‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 125 sur 163 · Magnan et Sérieux, ioc. eit., p · texte numérisé non relu

Magnan et Sérieux, ioc. eit., p

péüt est vorace et renf/raissenient rapide, le malade rassurait encore les siens par des protestations optimistes sur l’état de sa santé et de ses forces! — Il se laisse aller franchement, sans réticence, le sourire aux lèvres queh{nefois. Les reproches il les écoute silencieusement, dans une attitude de soumission j)uérile ; ou il y demeure tout à fait indillerent, comme s’il s’agissait d’un autre ({ue lui; ou encore il se prend d’nn lumsque mouvement de colère; d’autres fois, plus inconscient encore, il éclate tout simplement de son rire niais

Quelques causes psychiques spéciales. — A côté des causes d’ordre général, il est un certain nombre d’états particuliers de la conscience qui nous semblent à invoquer, comme favorisant l’éclosion d’nn gâtisme précoce dans des cas relalivement nombreux ;

1° C’est d’al)Oi‘d VrUat passager^ de confusion ({ui exagère d’une manière très appréciable rinipossil)Ilité. pour le malade de toute opération psychique, véritable état crépusculaire. Par exemple à la suite d’une fièvre infectieuse, meme bénigne, intercurrente ; ou même, cas infiniment plus fréquent, quasi-physiologique, le matin an réveil, ou la nuit, dans les cas de demi-sommeil. Aussi l’incontinence apparaît-elle tout d’abord la nuit;

2"^ Citons aussi ces accès à’anæiclé à , développement brusque, fréquents chez les paralytiques, où l’émotion intense produit les elfets étudiés plus haut.

C’est souvent à l’une de ces deux causes qu’est due l’intermittence, l’épisodisme réel de l’incontinence sphinctérienne.

Observation III (personnelle).

(Service du professeur JoITroy).

Alberline G..., allumettière, 21 ans.

AntécèdenU héréditaires — Père mort à 38 ans, phtisique. Alcoolicpie chronique. Syphilis (??). Un oncle paternel mort phtisique. Mère. 4i a[is, sujette aux migraines. Une tante maternelle, héhéphrénique pendant G lîiois, à l’age de 16 ans.

Antécédents personnels. — Née à terme. Fort maltraitée en nourrice. N’a marché qu’à 21 mois. A 18, adénites cervicales suppurées. Propre depuis l’âge oe deux ans. Etant toute petite, il fallait se lever deux ou trois fois par nuit pour lui faire faire ses besoins, mais elle appelait toujours. Même étant plus grande, elle se levait au moins deux fois chaque nuit. De 2 à 7 ans : rougeole, scarlatine, fièvre muqueuse, érysipèle. Intelligence normale. A pu apprendre à lire et à écrire. Entre, à IG ans, dans une fabrique d’allumettes où elle travaille à l’emboitage. De 16 à 20 ans, gingivites pliosphorées très fréquentes. Ne semble pas avoir eu la syphilis : aucun stigmate.

Histoire de la maladie. — Début à l’âge de 21 ans, par une hémiplégie droite survenue sans perte de connaissance, a la suite d’une forte céphalalgie. Elle dure deux jours et se dissipe complètement. Six mois après, une seconde attaque survient, semblable à la première. Depuis un an, à chaque époque menstruelle l’hémiplégie se reproduit, dure quelques heures, un jour ou deux, puis disparait.

Depuis la [)remière attaque d’hémiplégie, sa mère s est aperçue d’un affaiblisse ment lent et progressif des facultés intellectuelles, en môme temps que la parole est devenue traînante, légèrement embarrassée.

En décembre 1896, appparition d’un accès délirant à forme mélancoliciue. Refus d’aliments, craintes d empoisonnement. Cet accès ne dure que quelques jours.

Puis, autre marotte : ella a mis au monde une petite fille, qui s’appelle Albertine, et chaque jour elle répète : a Hier, j’ai eu une petite fille » (Mars 1897).

Entre à l’.âsile clinique (Avril 1897).

Etat mental. — L’allaiblissement intellectuel domine tout. Raconte sur un ton niais et plusieurs fois, sans s’en rendre compte; les mêmes laits, qui n’ont aucun rapport logique entre eux ; 11 s’y mêle des idées absurdes relatives à l’enfant qu’elle a mise au monde hier. La mémoire ne paraît pas profondément atteinte : elle sait son âge, la date du jour, l’adresse exacte de sa demeure. Elle parait avoir quelques illusions auditives : entendant un léger bruit dans la pièce voisine, elle crie : Papa et maman sont là, Eugène aussi !

L’état cénesthétique est plutôt gai ; la malade est contente, heureuse de vivre, ce qui se manifeste sur son visage béat, souriant, coloré, légèrement’congestionné même.

Etat physique . — Parole tremblante et embarrassée. Prononciation tantôt lente, chantante, tantôt précipitée etembrouillée. Scansion. Tremblement de la langue et des lèvres. Démarche lente, difficile ; grande dilficulté à se tenir sur ses jamhes, souvent cliutes. Rétlexes rotuliens exagérés, clonus. Pas d’inégalité pupillaire. L’examen des réflexes pupillaires a été tenté, mais sans succès, vu l’impossibilité de fixer l’attention.

Gâtisme. — En décembre 189G, étant en traitement à la Salpê- Irière, pour son accès mélancolique {anxiété)., elle urine deux fois sous elle, dans la station debout. Revenue deux Jours après chez elle, quoique restant encore debout la plus grande partie de la journée, elle ne gâte plus.

Huit jours après, l’incontinence urinaire reprend, à l’occasion d’un accès de (lèvre (?) avec frisson, claquement de dents, qui la force à rester au lit. Le gâtisme ne se produit alors que deux lois, à 2 ou 3 jours d’intervalle : la première fois, c’était juste le deuxième jour de son alitement: ce jour là, ■•il y avait état (Eamdétè remarf[uable, et peurs réitérées, on ne sait pour quel motif. Elle se rend compte aussitôt après, de sa malpropreté, soulignée par les reproches de sa mère, et promet de ne pas recommencer.

Une autre lois, troutde intellectuel, elle urine sous elle étant assise : elle se figurait être sur un seau hygiénique ! 11 est vrai de dire que sa mère était attentive à tous ses besoins, exprimés d’une certaine manière (frictions du ventre).

Puis, amélioration : la malade redevenant plus active, ne gâte plus, quoique toujours levée.

Le. 28 mai. — Une crise d’excitation nocturne (sent son lait

monter dans ses seins), chante, crie, sans que se produise d’incontinence.

Aujourd’hui, à VAsile^ le gâtisme est devenu permanent. Elle se laisse aller complètement sous elle ; n’appelle jamais.

Observation IV (persouxLelle).

(Service du professeur Joffiroy).

Ernest M.., 36 ans; employé de commerce.

Antécédents héréditaires. — Père mort d’une maladie de foie. Mère, 50 ans bien portante. Pas d’aliénés ni de nerveux dans la famille (??). Une petite fille de 6 ans 1/2 bien portante.

Antécédents personnels. — Pas de renseignements sur sa jeunesse. Marié à 28 ans. Bon époux, un peu jaloux, se monte la tête facilement. Toujours soucieux, scrupuleux. Peu de conversation sur ce qui n’a pas trait à sa profession. N’a jamais présenté des symptômes de syphilis, au dire de sa femme. Pas de céphalées. Pas d’acoolisme.

Histoire de la maladie. — Changement de caractère en 1894. Devient triste, sombre, préoccupé de sa santé. Affaiblissement progressif de la mémoire (1896). Amnésie antérograde. Se rappelle au contraire tous les souvenirs passés. S’embrouille quelquefois dans son jeu de cartes ou sa conversation. Dans sa profession cependant, on ne s’aperçoit de rien d’anormal.

30 décembre 1896. — Une crise d’étouffement nocturne (?) avec anxiété, cyanose, sans cause connue. Le gâtisme urinaire apparaît au plus fort de l’anxiété, sans qu’il s’en rende compce au moment même. Va lui-même aux cabinets pour la défécation. Mis au traitement mixte. La journée du 30 est normale. — Nuit du 30-31 : A 3 heures du matin, début d’un nouvel accès d’anxiété, cyanose, etc. Gâtisme urinaire seulement nocturne, et seulement une fois. — Le 31 : reste couché. Se laisse aller deux ou trois fois dans la journée. — Nuit du 31-le'- janvier. Gâtisme urinaire, inconscient. Le traitement mixte est continué. — l®-^ janvier. Le malade demande le bassin à partir de ce moment.

Le délire commence alors (appoint alcoolique passager ?). Il a des ennemis, des chefs de bureau qui lui en veulent. Halluci-

nations visuelles. 11 voit, toujours au même endroit, au plafond, des araignées, des brouillards, de la fumée. Hallucinations auditives. Parle, répond à ses ennemis. Mais on ne comprend déjà plus ce qu’il dit. Pas de refus d’alimentation. — Il se remet le 15 janvier et peut sortir, mais il ne reprend pas son travail. Continuation du traitement.

La démence progresse alors, il se trompede chemin, se trompe de porte. Prend de temps en temps quelque menu objet d’alimentation. Non gourmand cependant.

Le 14 mai, une nouvelle crise d'anxiété comme la première, mais sans hallucinations. A 4 heures du matin, il laisse échapper, ses matières fécales, puis se rendort. Sa femme l’en fait apercevoir à son réveil. 11 se fâche, sanglote. — Reste alors quatre jours couché dans un état de somnolence. Pas de paralysie, sauf la langue qui ne remue pas. (Abolition complète du sentiment, de la volonté) ; serre les dents quand on veut l’alimenter ; à ce moment, gâtisme fécal après une constipation de quatre jours, suivie de purgation. Le gâtisme urinaire apparaît, après rétention de 30 heures environ ; pas de cathétérisme. Urine enfin tout seul comme auparavant. Amaigrissement considérable. — Au sortir de son demi-coma, la démence a fait des progrès énormes. Quelquefois, il demande le vase, quelquefois il se fait dessous, soit couché, soit debout. Un jour même il urine contre le mur. Etait alors agité. Voulait sortir, prendre le train. On fut obligé de le tenir. Incohérence des propos, mais pas d’hallucinations.

C’est alors qu’il entre à l’Asile, complètement malpropre.

Causes orgaiiiciiies ; Parésie, paralysie spliiiieté-

rfeiiiie. — A côté de ces motifs d’oriqiiie psychique, se ranqent, sur uii même ])laii, des causes purement orqaniques, en premier lieu raHaiblissement général des forces musculaire'. Si l’on a pu le comparer de tous points aux affaiblissements de toutes les alfectioiis chroniques (1), pour la plupart des auteurs, au contraire, il

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