Christian. c/e.sr troubles musculaires dans la par a
hjsie générale des aliénés. Ann. Med. — Ps., 1879, p. 32.
est très spécial et caractérise la démence paralytique (les exaltations du début mises à part). Pour Descourtis (i), (recherches au dynamomètre Mathieu), les forces sont diminuées, le plus souvent, dès le début (Moyenne : M.D : 34,7, M.G : 30,2; au lieu de M.D : 54,3, M.G : 47,1, chez riiomme normal). De plus, la déchéance physique ne suit guère une marche continue, que dans les cas d’attaque apoplectiformes ou épileptiformes. Les mouvements reviennent alors peu à peu, après la paralysie post-cristique. Mais d’ordinaire, la puissance dynamométrique subit des oscillations considérables. On serait tenté de croire, a priori, que les accidents de gâtisme ne sont dus qu’à une impuissance générale de l’organisme, dès que l’abaissement des forces est arrivé à un certain degré ? Il n’en n’est rien. Les malades deviennent et restent incontinents pendant des années, bien que leurs forces demeurent à un taux assez élevé. D’autres, au contraire, gardent très bien leurs matières, qui n’ont presque plus de force musculaire. — Au fond, il ne faudrait point s’exaqérer l’importrince de cet allaiblissement, de cette « fonte paralytique ». Môme la mort par cachexie pure et simple est plutôt rare (Arnaud) (2).
Aussi le trouble peut-il être ([uclquefois rapporté, à une de ces altérations neurales, que l’on entrevoit aujourd’hui: le neurone sensitif, le neurone moteur peuvent
1. Descourtis. De Vêlai des forces chez les paralyliciues généraux, Ü Encéphale, 188L p. 47.
2. Arnaud. Sur la période lerminale de la paralysie générale elsurla morl des paralyliques généraux. Arch. Neur. Juin,
être touciiés>, eehii-cii primitivement mi seconda'irement an trouble sensitif, et tous- deux conditionnent le troublé vésical. Ouant. à r'expiication de Fépisodisme, on p^nirrait la trouver dans ce que* De Massary (1) dit des paralVsies tîdiétiques épltémères. Grâce aux divisions' des cylindres axes: et aux coliaté raies, Ibs neurones- moteurs recueil^ lent de nomJrreux neurones leur excitation fonctioTHiielle. Gomme il arrive pour les- irrigations supplémeu'taires (bins les liqatures artérielles, le courant se rétablit peu à peu par les voies collatérales, et les phénomènes paralytiques 4lisparaissent.
Ouoi qu'il en s^>it, Tobservation suivante va nous montrer le trouble sphinctérien apparais^sant d^ine manière précoce, eu rabsence de tout autre troul)Ié paralytique, et par suite d’une intéressante ap[)lication à la détermination d’iiu diagnostic hésitant.
Observation V (personnelle).
Ernest F..., 59 ans, employé de pharmacie.
Antécédents héréditaires, — Père nerveux, mort accidentellement. Mère nerveuse, morte sénile. Frère mort subitement a 57 ans. Une fille morte en 1887, de la fièvre typhoïde.
Antécédents personnels .. — Pas <le renseignements sur la première enfance. Toujours maladif, mais pas d’afièctions graves. Irritable. Pleure lâcilement. Très intelligent. Excellent employé, ne faisant jamais d’erreurs dans ses nombreux calculs. Pas de syndrôme psychique de dégénérescence.
Céphalées au moins depuis 20 ans, diurnes irrégulières. Bronchites répétées. Transpirations céphaliques.
1. De Massary. Ze Tabes dorsalis^ dégéyiérescence du proto neurone centripète, Th. Paris, 1806, p. 113.
. 1 litre i/2 de vin par jour, et c’est tout. Pas de signes .d’éthylisme. A ôté soigné pour une gastrite dont la cause est inconnue- — Ûn affirme qu’il n’a pas eu de syphilis- — Chagrins de famille; mort de sa fille en 1887. Inconduite de son fils.
Hisiowe de la maladie. — Dès octobre 1896, légères absences de mémoire et une certaine bizarrerie de manières. Collectionne des images, et les cache dans des coins, pour gagner beaucoup d’argent avec, dit-il quelque temps après. Les idées de grandeur battent alors leur plein ; exubérance, gaieté continuelle, en même temps qu’irritabilité croissante. 11 va débuter au théâtre, on entendra parler de lui. Une fugue, sur laquelle il ne veut pas s’expliquer.
— A l’Asile (27 avril 1897) il se présente en étatde légère excitation maniaque, (lacération de vêtements, cheveux en désordre). La parole est facile, les réponses aux questions ordinaires^ assez sensées d’abord, mais la mégalomanie apparaît bientôt. Il est poète, quand ça lui plaît. Il a envoyé à un journal 100.000 francs, que son père lui a laissés. Il a gagné 35.000 francs dans Ve journalisme, touchera 100 francs par jour à copier des adresses. Est chevalier de la Légion d’honneur, ;pour ses antionsd’éolat. Va se marier demain. Est robuste, invulnérable comme Achille. Entrecoupe le tout de chants, de tirades emphatiques, qu’on dirait apprises par cœur. Impossible alors de l’interrompre, emporté qu’il est dans des considérations politiques, scientifiques, érotiques surtout, dont l’incohérence ri’estpas toujours très sensible.. Entremêle des mots anglais, allemands. Répond oui à toutes les questions indistinctement, en les amplifiant dans le sens de l’interrogation. Inconscience partielle de sa situation ; se sait h Sainte-Anne, mais en ignore les raisons.
. Le diagnostic de démence se ratifie parles troubles deia lecture et de l’écriture (quelques mots passés, confondus de ci, de là), du calcul, exact en général mais omission complète des chiffres de retenue). Jugement erronné. Mémoire affaiblie pour les faits, les dates, contradictions, absurdités énormités. Perte des sentiments affectifs. — Le diagnostic de démence sénile paraît probable : motilité normale ; réflexes tendineux légèrement exagérés ; pas de troubles de la parole (mots d’épreuve prononcés normalement) ; tremblement des mains extrêmement peu aeeentwé, presque nul aussi à la langue. Ecriture à peine troublée ! inégalité pupillaire seulement très légère (D>>G). Réflexes
pupillaires existent des deux côtés, quoique très faibles. Sensibilité normale.
Gâtisme. — A été noté avant l’entrée, le 8 février pour la première fois.
Subitement apparaît la pollakiurie, miction nécessaire toutes les 1/2 heures. Alors, il arrive de plus que, chaque fois qu’il a besoin et veut prendre le vase, il se sent subitement mouillé. Et cela, de jour comme de nuit.
Notons qu’il y a quelques années, à deux reprises différentes miction nocturne, involontaire, suivie de réveil immédiat (Pas de phénomènes convulsifs). Le fait ne s'était jamais reproduit.
Quelques jours après l’entrée du malade à l’asile, le gâtisme est signalé comme complet.
Mort en l’espace de quelques heures, par attaque apoplectiforme (le 11 mai 1897).
Résumé de Vautopsie. — Athérôme basilaire, cérébral. Diminution de poids des hémi.sphères. Adhérences corticales, prédominant sur les circonvolutions frontales, surtout la première; quelques-unes temporales. Dépoli, granulations ventriculaires. Pas de lésions médullaires à l’œil nu. Tuberculose pulmonai re. Reins scléro-kystiques. — Diagnost. : Paralysie générale.
Péjlexions. — Une incontinence urinaire aussi précoce, apparaissant bien avant les troubles démentiels et consciente dès son apparition, paraît bien relever dTine véritable paralysie nettement localisée au tonus sphinctérien (motricité normale, puissance dynamomé trique conservée). Nous croyons qu’un afïaiblissernent aussi rapide et aussi prononcé pourrait être d’une importance diaqnostique assez forte, précisément dans les cas, comme celui-ci douteux entre la démence sénile et la démence paralytique.
Incoittiiieiice d’urine |»08t-réteiitioiiiielle. — L’incontinence {)ent enfin provenir de la rétention, fréquente chez les [)aralytiqnes généraux (incontinence par regorge-
ment). Cette rétention survient fréquemment, tout symptôme paralytique mis à part, comme résultat de la simple i nattention^ qui accompagne les démences déjà profondes^ et qui subit di ailleurs des oscillations notables d’un jour à r autre. Il est vrai qu’il faut aussi tenir compte de l’excitabilité réflexe, souvent diminuée dans ces cas.
Les attaques apoplectiformes peuvent naturellement s’accompagner de tous les troubles vésico-rectaux étudiés à propos des comas.
liicontinence an»le posC-diarrhéiciiie. — De son
coté l’incontinence anale est souvent suscitée par certains accès épileptiformes, qui amènent à leur suite des Ilux aqueux alvins.
Bien souvent dans ces cas, le toucher rectal montrerait l’atonicité du sphincter (i).
RÉMISSIONS. — A la question du gâtisme se rattache de très près la question si discutée des rémissions. A côté des cas de paralysie générale qui se prolongent un temps très long, en restant dans le même état, il en est d’autres, en effet, où la longue durée de l’affection repose sur l’atténuation des symptômes morbides, ici des svmptômes délirants, venant ainsi compliquer le problème de la guérison de la paralysie générale. Mais il est des rémissions même dans les formes dementes et précisément ces rémissions se jugent par l atténuation des svmptômes moteurs, et du gâtisme en particulier. G est que, sans doute, les phénomènes congestifs disparaissent,
1. \V. Bewan-Lewis. A Texl-Book of mental diseuses. London, 188Ü, p. 285.
les lésions inflammatoires se localisent, les parties du’ cerveau restées tm redevenues saines suppléant au fonctionnement des parties atteintes par une lésion définitive (Voisin) (1). Bien entendu, presque toujours cette quéri~ son n’est qu’apparente.
Sans rechercher quels sont les troubles qui persistent pendant cette période de rémission, point encore en litige, il semble que rincontinence soit précisément un des phénomènes dont la rémittence est la plus nette. Ainsi du moins va nous le montrer la malade suivante, étudiée déjà par Ecart (2), et chez laquelle on peut véritablement [larler d’un gâtisme épisodique.
Observation VI (personnelle).
(Service du professeur Jofl’roy).
Marie H..., 40 ans, tai lieuse.
Antccédenls héréditaires . — Grand-père, saturnin, 'mort à 48 ans. Grand’mère, morte asthmatique, à 51 ans. Père, 78 ans,, hémiplégie post-apoplectique ; alcoolique. Jamais de délire. Mère, 76 ans, goitre, non nerveuse. Deux frères, fun de 50 ans^ bien portant, l’autre mort à Villejuif, h 49 ans, de paralysie générale, Deux sœurs. P 48 ans, bien portante, 2° 42 ans, bien portante. Tous ont eu des convulsions dans l’enfance.
Antécédents personnels. — IVée à term'e. Nourrie au sein par sa more pendant 14 mois. Convulsions au moment de la dentition. A 8 ans, elle a reçu d’une camarade un coup de pierre sur la partie osseuse du nez qui présente depuis la déformation qu’on observe aujourd’hui. A appris facilement à lire et à écrire (?). Toujours taciturne,