L. SALA
et démontre, en outre, qu’elles prennent origine des grosses cellules ganglionnaires spéciales, que l’on rencontre dans la portion plus périphérique du noyau antérieur; avant de pénétrer dans le corpus trapezoides elles entrent en rapport intime avec les fibres de l’acoustique.
Nous avons vu que, aussi par le mode de se comporter du prolongement nerveux, les grosses cellules périphériques du noyau antérieur de l'auditif se rapprochent beaucoup des éléments nerveux périphériques. Ici encore nous avons la formation de véritables fibres en t, comme dans les ganglions spinaux, et le réseau nerveux de cette portion du noyau antérieur se présente, précisément, à mailles larges et régulières, dues à la grande quantité de fibres en x qui s’y rencontrent.
Forel et Onufrowicz ont considéré ce noyau antérieur comme homologue d’un ganglion spinal, ou, mieux encore, comme un véritable ganglion modifié, appartenant à la racine postérieure de l’acoustique et tout à fait indépendant de la racine antérieure; cette seconde partie de l’assertion des deux auteurs ne peut être confirmée par mes résultats, parce que la coloration noire nous démontre que le prolongement nerveux de ces cellules périphériques acquiert des rapports intimes, aussi bien avec les fibres de l’acoustique qui prennent origine dans le noyau antérieur lui-même (racine postérieure), qu’avec celles qui prennent origine plus à l’interne, ainsi que nous le verrons, dans la moelle allongée (racine antérieure).
Racine postérieure de V acoustique. — Dans cette racine on doit distinguer deux portions : 1® une porlion latérale ou postérieure, située dans un plan inférieur; 2° une portion interne ou antérieure, située dans un plan supérieur.
La plus grande partie des fibres constituant la portion latérale (qui a été désignée par von Monakow sous le nom de striae acustico,e) prennent leur origine, dans le tuberculum latérale, des petites cellules globeuses de la couche profonde, lesquelles, avec leur prolongement nerveux envoyant de nombreuses ramifications, forment un réseau serré duquel les fibres prennent origine. En effet, si nous cherchons à suivre quelques-unes de ces fibres dans l’intérieur du réseau, nous voyons qu’elles envoient, elles aussi, de nombreuses subdivisions et qu’elles se perdent en totalité dans le réseau lui-même. Une petite partie des stries acoustiques prennent également origine des petites cellules que l’on rencontre dans la partie postérieure du noyau acous-
SUR l’origine du nerf acoustique 205
j tique antérieur, dont le prolongement nerveux se comporte précisément comme celui des cellules de la couche profonde.
Ayant ainsi pris origine, les fibres se réunissent en un faisceau (très robuste chez le chat) qui sépare, sur une certaine extension, la couche \ profonde du noyau antérieur de l’acoustique, se dirige postérieure- ^ ment et intérieurement, recouvrant d’ahord la face externe et ensuite j la face postérieure du corps restiforme, pour se porter vers le raphé.
La portion interne ou antérieure do la racine postérieure se ren- 1 contre sur le même plan que la racine antérieure, et elle est consti- I tuée par des fibres qui prennent leur origine dans le noyau antérieur.
Les prolongements nerveux des cellules de la moitié postérieure de ce noyau, en envoyant de nouvelles ramifications, donnent lieu à un I réseau serré, duquel prennent origine des fibres qui, parcourant toute la longueur du noyau, se portent à l’externe. Les fibres internes, spécialement, celles qui confinent avec la portion occupée par la racine antérieure, avant de se porter, de leur point d’origine, à l’externe, décrivent une courbe avec la concavité en avant et la convexité en arrière, et semblent vouloir limiter postérieurement le noyau.
Dans ce dernier, le réseau nerveux est très serré: on peut difficilement suivre les fibres à l’intérieur de celui-ci, parce que, dès qu’elles y ont pénétré, elles se divisent et se subdivisent de telle sorte qu’elles échappent bientôt à l’œil de l’observateur.
Sur un grand nombre de fibres de cette portion interne de la racine postérieure, avant même qu’elles ne soient sorties des centres nerveux, s’est implanté le prolongement nerveux des cellules ganglionnaires spéciales, décrites plus haut, qui se trouvent dans la portion antérieure périphérique du noyau antérieur.
Racine antérieure de V acoustique. — Ni les cellules du noyau de Deiters, ni celles du noyau de Bechterew, ni celles du noyau postérieur ou dorsal ne sont en connexion avec la racine antérieure de l’acoustique; quelle est donc l’origine des fibres qui forment cette racine? — Jusqu’à présent mes résultats ne me permettent pas de répondre avec certitude à cette demande. — Quand la coloration noire avec le nitrate d’argent réussit d’une manière fine et délicate, on peut toujours voir que les fibres de cette racine, lorsqu’elles ont accompli la courbe autour de l’extrémité dorsale de la racine ascendante de la V“ paire, pour se porter, entre cette dernière et le corps restiforme, dans l’intérieur de la moelle allongée, commencent à en-