‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 118 sur 163 · H. Dagonet. Traité des maladies mentales, p · texte numérisé non relu

H. Dagonet. Traité des maladies mentales, p

Observation II (personnelle).

(Service de M. Dubuisson).

T.. . , 28 ans.

Antécédents héréditaires. — Rien de connu du côté des grands parents. Père nerveux, déséquilibré. Mère ? Une sœur bienportante. Rien chez les collatéraux.

Antécédents personnels. — Convulsions à 2 ans, et à 10 ans (?) Rougeole. Fièvre typhoïde à 15 ans. Depuis, toujours sujet à des troubles céphaliques d’apparence congestive (céphalée, visage vultueux, cris nocturnes) qui nécessitent des soins continus.

Etat cérébral habituel : intelligent, bonne instruction primaire Reçu à l’Ecole Lavoisier, en sort brusquement» par un coup de tête ». Très insubordonné, vaniteux, n’acceptant ni ordres ni conseils. Affectueux. Pas d’excès' alcooliques ni vénériens.

Histoire de la maladie. — Depuis 1891, idées vagues de persécution, on lui en veut, on le suit dans la rue, on cherche à empoisonner ses aliments. Accuse tout le monde, même ses proches. Se calfeutre dans sa chambre. Coexistence d’idées de grandeurs. Des accès d’excitation avec cris. En 1893, hallucination très actives de Ppdorat, avec réactions de défense (fait brûler du papier, etc.). Gilffe un brigadierdepolice. —11 entre alors à l’Asile en plein état d’exaltation délirante, avec insomnie.

A ce moment, désarroi intellectuel complet, mobilité très grande des conceptions, qui sont tour à tour, et par bouffées, mélancoliques, hypocondriaques, et surtout de persécution et de grandeur.

Etat actuel. — Depuis cette époque le malade est continuellement dans l’état suivant, sans qu’on puisse constater des rémittences ou d’exacerbations.

Ce qui frappe le plus c’est l’attitude affaiseee et 1 immobilité complète. Assis, le malade a le dos absolument courbé, la tête presque sur les genoux. Couché, il se ratatine dans son lit. Debout il reste dans cette position bizarre Mes membres inférieurs complètement repliés, les mains collées aux genoux, le dos courbé en deux, la tête aussi tout près du sol. Cette position, malgré la fatigue qu’elle devrait occasioner, dure des heures, des journées entières.

Quand on relève le malade, on trouve un corps élancé, grêle. Le crâne est normal. Oreilles petites, non lobulées. Oents irrégu- ^ères comme implantation. Le faciès, anémique, est douloureusement tiré, rigide, sans la mollesse des physionomies démentielles. 11 paraît beaucoup plus vieux que l’âge ne le comporte. Les sourcils sont contractés, les orbiculaires des paupières en spasme constant. Il faut vaincre leur résistance pour voir les pupilles qui sont inégales, la gauche légèrement plus grande» â réactions paresseuses. Yeux chassieux.

Dès le premier abord, on voit que la conscience est profondément troublée, comme dans un état de sommeil ou de rêve. Le malade ne répond pas à l’appel de son nom, ni aux invocations les plus fortes. Isolé dans son coin, il est indifférent à tout, ne voit rien, n’entend rien. Attention absolument impossible â provoquer. L’idéation semble nulle, la physionomie conservant constamment le même masque. Pas d’hallucinations apparen. les. Pas d’anxiété. Sommeil bon.

Activité volontaire nulle. Aucun soin de toilette. Ne cherché même pas à se faire comprendre. Mutisme absolu, sauf quelques rares grognements. Grande résistance passive; ne change de place que quand on le pousse. Les muscles sont tendus, ils résistent à tout mouvement qu’on veut leur imprimer. Léger degré de catatonie.il n’existe que quelques mouvements automatiques, en nombre très restreint et toujours les mêmes (préhensions des aliments préalablement coupés, coups de poing brusques aux infirmiers qui l’habillent).

Alimentation normale. Respiration ralentie superficielle. Pouls lent, petit, contracté. Peau sèche, à température abaissée Mains humides, légèrement cyanotiques. Nez rouge constammenthumide. Sensibilité cutanée extrêmement diminuée dans tous ses modes.

Gâtisme. — Le malade se laisse aller sous lui complètement. De jour comme de nuit. N’avertit jamais.

CIIAinTRE II

LE Gâtisme dans les états démentiels.

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