F. Régnault. Loc. cit
leurs complets (Bigot) (1). Rien de plus commun, chez eux, que de commencer à gâter et à se salir lorsqu’un des compagnons d’asile fait de meme.
De pins, la représentation cérébrale an lieu d’étre provoquée par l’acte même, peut l’être par un symbole conventionnel: le langage ou l’écriture, le langage surtout. Dans ce dernier cas, la suggestion joue ce laMe énorme qu’entrevoient aujourd’hui les psychologues. Sans doute, l’aliéné, comme les enfants on les faibles d’esprit, sera moins inllnencé par le symbole que par l’acte lui-même. Il n’en est pas moins vrai, ([ne le seul fait de demander au gardien devant le malade s’il a gâté on non, peut non-seulement lui en susciter l’idée, mais même lui suggestionner de le faire.
Bar les ACTES D’EXAGÉRATION, l’aliéné reproduit en leré[)étaut, en ramplifiant involontairement (mictions, défécations pins nombreuses, barbouillage [)lus intense), l’acte d’imitation.
inversement, nous trouvons I’aCTE D’OPPOSITION. Ici l’indiv.du accomplit un acte inverse, sans raisonnement. Cet esprit d’opposition, souvent noté dans le vulgaire, n’a encore, malgré son intérêt, fait l’objet d’aucune recherche sclentin([ue. Chez les aliénés, il acquiert une fréquence vraiment extraordinaire, bien connu de tous ceux qui ont vécu quehjue peu dans les asiles. Cuislain (2) a souligné, cette folie (Vopjiosltion sifsténiatiiiue . « Certains
1 . V. Bigot. Dea 'périodes raisonnantes de V aliénation mentale^ Paris, 1877, p. 3<J8.
2. Guislain. Leçons orales sur les phrénopathies. Gand, 1852, T.
« fous sont d’une opposition dont on ne peut se faire une « idée quand on ne les a pas vus. Il faut les [)lus grands « elforts pour les déterminer à changer de linge. Ils refu- « sent de se coucher dans leur lit, s’étendent sur le plan- « cher, sur le carreau. Ils ne veulent pas se laver. Ils « s’exposent, tete nue, à une pluie battante ». Et nous ajouterons : Il suffit qu’on leur facilite les moyens d’être propres pour qu’ils se laissent aller sous eux. (iotard (1) a montré la valeur de toutes ces résistajices systématiques, dans le délire des négations, en particulier. M. le professeur Joffroy (2), a insisté, dans une de ses leçons, sur cette résistance continuelle, cet entêtement vraimejit extraordinaire que présentent certains dégénérés.
Opposition, imitation, tous ces processus se distinguent ici des actes réflexes en ce qu’ils sont spontanés, et des actes psychiques suj)érieu.rs en ce qu’ils ne sont pas libres. Ces derniers dominent, bien entendu, toute la classification; ce sont les actes véritablement conscients, les actes volontaires.
de l’individu. — Or, à propos de ces actes volontaires, une des premières questions qu’il faille
nous i)Oser est celle-ci: comment expliquer l’apparition
d’un symptôme aussi dégradant pour la nature humaine, et pour employer rexjiression de Schüle, d’un symptôme aussi sauvage, aussi soiis-hiimcua?
Il serait intéressant, transportant ces faits au-delà des investigations pathologiques proprement dites, de relier