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Cellules de la névroglie

Développement des cellules de la névroglie. — Origine des cellules de la substance grise et de la substance ])lanche. — Leurs relations avec les autres éléments de la moelle et entre elles. — Comparaisons avec d'autres tissus d’origine épithéliale présentant des diiïérenciations.

Aous terminerons notre recherche sur le développement des éléments propres de la moelle, par l’étude de l’évolution des cellules de la névroglie ; mais avant d’aborder cette étude, il me parait nécessaire de donner une rapide description de la névroglie, afin d’éviter qu’il ne se produise de confusion dans l’esprit des lecteurs.

On sait que la moelle est pénétrée par de gros tractus venant de la pie-mère, qui divisent la substance blanche en une série de segments triangulaires, ces tractus pénètrent en s amincissant jusqu au voisinage de la substance grise, ils émettent à droite et a gauche des tractus plus fins, qni limjj^t des petits îlots de tubes nerveux. Mais entre ces

(1) Accroissemcnl eu longueur des tubes uerveux par la formation de segments intercalaires {Archives de physioloqie norm. et palh 1883)

P Axel Key et Uetzius, Stndien in der Anatomie des Nervensystems Ard). f. micr. Anat., 1873, t. IX, p. 3ô'J). ‘

tubes i\ervGiix et clans la substance grise, ^ trouve une substance découverte en 1881 par KeulTel (1) et qui a reçu de Virchow (2) le nom de névroglie; sa nature véritable a été, depuis cette époque jusqu’à nos jours, le sujet de nombreuses et intéressantes discussions.

Pour les uns c’est une substance semblable au ciment intercellulaire des épithéliums (Waltlier) (3) ; pour d’autres un tissu formé de mailles très fines pourvues de noyaux et analogue à celui de la rétine (M. Schutze) ; pour quelques-uns une substance amorphe, finement granuleuse, n’étant pas de nature conjonctive (Cli. Robin) (4). Tandis que Gerlacli (o) pense (jue la névroglie est formée de libres analogues aux fibres élastiques, Ilenle et Merkel (G) pensent qu’elle est composée par du tissu conjonctif ordinaire.

Enfin en 1865, Deiters démontra que la névroglie n'est jias formée par des cellules composant par la réunion et la soudure de leurs prolongements un réseau comme l’avait soutenu àl. Schutze (7), mais qu’elle est formée de cellules ayant un protoplasma peu développé et de nombreux prolongements très délicats, ramifiés plusieurs fois dans toutes les directionsq^^s cellules ressemblent à une araignée munie de longues pattes grêles, d’où le nom de cellule araignée que lui donna Jastrowitz (8). RindOeiscli (9) avait précédemment décrit et figuré cette cellule dans la moelle sclérosée (10).

(1) Keuflel (Hoirs Arch., 1881).

(2) Virchow, Ucl)cr cine im Gchirn uiid Riickcninark gefuudenc Suhstanz mit der chem. Reaction dcr Cellulose (Avch. f. palhoJ. unni., t. VI, 1835.

(3) Walther, Eine neue .Méthode dcr Untcrsuch. des centralcn Nervcnsystems (Med. Cenlralblall, janvier 1865).

(4) Ch. Robin, Anatomie et phijsiolo(jie celiiilaires. Paris, 1873.

(.5) Cerlach, Von dcin Rückenmark (Strieker’s Handbuch d. Gewebs, t. I, p. 605).

(6) Ilenle et Merkel, ücher die sogenantc Rindsubstaiiz der centralorgans des Nervcnsystems (Zeitschrift f. rat. .Med., 3^^ série, XXXIV, p. 4D).

(7) ,M. Schutze, Ohscrvationcs de' rctinæ structura penitiori (Bonn, n® 50).

(8) .lastrowitz, Studien üher die Enccphalitis und Myelitis des ersten Kindcsaltcrs (Arch. f. Psijch., t. Il, 1870, et t. 111, 1871).

(9) Rindlleisch, Ilistologisch Detail, etc. (Mrchow's Arch., 1863, Bd XXVI, p. 474).

(10) Voir, pour plus de détads : 1° pour les travaux cyntéricjjLi‘.i jLJjS65, l’introductiou historique du luéinoirc de Deiters; 2° les traités dt^Stricker

CELLULES DE Lk NÉVROGLIE. 1-1

Boll (1), de son côté, dans le travail que nous avons analysé en partie plus haut, considère les cellules de Deiters comme un type persistant d’une forme de tissu conjonctif embryonnaire ; pour lui les prolongements de ces cellules ne se ramifient jamais et renferment entre eux une substance finement granuleuse semblable au givre. Ces gianulations, d’aprèsj&olgi (2), seraient dues en grande partie à une transformation post mortem des prolongements des cellules de Deiters.

Dernièrement Ewald et Kuhne (3) introduisirent une nouvelle notion dans la science sur la nature de la névroglie, et quoique Weber et Waldstein aient tenté de démontrer que les faits sur lesquels s’appuyaient ces auteurs étaient faux, elle n’en est pas moins soutenue de nos jours par des histologistes distingués, qui s’appuient, il est vrai, sur des raisons plus solides que celles qui avaient servi de base à Ewald et Kuhne.

Ewald et Kuhne avaient cru remarquer que la névroglie était réfractaire à la digestion par la tripsine, d’où ils concluent ; « Ce que l’on considère comme le tissu conjonctif de la substance grise n’est en partie ni de la substance collagène, ni du tissu conjonctif. Cette substance est de nature épithéliale et est certainement provenue du feuillet corné » (p. 6G1). Weber et Waldstein (4) reprirent les expériences de Kuhne et Ewald; ils virent que les fibres de la névroglie se dirigèrent plus rapidement par la tripsine que Jea prolongements de la pie-mère dans l’intérieur de la moelle.

Ainsi se trouve renversée, du moins dans les points oi'i

ot (le Schwalbe; 3° une excellente étude critique de Gombault [Revue rfe.< opinions sur l'anal, normale de la névroglie) dans les Archives de physiologû norm. et pnth., 1873, p. 459.

(1) IJoll, Die Ilisiologie und Histogenèse der Nervosen Ceutralorgan [Arch. /'. Psychiatrie und Nervenkrankeit, lîd IV, 1873).

(2) Golgi, Arch. per le scienze mediche, 1881, p. 222.

(.3) Ewald et Kuhne, 1° DieVerdauuugals liistologische Méthode (Fer/innc/, des natur. hist-medicmischen Vereins zu lleidelbero^ 1877. p 4.51 h

20 üebereine neuen Beslandtheil des Nerve?isystcms, ibid.,' p. 457.

30 Küluie, Kurze Anteitungzur Verwandung derVerdauung in der Gewehs- Analyse, ibid., t. I, 2o cahier.

(4) Weher et W aldstein, Études histochiiniques sur les tuhes nerveux myéline [Archives de physiologie norm. et path., 1882'.

systiHie nerveux cérébro-spinal.

elle s’appuie sur la digesLioii par la trypsine, riiypoLlièse (rEwald et Kiiline ; mais nous voyons peu de temps après cette opinion être reprise du moins en partie par llenaul, qui considère ces cellules et leurs prolongements, -du V \ moins chez la g’rande lamproie et l’ammocète, comme / lointainement analogues aux cellules du corps muqueux; il dit aussi qu’elles restent en rapport avec les cellules de . répithélium èjpendym^^ déjà admis pour les cellules ; épendymaires des vertèbres .par Kœlliker, Gerlacli et Jas- Irowitz.

M. llanvier(l) les compare aux cellules de soutènement de la rétine. Cet auteur a démontré en ellct, en 1882, que la névroglie de la moelle est formée par des cellules rondes ou polyédriques, formées par un noyau et un protoplasma, d’où paraissent partir de nombreux prolongements non ramiliés ; j’ai dit d’où paraissent partir, car M. 11 anvier fitvoir que ces prolongements sont en réalité des liljres de toute longueur noyées au sein d'un proloplasma cellulaire, qui s’étend entre elles comme une membrane interdigitale, lorsqu’elles se trouvent au voisinage du noyau. Cette disposition fait, comme le remarque M. llanvier, que Deiters et Boll avaient tous les deux raison, puisque d’un coté « les prolongements des cellules correspondent en réalité à des fibres qui traversent les cellules et ■A que d’autre part ces prolongements correspondent souvent ^ à deux ou trois libres entourées d’une gangue protoplas- A ! mique commune, mais qui bientôt se séparent en s’en dé-

g;ag;eant » [loc. cit., p. 181).

UISTOIUQUL DU DÉVKLOPPEMKNT.

Autant que nous avons pu nous en assurer, le premier histologiste qui se soit occupé du développement des cellules de la névroglie est llesser (2). D'après lui, les cellules de la névroglie constitueraient presque seules, au moment de la naissance le cerveau et le cervelet; elles seraient formées alors par un noyau de la périphérie duquel parti-

(1) Raiivier, De la névroglie {Arch. de })h>jsiolo(jie nonn. et path., 1883, p. 177).

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