‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 49 sur 163 · L. SALA · texte numérisé non relu

L. SALA

voyer des subdivisions plus ou moins nombreuses, de manière que, en peu de temps, elles se perdent dans le réseau nerveux serré qui existe là. — On peut aussi en suivre quelques-unes, non divisées, sur un bon î parcours, dans l’intérieur de la moelle; mais ensuite celles-ci envoient aussi des ramidcations, de sorte qu’il devient difficile de les suivre.

Mais le fait le plus intéressant mis en lumière par la réaction noire de Grolgi, c’est le passage d’un certain nombre — pas très grand, à la vérité, — des fibres nerveuses, du corpus restiforme dans le faisceau de la racine antérieure. Ce sont des fibres qui partent principalement de la face interne et de l’extrémité antérieure du corpus restiforme, et qui passent dans le faisceau de la racine antérieure de l’acoustique, dans le point où celui-ci décrit sa courbe pour se porter à l’externe. — Ce fait explique la légère atrophie du corpus restiforme, observée par Baginsky, chez le chat et chez le lapin, à la suite de la section de la racine antérieure de l’acoustique, ou mieux encore, à la suite de la destruction de tout l’appareil terminal nerveux dans le labyrinthe, à l’exception du limaçon, auquel, comme nous le savons, se distribue la racine postérieure, autrement dite nerf cochléaire.

CONCLUSIONS

Les conclusions qu’il me semble pouvoir tirer de mes recherches sont les suivantes:

1°) Le noyau de Deiters, le noyau postérieur ou dorsal et le noyau de Bechterew ne sont pas des noyaux d’origine pour les fibres du nerf acoustique. Les cellules de ces trois noyaux appartiennent au premier type et donnent origine à des fibres qui, probablement, vont faire partie de la formatio reticularis.

2°) Le noyau antérieur ou ventral et le tutoerculum latérale de Stieda sont de véritables noyaux d’origine pour les fibres du nerf acoustique; le premier, pour la portion interne ou antérieure de la racine postérieure; le second, pour la portion postérieure de la même racine [striae acusticae de von Monakow).

3°) Le noyau antérieur est constitué, dans sa portion plus centrale, par des éléments ayant les caractères des cellules nerveuses centrales, et dans sa portion plus périphérique, par des éléments capsulés qui rappellent les cellules nerveuses périphériques. Le prolongement nerveux des premières se comporte comme dans les cellules du 2' type, et donne origine à un réseau duquel naissent les fibres de la portion interne ou antérieure de la racine postérieure de l’acoustique; les

SUR l’origine du nerf acoustique

secondes envoient leur prolongement fonctionnel s’implanter à angle droit sur les fibres de la racine antérieure ou postérieure de l'acoustique.

4°) Les fibres qui, du noyau antérieur de l’acoustique, passent dans le corpus trapezoides, et celles qui vont prendre des rapports avec le réseau nerveux propre de l’olive, tirent leur origine des cellules périphériques.

5°) La racine postérieure de l’acoustique se compose de deux parties: une partie postérieure {striae acusticae) qui prend son origine des cellules de la couche profonde (et aussi des couches superficielles?) et en même temps, en petite partie, des cellules plus centrales du noyau antérieur; et une partie antérieure ou interne qui prend origine du réseau nerveux du noyau antérieur. — Mes résultats, à ce propos, confirment (pour ce qui concerne le nerf acoustique) l’opinion de His, très récemment soutenue par Kôlliker (1), suivant laquelle les véritables origines des nerfs sensibles ne seraient pas dans le cerveau, mais en dehors de celui-ci, dans les ganglions périphériques de ces nerfs.

6°) Dans la racine antérieure de l’acoustique passent des fibres provenant du corpus restiforme.

7°) La portion plus périphérique du noyau antérieur peut être considérée comme un véritable ganglion périphérique, analogue aux ganglions spinaux, propre à la racine antérieure et à la portion interne de la racine postérieure du nerf acoustique.

Outre ces conclusions, concernant d’une manière spéciale l’origine du nerf auditif, il me semble pouvoir tirer, de ce que j’ai décrit plus haut, les deux conclusions suivantes, qui ne sont pas tout à fait privées d'intérêt sous le rapport de l’histologie du système nerveux en général :

1") Les éléments nerveux des centres ne sont pas indépendants les uns des autres, ainsi que tendent à le faire croire les recherches de Ramon y Gayal, de Kôlliker, de His, de Forel et de van Gehuchten, mais ils sont tous en connexion entre eux par le moyen des prolongements nerveux, comme l’a démontré Golgi.

2°) Une fibre nerveuse, durant son parcours dans les centres, peut servir à mettre en connexion deux ou plusieurs cellules nerveuses, au moyen des prolongements fonctionnels de ces dernières qui s’implantent sur elle.

(1) Anatom. Anzeiger^ 3 août 1891.

Sur lâ contraction et sur Finertie de l’utérus

Études expérimentales et cliniques par le 0^^ L. ACCONCI.

(Avec une planche)

L’A. divise son travail en quatre parties; la première comprend rétude sur la contraction utérine physiologique, basée sur des recherches expérimentales exécutées sur les animaux et sur la femme; la seconde, l’étude sur l’inertie utérine, fondée sur des recherches cliniques, spécialement en vue de la thérapie; la troisième, les recherches expérimentales sur l’action des moyens thérapeutiques les plus employés pour combattre cette sorte de dystocie ; la quatrième est un résumé. Dans la première partie, Acconci, après avoir rapporté ce qui se trouve dans la littérature, concernant cette question, fait observer que tous les auteurs sont d’accord pour admettre, comme surabondamment démontré, que l’utérus a la propriété de se contracter dans tous les stades de son développement, et que, par son excitabilité, il est susceptible de ressentir l’effet des irritations; toutefois, là où il ne trouve pas les auteurs d’accord , c’est dans la détermination exacte des centres nerveux qui président aux contractions utérines, parce que quelques-uns les attribuent au système cérébro-spinal, en général, d’autres, à la circulation sanguine et d’autres, enfin, à des centres nerveux propres de l'utérus.

C’est précisément pour expliquer ce qui se rapporte à l’innervation de l’utérus qu’il entreprit ses expériences sur la contraction utérine.

Il fit 18 expériences, 15 sur des lapines, 2 sur des cobayes et une ) sur une brebis; dans dix expériences il employa des lapines, des cobayes et une brebis en gestation, très proches du terme ; dans 4, des lapines qui avaient mis bas depuis 1 ou 2 jours ; dans 2, des lapines avec utérus non gravide et qui avaient mis bas depuis longtemps.

(1) Giornale délia R. Accademia di Torino^ 7-8, 1891.

SUR LA CONTRACTION ET SUR L’INERTIE DE l’DTÉRÜS

L’Auteur, pour obtenir les tracés graphiques de la contraction utérine, «s’est servi d’un appareil semblable à celui qui a été employé par Fromiiïiel; seulement il omit de faire la section de la moelle allongée pour ; obtenir l’immobilité de l’animal, parce qu’il croit que cela n’est pas nécessaire.

Il rapporte les courbes de la contraction utérine prises, 1° sur une lapine en gestation, à terme; 2® sur une lapine morte depuis 10 mi- :nutes, d’hémorragie produite par l’ouverture des carotides; 3° sur une lapine en gestation , à terme , mais dont l’utérus détaché était situé dans une chambre chaude, humide.

D’après les tracés des courbes, il fait remarquer que, dans le pre- :mier cas, les contractions utérines sont rythmiques, régulières, typi- :ques ; que, dans le second cas, elles conservent le même type, seule- ■raent elles sont plus brèves, tandis que dans le troisième cas elles sont idevenues atypiques, arythmiques et irrégulières. Il conclut de ce fait, ique le système cérébro-spinal agit sur l’utérus comme régularisateur îet coordinateur des mouvements.

Ceci établi pour ce qui concerne l’irritabilité, la contractilité et l’inrnervation de l’utérus, Acconci se proposa d’étudier la contraction de l’utérus chez la femme. — Il a fait 4 expériences pour avoir le tracé ides contractions dans l’utérus vide; il introduisait dans l’utérus un q)etit ballon de gomme fixé à l’extrémité d’un cathéter d’argent; celui-ci, rpar son autre extrémité , communiquait à un appareil de Marey ; il •remplissait l’appareil de liquide, et chaque augmentation de pression idans la cavité utérine était marquée sur le papier noirci. Il résulta tde ses expériences, que l’utérus vide est le siège de contractions irré- •gulières, peu accentuées, qui se répètent avec beaucoup de fréquence, ainsi qu’on le voit par les tracés graphiques qu’il rapporte. — La partie lia plus importante de l’étude sur la contraction utérine est, cepen- •dant, à son avis, celle qui se rapporte à l’utérus en parturition. — Il Ifit 40 expériences de la manière suivante. — Deux sacs-violons de iBarnes, distendus par du liquide , toujours en quantité constante , et «communiquant entre eux, étaient placés, l’un, le plus petit, dans la ïcavité de l’utérus, l’autre, le plus grand, dans une bouteille contenant liquide, et fermée avec un bouchon à trois trous; le liquide de la •bouteille communiquait avec un manomètre auquel était annexé un lappareil graphique; chaque augmentation de pression de l’utérus se 'faisait sentir, par le moyen des sacs-violons, dans le liquide de la bou-

^rchives italiennes de Biologie. — Tome XVI.

Page 1