‹ Devant Québec et Rome ou Collection de documents se rapportant au projet de loi pour incorporer les administrateurs de l'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 41 sur 82 · MOINS · texte numérisé non relu

MOINS

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On peut le supposer d'autant plus facilement avec nous que, dans un cas particulier, assez récent, lorsque nous avons cru ne pouvoir ni ne devoir demander cet avis, nous l’avons dit hautement et franchement,

Cependant, du moment que je me suis aperçu que Son Eminence désirait savoir ce que Rome nous avait répondu, j'attirai immédiatement son attention, d’une manière précise, sur ce que nous avions été demander à Rome; et Son Eminence, mieux que tout autre, sait fort bien que les réponses à Rome ne vont jamais au delà des demandes, Bien plus, je lui ai expliqué clairement que cette réponse se bornait, comme nous le demandions, à ne pas trouver mauvais, Primê facie, notre projet de loi. Preuve, l’extrait suivant d’une lettre du Vice-Recteur de Montréal à Son Eminence le Cardinal Taschereau, en date du 15 octobre 1891 :

‘ Nous n'avons pas envoyé à Rome notre

projet de loi pour le faire approuver, dans ses

détails, en dehors de toute participation du Con-

seil Sepérieur. Notre but, comme tous les intéressés ont pu le lire, est clairement énoncé dans une lettre à Son Eminence le Cardinal Simeoni, en date du 26 juin 1891, laquelle se trouve en tête de l’opuscule que j'avais l'honneur d'adresser à Votre Eminence, le 9 de septembre dernier, Vuei:

“ Cost pourquoi j'ose espérer que Votre Eminence, que la Sacrée Congrégation de la Propa- “ œande ct que Notre Très Saint Père le Pape “auront pour agré ble ce projet de loi qui a été “ préparé avec tant de soin, et qu’ils ne désap- ‘ prouveront pas le dessein que Noss: igneurs “les Archevèque et Evêques de ln Province ecclésiastique de Montréal ont d’en demander la sanction civile à la prochaine section de la “ Législature de Îa Province de Québec.”

‘ Du moment que rois avons constaté que notre projet de loi, #2 se, n’était pas désagréable à la Cour de Rome, et que, fr#m@ facte, elle ne désapprouvait pas notre dessein, nous avons fait ce que nors avions décidé de faire dès le com-

mencement, savoir : suivre la voie régulière, et

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rnier.

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soumettre notre projet de loi, pour examen, au Conseil Supérieur.”

Vraiment, m’était-il possible d'être plus explicite ?

# La position eût été bien différente si vous nous aviez consultés avant d'aller À Rome.”

UL'est possible, en effet, qu’elle eût été difrérente pour le mieux ; c’est possible aussi qu’elle l'eût été pour le pire. Je ne puis comprendre cette disposition de toujours trouver bon le contraire de ce que nous avons fait. Il devrait suffire que ce aue nous faisons ne soit pas mal,

Or, est-ce mal que d’avoir, tout d’abord, consulté Rome sur le principe de notre projet de loi, en le lui envoyant tout entier jusque dans ses moindres détails, afin de nous mettre audessus de tout soupçon, qu’il pouvait y avoir de ménagée quelque part ane surprise ?

“ J'ai du reste soumis mes doutes au Saint- “ Siège, et j’agirai conformément à la solution ‘‘ qui me sera donnée.”

Eh bien, nous aussi nous allons soumettre nos

doutes à la même autorité, C’est votre opinion,

Monseigneur ; c’est celle de Mgr l’Evêque de Sherbrooke :

29 Son Eminence le Cardinal Taschereau a choisi le terrain de la lutte, Rome: impossible de reculer.

3° C’est à Mgr l’Archevêque de Montréal de choisir celui qui doit aller défendre, à Rome, les intérêts si graves de l’Université Laval à Mont-

sal. — Dans mon humble opinion il n’y a pas de temps à perdre. J’ideant consules ne respublica aetrimendum caprat.” (Lettre du 23 octobre 1891.)

C'est aussi l'opinion de Mgr l’Evêque de St- Hyacinthe : ‘ Que devons-nous faire en présence de cette pénible situation ? Désarmer ct rejeter notre projet de loi ? Non, absolument non. Continuons de voguer contre vent et marée, et, avec l'assistance du Saint-Siège qui ne nous manquera pas, notre nacelle arrivera à bon port.” (Lettre du 23 octobre 1891.)

Puisque Son Eminence a choisi Elle-même

l'autorité à consulter sur les dét‘ils de notre

projet de loi, (car Ellene peut consulter

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sur autre chose, vu que, dans sa lettre du 19 octobre, Elle en a approuvé l'idée : “ Faites, dit- Elle, un projet de loi analogue, —au Syndicat de 1887,—et je serai heureux de l’approuver), Son Eminence, dis-je, pour me servir de son expression, ‘ ne blâmera pas notre démarche. ”

Cette démarche a d'autant plus sa raison d’être que nous sommes certains que notre manière d'agir sera représentée à Rome sous un jour que nous ne pouvons admettre, puisqu'on ne se gène pas de le faire même avec nous. Il est plus que probable que l’idée adverse aura à Rome son avocat ; la nôtre y doit avoir le sien. Il est possible que, à cette occasion, on fasse revenir sur le tapis bien des choses qui ont été faites à Montréal depuis la promulgation de la Constitution JAM DUDUM, et qu’on n’aime pas: à nous, au besoin, d'expliquer, de défendre, de protéger la belle position acquise, qui assure notre paix,

le plus grand bien de notre jeunesse, et le déve-

loppement naturel des vrais intérêts de l’Uni-

versité catholique dans notre pays.

“ Vous ne pouvez blâmer cette démarche, “ puisque vous persistez à soutenir que vous n’a- ‘“ vez pas perdu du temps en prenant quatre “mois simplement pour faire approuver le projet de votre loi.”

Je ne saisis pas très bien le puisque de cette phrase, c’est-à-dire la saison pour laquelle nous ne pouvons pas blâmer cette démarche, et je comprends encore moins la persistance que l’on met à soutenir que j'ai perdu du temps.

‘“ Veuillez, je vous en prie, ne plus répéter 66 l’insinuation que je ne vous exprime pas mes idées quand je vous écris.”

Son Eminence fait allusion à la phrase sui-

rante que je lui écrivais dans ma lettre du 21 octobre : “ Nous entendre ! vénéré Seigneur, #il n'y avait dans cette affaire que Votre Eminence et nous, il y aurait déjà longtemps; j'en suis persuadé, que l’entente serait complète.”

Il n’y a pas là d’insinuation, j'ai dit clairement ce que je pensais. Et, je lai dit, non pas

pour peiner Son Eminence, mais bien pour adou-

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