

bénédictions du Ciel sur l’année universitaire

la

Par ce?” sion, souu’on ? Ce

>pen-

qu’il

antre

roire il ne pages r en elite,

bien

tient t ter-

er les

taire

qui commence, a eu lieu le jour de la St-Edouard. Le Dr Durocher, Président de la Faculté Méadicale, était au poste, et, le troisième, a juré sur les saints Evangiles la profession de foi. Pour un catholique comme M. Durocher, la chose est

bien simple en elle-même, mais elle est grosse

de conséquences, ccmme preuve qu'il n’y a plus

à Montréal, dans le monde universitaire, qu’une seule direction religieuse, unique, uniforme, acceptée de tous.

Croyez que je demeure dans les sentiments de la plus haute considération, De Votre Grandeur,

Le très humble et très obéissant serviteur.

J. B. PROULX, ?rêtre, V. R. U. L. M.

ARCHEVÊCHÉ DE QUÉBEC, 15 octobre 1891.

Révérend M. J. B. Proulx, Ptre, Vice-Recteur de l’Université Laval, Montréal.

MoNsIEUR,

Sous prétexte de faire incorporer civilement

les Administrateurs de l'Université Laval

Sd

Montréal, le projet de loi que vous présentez à

l'approbation du Conseil Supérieur de l'Université (sans nous dire ce qu’en pense le Saint- Siège), crée réelleme t À Montréal une Université tout à fait indépendante de l'Université Laval telle que constituée par sa Charte Royale et son institution canonique.

Dans ces conditions, je ne puis, pour ma part, en ma qualité de Chancelier Apostolique de l'Université Laval, approuver ce projet de loi,

et je ne l’£ipuierai qu'autant qu’il me sera U L'É |

Page 1