‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 140 sur 163 · Magnan el Legrain. Les Dégénérés, p · texte numérisé non relu

Magnan el Legrain. Les Dégénérés, p

simple, et Jioii une (‘xeilalioii (lélait (le paralysie (jénérale, tente, etc.

inania(pi(‘ de (l(‘(j(!‘m“r(‘, nn mi stade de la folie interinit-

Kéméiolo(|ie. — Dans ces états où la suractivité céré- ])rale est extrême, on l’attitnde du sujet se modifie à chaque minut(‘ sous l’iiiilueuce d’illusions extrêmement fréquentes, et parfois même d’hallucinations, on ])cut s’attendre à trouver toutes les conce[)tious intellectuelles, toutes les émotions, et surtout tous les mouvements. C’est bien le tout au dehors formulé par M. Maqnau (1).

Ihiruii tous les actes que l’oii peut alors rencontrer, la miction et la défécation réitérées sont d’une reniarquable fréquence. Il v a à cela des causes nmltiples. Donnons d’abord un exenqde.

Obseuvation XVII (personnelle}.

■ (Service du D*^ Magnan) .

Mélanie L..., 45 ans, cliapelière.

Antécédents héréditaires. — Père mort en 1894 (?) Mère morte depuis longtemps (?) Une scnur, mariée, bien portante. Un frère bien portant

Le début de l’alTection n’esL malheureusement pas mieux connu que les antécédents héréditaires.

C’est le 14 juillet 1896 cpie la malade entre à l'admission. Notée sur les certificats, comme alcoolique. Quelques jours d’e.xamen démontrent qu'il s’agit bien d’un délire hallucinatoire aigu, mais que Palcool y est etranger . entre autres choses, 1 intei-

1. Magnan. Leçons cliniques sur les maladies mer taies, 1893, p. 383.

nement et l’abstinence en particulier, n’y apportent aucune modifie «tioii.

Agitation d’intensité notable. Cheveux en désordre, gestes désordonnés, loquacité, insomnies complètes.

Langue sèche, mais pas de lièvre (38“i le soir de l’entrée). Garde-robes normales. Uidnes normales.

Traitement : régime lacté, œufs, soupe. KBr., 2 gr.

Les jours suivants, l’excitation continue avec les mêmes caractères, n’est pas intluencée parla menstruation (18, 19 juillet)

Ouand on pénètre dans sa cellule, la malade se retire tout au fond, n'osant pas regarder. Expression d’elfroi, d’intensité moyenne. L’agitation éclate bientôt : chants, loquacité, grands mouvements, pas de tendances à frapper. Ramène ses cheveux en avant, sur le front. De temps en temps, un cri rauque, un gémissement, une grimace (rictus, sortie de la langue).

L’agitation paraît bien réglée sur des hallucinations mul^ tiples. Hallucinations visuelles : la malade fixe souvent, étonnée ou craintive. Vous n’entendez pas la contre-basse, là haut ? dit-elle, au milieu de ses chants : je l’accompagne ! Il est difficile d’ailleurs de les lui laire décrire : elle répond à •côté de ce qu’on lui demande, et, passe à d’autres sujets avec une grande mobilité, pleurant et chantant tour à tour. Cependant, dans un moment de lucidité, la malade déclare n’avoir pas eu, la nuit, de visions d’animaux quelconques.

Dès les premiers jours, le gâtisme apparaît. Tantôt la malade qui est vêtue d’un maillot h large ouverture iiderieure fait simplement sous elle (urines et fèces). Tantôt, dans les moments d’excitation plus forte, elle salit son lit, le parquet.

Continuation du même régime. Régime lacté. KBr.

Le2üjuillet, l’état général est bien meilleur. La laijgue, auparavant jaune sale au milieu et humide sur les bords, n’est maintenant que légèi’ement saburrale. La température (rectale) se maintient dans les mêmes limites (17 juillet, TS 38. — 18, TM 38 TS. 38,3 — 19, TM. 38,5, TS. 38, 7 — 20, TM. 38,5, TS. 38,8 — 21, TM. 39, TS. 38.6 — 22. TM. 38,6.

L’état mental, par contre, ne s’améliore pas: (20 juillet-G août) la malade a des crises de colère fréquentes, au milieu de son excitation générale. Elle se barbouille maintenant complètement de fèces, s’en met dans bouche. On a beaucoup de peine ■à la faire s’alimenter suffisamment.

5 août. — Elévation brusque de température, qui, le soir.

monte à 39,6, de 37, où elle était le matin. Le lendemain matin 39, J également. Pouls tVéquent, légèrement irrégulier. Frissons, sueurs, polyurie. En somme, une série de phénomènes rappelant la phase critique de certaines pyrexies, traitement : lait, benzonaphtol. A partir de ce moment, la malade, qui déjà prenait ditlicilement son lait, refuse maintenant obstinément toute alimentation. Elle se croit très probablement empoisonnée, et se plaint que tout le iqonde « lui fasse des mistoulles». L’alimentation artdlcielle déjà pratiquée le 4 août, est reprise les 5, 6, 7,

8 et 9.

A partir de cette époque, elle n’est plus nécessaire. Le faciès edevient meilleur. Pouls toujours fréquent. Du 10 au 15 août, les températures à moyennes toujours élevées oscillent, celles du soir entre 39, 3 et 39,8, celles du malin entre 37,3 et 38,8. (Traitement : sulfate quinine 0,59). L’appétit est devenu énorme. Urines normales. — Un peu plus tard (du 17 au 27 août), la malade a des oscillations prononcées de la température, (du 16 au 20 : oscillations des TM entre 36,5 et 37,2. — Oscillations des TS. 37,3 à 37,8). Mais, du 21 au 28, la moyenne est plus élevée (TM : de 38,5 à 39,4, TS 39,3 à 40,1). Diarrhée abondante, on trouve un abcès de la fesse gauche (de quelle origine ?) qui est ouvert le 2 septembre. La température baisse, bien entendu, immédiatement, urines légèrement albumineuses, redeviennent normales le 5 septembre.

Pendant toute cette période (22-23 août) son délire paraît reposer sur des troubles de la sensibilité générale ; il lui a semblé que des infirmières lui coupaient le cou cette nuit. Elle sent les muscles de sa face grimacer. Elle est conl relaite, a une épaule plus haute que l’autre, des battoirs tout ratatinés.

L’état maniaque persiste toujours, mais très diminué : c’est maintenant de l’excitation et non plus de l’agitation.

Mise en présence d’un de ses amis le 17 août, elle avait montré la vivacité de sa mémoire, se rappelant très bien la date, les différentes époques de sa vie, ses occupations journalières, et n’avait manifesté que des plaintes vis-à-vis de son entourage (infirmières) et de ses parents.

L’amélioration de l’état mental marche alors de pair avec celle de l’état physique. Elle dort, commence à s’occuper.

Vers le 25 27 septembre, interrogée sur son délire, elle cherche à se justifier, prétendant qu’elle a toujours voulu manger, mais qu’elle n’a pas pu parce qu’on lui tenait les mains. Elle

îijoLile qu’elle faisait sous elle parce qu’on ne lui donnait pas le vase, ce qui est évidemment faux. Bref, elle affirme qu’elle n’était pas malade du tout. — Ce n’est que vers le 30 qu’elle veut bien convenir qu’elle a été malade. Je ne sais pas ce que Savais, dit-elle, j’étais poussée à défaire mes vêtements, à faire mes besoins n’importe où... C'était plus fort que moi... Je le voyais bien, mais trop tard !...

Kolle des iiroeessiis réllexes. — Nous avons dit plus liant que les causes de ce gâtisme étaient multiples.

Il semble bien, tout d’abord, ([u’on puisse en accuser des troubles organiques jiroprement dits. Voici comment :

1. — Dans un premier groupe de cas, le délire très Intense ne laisse plus arriver aux centres récepteurs que des perceptions confuses. Des excitations visuelle, auditive... même intenses, risfjueront de passer inaperçues, et les ditïerentes imjiressions venues du monde extérieur laisseront le malade indifierent, tout occupé qu’il est de (lévelo[)per le flux d’idées qui jaillissent spontanément. — Mais, à ce compte, les impressions internes ne réveillent plus, non plus, leurs réactions habituelles. Tel maniaque ne sentira plus la faim (refus d’aliments, luttes soutenues pour lui faire absorber ({uoi que ce soit...), tel autre ii’éprouvera plus le liesoin de sommeil, ni meme le besoin de se reposer. T/excitafion générale l’aura rendu absolument inatteiitif aux apjiels même réitérés, de la sensibilité ([énérale. Pareil fait se retrouve chez l’individu normal à l’esprit concentré sur de multiples occupations (Professeur Joffroj). Il V a, alors, oubli de l’acte mictionuel, donc rétention d’urine, et incontinence possible secondairement.

II. — Mais c’est bien plutôt les évacuations fréquentes (|ue l’on trouve. L’incontinence, l’intolérance plutôt est

alors du3 à une sorte d’hyperesthésie (Dagoiiet) (1). Les sphincters se dilatent sous l’influence de l’excitation la plus légère.

Pendant le jour, les malades, si le désordre mental n’est pas trop grand, peuvent encore se satisfaire. Il y a ainsi une sorte de pollakiurie, et c’est tout. — Mais, la nuit, rincontiiience est fréquente, très > probablement aidée par l’isolement cellulaire que l’on pratique encore trop généralement, ou dans certains cas, heureusement de plus en plus rares aujourd’hui, où l’on a attaché le malade par une camisole de force, des liens, ou tout autre moyen de contention. ■

Rôle des processus renlraux. — Mais ce n’est pas à ces troubles périphériques d’anesthésie ou d’hyperesthésie qu’il faut attribuer des cas de gâtisme aussi fréquents, c’est à l’état mental lui-même. Il semble, en effet, que les désordres des actes du maniaque relèvent d’une série d’impulsions; car ces actes sont brusques, immédiats, non toujours coordonnés. Bien entendu ce sont de fausses impulsions (2), distinctes des impulsions des dégénérés. Nul doute, d’ailleurs, que des transitions puissent exister entre ces deux états (excitations maniaques des débiles, par exemple), le « dynamomètre de l’ânie » étant

encore à trouver (Falret) (8).

Certes, il y a quelque chose d’inconscient dans ce

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