‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 153 sur 163 · Schüle, Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Schüle, Loc. cit., p

2. Morel. Des gâteux dans un asile di aliènes, etc. Ann. il/. P., 1850, p. 74.

Dans cette antre observation, il s’arjit moins d’un Ibu moral, proprement dit, que d’un imbécile, suivant la classification de M. Magnan.

Observation XXIV (personnelle).

(Service de M. Dubuisson).

Paul J.. , 23 ans.

Anlécédcnis héréditaires. — La mère est bien portante cérébralement, impotente seulement des jambes. Le père, charbonnier, est bien portant. Trois sœurs mariées, ont des enfants normaux. Dans les collatéraux, on ne connaît aucun idiot ou épileptique.

Aniècèdi'7its personnels. — Né à terme. Accouchement normal. Pas de convulsions. N’a marché qu’à 4 ans, a parlé seulement à 7 ou 8 ans.

Etat physique. — I... est un véritable infirme, au physique comme au moral. La taille de 1 m. 33 centimètres, le poids de 37 kilos. Développement du tissu adipeux sous-cutané. Malformation cranio-laciale. Tête grosse. Pas de goître. On sent même, à la partie antérieure du cou un corps thyroïde qui semble rudimentaire. Colonne vertébrale manque de l’incurvation lombaire. Bassin élargi, d’allures féminines.

Atrophie des organes génitaux (testicules, verge). La verge minuscule, émerge môme d’un bourrelet en capuchon rappelant le capuchon clitoridien. Descente testiculaire en 1896 seulement. A cette époque, les seins deviennent assez volumineux, tels qu’ils sont restés actuellement. Apparition depoils pubiens.

Etat physique. — Voix nette, mais gutturale, par saccades. Parole accompagnée souvent d’un rire niais.

Attention facile à fixer. Comprend assez bien ce qu’on lui dit. Ne sait ni la date actuelle, ni depuis combien de temps il est à l’asile (3 mois dit-il, au lieu de 6 ans !), Il n’a jamais pu apprendre à lire ni à écrire — ni aucun métier, malgré plusieurs essais. Incapacité de se diriger. Diagnostic de M. Magnan : Imbécilité.

Peu affectueux, n’aime sa sœur que parce qu’elle lui apporte

des friandises. D’un caractère ordinairement doux, quand on ne le touche pas, J... a des moments d’impatience et de colère vraiment très mauvaises. 11 ne craint pas de maltraiter sa mère quand elle lui refuse par hasard du tabac. Injurie tout aussi facilement les gardiens, et même un peu tout le monde.

Pas orgueilleux. Gourmand, glouton. Paresseux.

Espiègle. — Quelques tendances à voler (les mouchoirs des autres malades).

Onanisme depuis 1890. Très fréquent, plusieurs fois par nuit, même en pleine rue. N’a lieu que lorsqu’il est seul. Aurait jadis retroussé les jupes d’une petUe fille. Aucune pudeur. Tendance à l’exhibitionnisme).

Gâtisme. — A été mis à son entrée au quartier des gâteux. Mais le gâtisme, fécai ou urinaire, est absolument volontaire. Quand J... n’est pas content, il déchire parfois ses habits. Mais il aime surtout à se laisser aller dansson pantalon, il pousse même l’impudence jusqu’à appeler alors le gardien pour le changer et quelquefois même, à l’en avertira Pavance? Il arrive souvent aussi que pareil fait se produit quand, au milieu de ses occupations puériles avec un autre malade, il ne veut point par paresse se déranger.

Ou le voit: le mobile à invoquer est, ou la paresse, ou, bien plus souvent, le désir de nuire. Pas d’idée délirante, pas d’tialliicinalion impérative. Ces malades ont la parfaite conscience de ce que la coutume et la société exigent. Mais ils se rendent malpropres, parce qu’ils savent troubler par là le bon ordre et les idées admises, et se doutent de l’embarras, de la peine, de la colère qu’ils causeront aux médecins, aux surveillants, etc. Le barbouilleur délirant évitait la société, réussissait d autant mieux a ses fins qu’il était plus seul. Le perverti, an contraire, a besoin de la société des antres, il la recherche, pour la satisfaction de sa perversité. Le fond égoïste est visible; plus le malade atteint son but, plus il a d’aise et, pour ainsi

dire, de soidagement, le plaisir étant cliez lui en exacte proportion avec la douleur produile chez aiitrid (Liiiderborn (i). Ou Irouvera dans Trélat (2) quelques exemples de malpropreté repoussante chez quelques-uns de ces malades.

D’autres fois cette déviation du sens moral à forme spéciale peut chez des individus à antécédents héréditaires fortement chargés, n’apparaître que tardivement, les cas antérieurs ne relevant que de l’extravagance. Telle la malade suivante, dont M. le D‘’ Briand a bien voulu nous ‘ raconter la très curieuse histoire.

Observation XXV (personnelle).

(Service de M. Briand).

Femme de 5o ans, à antécédents héréditaires et personnels très chargés, (tentatives de suicide etc.) d’une excellente éducation et d’intelligence assez vive, puisqu’elle avait été longtemps employée à la Banque de France. Elle se rendit peu à peu si insupportable à son entourage par ses réclamations, (réaction de persécutée), ses gémissements, (réaction hypochondriaque), que l’internement tut jugé nécessaire. A l’Asile, quoique d’un aspect normal, d’une lucidité com|jlète, elle se rendait bientôt absolument intolérable par ses exigences incessantes et ses interprétations délirantes de persécution, quoiqu’il n’y eut pas de délire proprement dit. Mise aux agitées, elle gâte alors avec une préméditation exl raordinaire, faisant 5, ü, 10 fois par jour, des elforls de défécation, salissant de ses fèces très méthodiquement les murs, les bancs <le la cour, jusqu’aux autres malade*, et, prise sur le fait, niant effrontément. On la

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