‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 52 sur 163 · L. ACCONCI · texte numérisé non relu

L. ACCONCI

lions chaudes sur Tutérus. Avec les applications froides il a obtenu i des résultats incertains; il n’en rapporte pas les tracés.

Avec la pilocarpine , les contractions augmentèrent de fréquence , mais elles devinrent irrégulières. Il n’a obtenu aucun résultat avec l’administration de la quinine. — Avec l’électricité, les contractions devinrent très énergiques. L’auteur peut conclure, d’après les tracés, • que l’administration de la cocaïne n’a pas d’action marquée sur l’utérus, mais que cette substance est un puissant excitateur des muscles . abdominaux. !

Ce n’est pas pour son action anesthésique que l’auteur a voulu ]| expérimenter la cocaïne, mais bien pour en étudier l’action excitante. i On connaît les observations de Mantegazza, sur le pouvoir excitant de la coca.

Les expériences avec cette substance sont au nombre de quatre. 5, Dans deux, il administra le chlorhydrate de cocaïne, par la bouche, : dans la période dilatante, à la dose de 3 centigr. chaque fois, en répétant cette dose deux fois, à intervalle de 20 minutes. Il résulta de ces expériences que son action sur l’utérus est nulle ou peu efficace. ^ Dans deux autres cas il l’expérimenta à la même dose , et avec le même mode d’administration, durant la période expulsive prolongée, i et quand les phénomènes de fatigue étaient déjà apparus. Dans les fig. 1 . et 2 de la PI., est rapporté le tracé des contractions utérines avant et après l’administration du remède. Il s’agissait d’une primipare de 20 ! ans, stature 1,46, avec bassin légèrement aplati, et traces de rachi- ! tisme dans le squelette. La période de dilatation dura 12 heures et 10', l la période expulsive , 3 heures et 35', la délivrance 15 minutes. Au ( moment de l’expérience pendant lequel est rapporté le premier tracé, : le col était complètement dilaté, les membranes rompues, le V en OIDA l fixé au détroit supérieur. La période expulsive datait déjà d’un- cer- r tain temps, et les phénomènes de fatigue étaient évidents ; l’utérus se i contractait assez énergiquement, mais l’action des muscles abdominaux [ était faible et insuffisante (fig. 1 de la PL, avant l’administration : du remède). Il administra la première dose de 3 centigr. de chlorhydrate de cocaïne , et ensuite deux autres doses égales , à intervalle de 10 minutes l’une de l’autre. Le tracé de la fig. 2 de la PL est i pris 40 minutes après la première administration. Son action exci- : tante se manifeste d’une manière très évidente et, fait assez singulier, la femme sentait le besoin de pousser, et poussait avec énergie, même '

I SUR LA CONTRACTION ET SUR L’INERTIE DE l’UTÈRUS

l'dans la période de la pause de la contraction utérine. Il obtint aussi l.un effet identique dans d’autres expériences.

D’après ces résultats, il lui semble que l’on peut croire que le chlohrbydrate de cocaïne, durant l’accouchement, à la dose indiquée cibdessus, n’a pas une action très manifeste sur l’utérus, mais qu’il est

II un puissant excitateur de la contraction des muscles abdominaux et, ^•par conséquent, qu’il peut être employé avec profit dans les cas de I fatigue, occasionnée par la longueur excessive de la période expulsive.

En confrontant les courbes obtenues dans un cas où l’auteur expérimenta l’hypnotisme, on peut conclure que les contractions utérines, durant l’état hypnotique, sont plus hautes et plus longues que les contractions dans l’état léthargique; qu’elles sont plus courtes et moins hautes que dans l’état cataleptique ; que durant l’état léthargique faction des muscles abdominaux n’est pas empêchée.

Passant aux expériences faites sur les femmes accouchées, il trouva que le seigle ergoté produit des contractions irrégulières, tumultueuses, quelquefois le tétanos, tandis que l’ergotine, même dans l’état puerpéral, produit des contractions régulières , rythmiques , semblables à celles de l’accouchement.

L’Hydrastinine et le Gelsemium n’ont produit aucune contraction. Dans les expériences faites avec la Quinine et pendant la tétée , il se produisit des contractions irrégulières, atypiques.

L’auteur fait suivre ces expériences d’un résumé dans lequel il récapitule les principales déductions qui ressortent de ses études expérimentales et cliniques.

Les vésicules de Sâvi et les organes de la ligne latérale chez les torpilles

Note du D*- ALESSANDRO COGGI.

(Avec une planche).

L’hypothèse que les vésicules de Savi représentent une modification | spéciale du système de la ligne latérale date de 1864. M’ Donnel (2) |i a été le premier à l’exposer, bien que, il est vrai, avec peu de con- Il fiance, en considérant que, dans la face ventrale des torpilles, les II canaux muqueux n’existent pas, comme chez les raies, et que, d’autre I part, les vésicules se trouvent seulement chez les torpilles. |

En 1888, deux travaux, l’un de Garman (3), l’autre de Fritsch (4), I apportèrent une nouvelle contribution à l’appui de cette hypothèse. | Garman a décrit et dessiné le cours des canaux qui appartiennent | au système de la ligne latérale chez un grand nombre de Sélaciens B et d’Holocéphales, et il a établi une nomenclature des diverses portions I qui constituent ce système, en en faisant dériver les noms de ceux des I différentes parties du corps occupées par elles, ou des organes dans i le voisinage desquelles elles ont leur cours. En outre, il a fait res- | sortir les homologies des diverses portions. Or, dans quelques genres | de Batoïdiens, n’appartenant pas aux Torpilles, comme chez Potamo- j irygon et Disceus, et chez quelques individus de Urolophus Halleri^

(1) Atti délia R. Accademia dei Lincei, vol. Vil, fasc. 6, 1891.

(2) On the System of the « Latéral Line » in Fishes {Transactions Royal Irish Academy, vol. XXIV. Dublin, 1864).

(3) On the Latéral Canal System of the Selachia and Holocephala {Bulletin Muséum Compar. Zoology Harward College, vol. XVII, n. 2. Cambridge, 1888).

(4) Ueber Bau und Bedeutung der Kanalsysteme unter der Haut der Selachier {Sitzungsberichte Acad. Berlin, VIII, 1888).

LES VÉSICULES DE SAVI, ETC

et précisément dans les portions de canaux de la superficie ventrale qu’il distingue sous les noms de « prénasaux » et de « subrostraux », il a observé des modifications de différent degré: étranglements qui divisent le tube en chambres communiquant entre elles, capsules disposées en séries réunies entre elles, sans être en communication, follij cules fermés parfaitement isolés. Et, bien qu’il n’ait rien dit relativement à la structure de ces renflements, ou capsules, ou follicules, — et la nature de son travail ne le comportait pas, — cependant, ses observations l’amènent à admettre que les vésicules des torpilles ne sont qu’une modification ultérieure des tubes muqueux dans cette direction. Toutefois, comme chez Narcine , parmi les torpilles, les tubes de la : surface ventrale ne sont pas représentés par les vésicules, et qu’il n’y . a plus aucune trace de ces tubes, Garman a cru pouvoir conclure que les vésicules de Savi des torpilles représentent des tubes rudimentaires, en voie de disparition, parce qu’ils sont devenus inutiles chez des animaux qui vivent habituellement sur le fond de la mer.

Dans son travail Fritsch établit le corollaire: «die Savi’schen Blâschen ergeben sich als in Stücke zerfallene, hautige Kopfcanale anderer Rochen », se basant sur la comparaison de la place et de la disposition des deux systèmes d’organes et de leur structure histologique.

Mais pour ce qui regarde la disposition et la position des canaux ventraux dans les raies et des séries de vésicules dans les torpilles, on

ne peut dire que Fritsch en ait démontré la parfaite correspondance. Il se borne seulement à l'explication de deux figures schématiques qui représentent: l’une une section sagittale du museau d’une torpille, laquelle passe ainsi par une des séries de vésicules de la surface ventrale; l’autre, une section transversale du museau d’une jeune raie, laquelle passe, autant que je puis en juger, le long de la portion de canaux, qui, suivant la nomenclature de Garman, est désignée sous le nom de « nasale. »

Le développement des vésicules de Savi n’a encore été, jusqu’à présent, l’objet d’aucune communication. Pour ce motif, je ne crois pas inutile de rapporter ici quelques-uns des résultats que j’ai obtenus touchant cette question.

On doit rechercher le matériel embryonnaire pour les vésicules de Savi dans ces épaississements de l’ectoderme qui sont en relation avec les ganglions de nerfs cérébraux, dans la région branchiale de l’embryon, et qui sont considérés comme organes primitifs de sens cutané:

A. COGGI

Beard les appelle « branchial sense organs ». On sait que ces organes ||^ se trouvent en rapport avec les ébauches embryonnaires du triju-^j) meau, du facial-acoustique, du glosso-pharyngien et du vague. Or, dans les jeunes embryons, l’ectoderme est fait d’une unique couche de cel-o,

Iules basses, mais non plates, qui passent graduellement dans les hautes cellules cylindriques dont sont constitués les épaississements de la région branchiale; ces dernières sont également disposées en une seule Inj couche, très serrées les unes contre les autres et pourvues d’un noyau N très développé qui occupe, à lui seul,^ une grande partie de la cellule. L’ectoderme se conserve dans cette condition jusque dans des embryons squaliformes (1) de 11 mm. environ. Dans des stades peu supérieurs, ses cellules, en proliférant, commencent à se déplacer et à se superposer, jusqu’à ce qu’il apparaisse manifestement formé de deux cou-|<i ches, sauf au niveau des épaississements de la région branchiale, ili toujours constitués d’une unique couche de cellules hautes cylindriques, jg; ou quelque peu modifiées. |

Mais ces organes prennent une extension et une disposition diffé-(i rentes, suivant les variations que peuvent présenter les fissures branchiales correspondantes et la forme extérieure du corps. Dans des embryons de 8 mm. ceux qui sont en rapport avec le ganglion du trijumeau, et qui, seuls, offrent le matériel pour le développement des h vésicules de Savi, occupent la région qui se trouve au-dessus de rœil;|o je puis les suivre sur 90 coupes frontales successives de 5 p d’épaisseur. De plus ils se montrent en continuité avec ceux qui appartiennent au territoire du facial, dans la région située au-dessus de l’évent, js Dans des embryons de 11 mm. ils sont étendus devant et derrière l’œil. jiî Dans des embryons squaliformes de Torpédo occellaia de 16 mm., je les vois s’étendre sur les côtés de la tête, se rencontrer devant la bouche et atteindre aussi les épaississements ectodermiques qui forment les fosses olfactives. Il est à peine nécessaire de noter que ces organes portent avec eux, dans l’extension qu’ils prennent, des rameaux nerveux , rejetons du ganglion de la cinquième paire, lequel

(1) J’ai adopté la distinction des embryons de torpille en squaliformes, raiiformes, |' torpédiformes, proposée par De Sanctis {Emhriogenm degli organi elettrici delle > Torpedini e degli organi pseudo -elettrici delle Raie. Atti R. Accad. scienze fis. mat., Napoli, vol. V, 1872). Cette distinction, vraie du côté morphologique, peut k servir, avec l’indication de la longueur, insuffisante à elle seule, à mieux établir l l’âge des divers embryons. i

LES VESICULES DE SAVI, ETC

n’est plus directement en connexion avec la peau, mais se trouve un peu enfoncé dans le tissu mésodermique.

Dans des embryons squaliformes de T. occellata de 19 mm., les organes sensitifs innervés par le trijumeau se continuent à l’arrière, sur le dos, avec ceux qui appartiennent au facial d’abord, puis au latéral du vague. A l’avant, des deux rameaux qui résultent de leur séparation derrière l’œil et entourent cet organe, l’antérieur est fait d’un épaississement qui tend à se diviser en deux dans le sens longitudinal (ébauche du rostral et du prénasal suivant la nomenclature de Garman), le postérieur, passant entre l’œil et l’évent (suborbitaire), envoie des rejetons sur le ventre et sur les bords du corps (pleural), rejetons qui laissent entrevoir aussi, sur certains points, lïndice d’une séparation longitudinale. Celle-ci aura pour effet la formation de doubles séries linéaires d’organes sensitifs, constituées par des cordons d’une couclîe unique de cellules hautes et étroites, pourvues de grands noyaux; et elles sont nettement distinctes aux côtés de l’ectoderme restant, toujours formé de deux couches de cellules basses, et avec lequel elles sont en contiguïté immédiate (fîg. 5).

Dans des embryons raiiformes de T. marmorata de 24-29 mm., les organes sensitifs font encore partie de la peau, sont aussi représentés par des épaississements épithéliaux, mais non linéaires contigus, et commencent à subir des modifications, qui, on peut le dire, indiquent qu’ils tendent à se séparer de la peau, à perdre le caractère de peau modifiée pour assumer une fonction de sens, et à acquérir une véritable individualisation. Leur disposition, dans ces stades, est schématiquement représentée dans les fig. 1 et 2, dans lesquelles l’embryon est dessiné respectivement de côté et par la face ventrale. Les lignes pointiliées indiquent le cours des organes de sens. Ce que je veux faire ressortir, c’est qu’ils ont, dans ce stade, une distribution très semblable à celle que présentent les canaux muqueux de la tête et de la face ventrale des raies. Il est à peine nécessaire de confronter ces deux figures avec les fig. 3 et 4, prises des planches qui accompagnent le travail de Garman cité plus haut. Pour faciliter la comparaison, j’ai adopté la nomenclature de ce dernier. Une différence qui apparaît, dépend du fait que, dans les raies, les canaux susdits sont situés sous la peau et ne touchent pas, par conséquent, les contours du corps quand ils passent de la face 'ventrale à la face dorsale, tandis que, dans l’emî>ryon raiiforme de torpille, les organes de sens font encore partie de fa peau. Une autre différence, qui ne se voit pas, consiste en ce que

A. COGGI

les canaux, chez les raies, sont fournis de ce qu’on appelle les ra* meaux transversaux qui débouchent à l’extérieur, rameaux que j’ai cru bon de ne pas représenter dans les deux schémas correspondants, i| pour ne pas embrouiller les figures et pour faciliter la cornparaison.k Du reste, on sait que les canaux transversaux sont en petit nombreji à la surface ventrale.

Le mode ‘suivant lequel on voit se développer, jusqu’à ces stades, dans les embryons de torpilles, les séries linéaires d’organes sensitifs, homologues aux canaux de la tête et de la face ventrale des raies, parle déjà nettement contre l’idée peu heureuse de Fritsch, qui fait dériver la cavité des canaux et des vésicules d’une cavité unique |p située entre des sinuosités d’un espace lymphatique sous-cutané : les parois de cet espace se fusionnant dans une direction donnée, il se

formerait des tubes (raies); dans deux directions en même temps, il||H

se formerait des vésicules (torpilles) (1).

Nous pouvons dire, au contraire, avec certitude, que les organes embryonnaires qui donnent lieu aux séries de vésicules des torpilles I adultes, se développent précisément comme des cordons cellulaires, 1 différenciés de l’ectoderme, dès le moment où celui-ci est formé d’une iii

seule couche de cellules, et qui prennent, dans un stade du dévelop- u pement (raiiforme), une disposition semblable à celle qu’ont les canaux»

de la tête et de la face ventrale des raies adultes.

Mais ces cordons, dans les stades dont nous nous occupons, ne sont b plus homogènes: ils se montrent divisés en portions, dont le nombre i est égal à celui des rameaux nerveux qui sont restés en connexion l avec l’ectoderme. Chaque portion est un organe sensitif, qui tend à se détacher de ceux qui lui sont contigus. Ce détachement a lieu par un phénomène très simple: l’ectoderme dont la superficie augmente avec le volume du corps de l’embryon, tend à se disposer partout sur deux couches ; et, avant de se produire dans les points où l’ectoderme est en relation avec un nerf, ce dédoublement a lieu dans les |i portions intermédiaires, c.-à-d. dans les portions qui séparent des organes sensitifs contigus. Ceux-ci se trouvent ainsi éloignés l’un de l’autre. Mais cet état dure peu. La couche superficielle de l’ectoderme

(1) Loc. cit., pp. 277-278. Je ne saurais dire si Fritsch a réimprimé cela dans son ouvrage: Die electrischen Fische. II. Die Torpedineen^ Leipzig, 1890, que je n’ai pas présentement à ma disposition. J’eus seulement occasion de l'examiner rapidement, l’été dernier, à la Station zoologique de Naples.

LES VÉSICULES DE SAVI, ETC

< s’avance sur chaque organe sensitif pour en recouvrir la surface restée jjusqu’alors découverte. Dans certaines coupes, des figures karyokiné- I tiques, au bord libre de la couche superficielle (fig. 6), montrent une : prolifération de cette couche; cette prolifération continue, bien que non I très active, jusqu’à ce qu’elle ait entièrement recouvert l’organe sen- <sitif. Et, entre les deux, l’on observe un petit espace qui se forme oridinairement parce que la surface de l’organe sensitif se déprime un ipeu dans son milieu.

Dans les embryons raiiformes, les premières portions qui ont subi mes modifications sont celles qui correspondent aux prénasales. Gelles- 7 ci, vues par dehors, se montrent comme des séries linéaires de petites ; perles ou protubérances, clairement isolées l’une de l’autre, parfois ^parfaitement closes, d’autres fois encore percées dans le milieu. Il arrive donc, dans les embryons de torpilles, ce que Garman a observé [dans quelques genres de Batoïdiens ; les prénasaux sont les premiers «à se différencier en petits organes isolés.

Avec le progrès du développement (embryons torpédiformes de T. \occellata de 24-30 mm.) une nouvelle couverture se forme sur l’épi- Ubélium de l’organe sensitif. Dès le moment où la couche superficielle [de l’épiderme le recouvre seulement incomplètement, une prolifération ‘de la couche profonde ou muqueuse tente de s’insinuer entre les deux, :6t les cellules de celle-ci, dans les environs de l’organe sensitif, ne se -montrent pas ordonnées en une seule couche, mais superposées les '.unes aux autres. En outre, la dépression qui a commencé à se profduire dans l'épithélium sensitif et qui le détache dans sa partie centrale de la couche superficielle, se fait toujours plus accentuée ; et sa ‘zone marginale se recourbe au-dessus, la recouvre en manière de toit •et finit par entourer une cavité fermée, qui est la cavité d’une vési- 'cule. Ce toit cellulaire reste cependant en connexion avec la couche i muqueuse dans son point supérieur central. La prolifération de la '.couche muqueuse continue ensuite jusqu’à former une seconde cou- ■verture qui s’adapte sur la première et qui cesse tout à coup après «avoir suivi une portion assez considérable de superficie de l’organe ■sensitif. Le processus se comprend mieux par le schéma qui est des-

Isiné dans la fig. 7. Là, l’organe sensitif est une véritable vésicule, dont ia base est formée par l’épithélium sensitif qui est en relation avec un nerf (neuroépithélium), et la voûte est formée par une double • couche épithéliale, dans laquelle la disposition des cellules révèle en- »core le mode de formation. La voûte ou toit est encore en connexion

A. GOGGI

avec la couche muqueuse de l’épiderme, au moyen d’une traînée de cellules qui pourra s’allonger et se rompre à la fin, à mesure que la vésicule s’enfoncera dans le tissu mésodermique.

Parfois, des séries de vésicules se détachent de l'épiderme quand elles sont encore en connexion entre elles au moyen de tissu épithélial \ intermédiaire: ce sont des tubes cloisonnés qui s’enfoncent dans le mésoderme et dont les espaces formés par le cloisonnement finissent par s’isoler complètement. En cela encore se répètent les dispositions diverses observées par Garman chez des Batoïdiens adultes.

D’après ce qui précède, on voit que les résultats de mes observations sur le développement des organes, qui, chez les torpilles, sont homologues aux canaux de la tête et de la face ventrale des autres Sélaciens , diffèrent un peu de ceux qu’a obtenus Balfour relativement au développement de la ligne latérale chez Scy Ilium canicula et dans lesquels il renferme aussi ce qui se rapporte aux canaux de la tête. Il a vu la ligne latérale apparaître, peu après le stade K, en forme d’épaississement linéaire de la couche cellulaire interne de l’épiblaste, et la lumière du canal prendre origine, non par la fermeture d’un sillon primitivement ouvert, mais par l’apparition d’une fissure entre les cellules de la ligne latérale même (1).

Chez les torpilles, au contraire, les organes sensitifs de la ligne latérale, aussi bien que ceux de la tête et de la face ventrale qui deviennent ensuite les vésicules de Savi, apparaissent comme des épaississements de l’ectoderme quand celui-ci n’est encore formé que d'une i seule couche de cellules, ou que la distinction d’une couche superficielle et d’une couche profonde ou muqueuse n’est pas encore établie. Quand la couche superficielle est différenciée, elle s’étend sur toute |i la superficie du corps, excepté, cependant, les cordons cellulaires qui

donnent oriorine aux séries linéaires d’organes sensitifs. Les cellules

qui composent ces cordons se disposent autour de chaque rameau nerveux avec lequel ils sont restés en connexion. Ainsi prennent origine un grand nombre d’organes de sens individualisés. Au milieu d’eux s’étend ensuite la couche superficielle qui tend encore à recouvrir leur surface libre. On arrive ainsi à un stade où l’on peut observer directement, à la surface externe de l’embryon, le cours des canaux de la ligne latérale aussi bien que celui des canaux ou des

(1) A monograph of the Development of Elasmobranch Fishes. London, 1878.

LES VESICULES DE SAVI, ETC

ivésicules de la tête et de la face ventrale: ce cours est indiqué par lun grand nombre de petits trous, ou solutions de continuité de la icouche superficielle de l’épiderme, au niveau de chaque organe de «sens (stade raiiforme représenté dans les fig. 1 et 2).

Dans la ligne latérale, la formation d’un canal fermé a lieu de cette 1 manière. Sur l’épithélium sensitif, il se forme une seconde couverture, j immédiatement au-dessous de la couche superficielle, par un processus j peu différent de celui qu’on observe dans les vésicules de Savi, c’est- ; à-dire, à la suite d’une prolifération de la couche muqueuse, et aussi I par action de l’épithélium sensitif lui-même, lequel se déprime un peu dans son milieu. Ensuite, toute la série d’organes sensitifs s’enfonce ‘.dans le tissu mésodermique; elle reste cependant en connexion avec l’épiderme au moyen des tubes épithéliaux qui ont pris origine de la i prolifération ordinaire de la couche muqueuse et qui débouchent au I niveau des trous qui se sont conservés dans la couche superficielle.

De ces tubes épithéliaux prennent origine les rameaux dits transver- ^ saux. Les organes sensitifs sont reliés entre eux au moyen de cordons < cellulaires pleins; ils représentent un grand nombre de concamérations qui ne communiquent pas entre elles ; mais chacune communique avec l’extérieur (embryon torpédiforme de T. occellata de >24 mm.). Le canal qui les mettra en communication entre elles se formera ensuite par le moyen d’une excavation qui prend origine dans ces cordons cellulaires.

Un dernier mot sur les vésicules de Savi. A partir du stade de développement qui est schématiquement représenté dans la fig. 7, chaque vésicule, outre qu’elle se détache de l’épiderme, comme nous l’avons dit, augmente en volume, et ses parois se distendent par suite de l’agrandissement de la cavité qu’elle renferme. Je ne veux, ni ne puis parler, ici, des modifications que subissent, dans la forme et dans la disposition, les éléments qui la constituent, ni de la part que prend le tissu mésodermique dans la formation de la membrane de connectif qui l’entoure et de la lame ou du cordon fibreux qui la soutient. Je veux seulement faire remarquer que la voûte et les parois latérales de chaque vésicule sont faites d’une double couche de cellules épithéliales, tandis que la base reste constituée d’une seule couche, c’est-àdire du neuro-épithélium. Ce fait anatomique, qui ressort de la figure indiquée, je le vois se conserver nettement jusque dans des embryons de T. occellata très avancés (petites torpilles tachetées de près de 7 centimètres de longueur); seulement, à cette époque, où commence

224 A. COGGI — LES VÉSICULES DE SAVI, ETC

déjà à se former la membrane externe de connectif, les cellules de ces deux couches se montrent un peu plates. Il y a lieu de croire que cette disposition à deux couches de l’épithélium de la voûte et des faces latérales se conserve aussi chez l’adulte, bien que personne ne l’ait encore constatée et que je n’aie pas, pour le moment, l’occasion de le faire. Parmi ceux qui se sont occupés de la structure microscopique des vésicules de Savi, H. Müller, en 1851, a découvert une couche cellulaire à l’intérieur des parois, que Kôlliker (1856) regarde comme un épithélium pavimenteux simple de cellules plates polygo- .| nales et aussi fusiformes, Boll(1875) comme un épithélium plat à une i seule couche de grandes cellules, et Fritsch (1888) simplement comme ii un épithélium bas.

EXPLICATION DES FIGURES

Fig. 1 et 2. — Schémas d’un embryon raiiforme de Torpédo marmorata de 29 mm. vu de profil et par la face ventrale , avec le cours des organes sensitifs :

• pn

prénasaux

pleuraux

rostraux

jugulaires

sr

subrostraux

auriculaires

so

suborbitaires

oc occipitaux

nasaux

latéraux.

Fig. 3 et 4. —

• Schémas d’une Raia

laems adulte vue

par la face dorsale et par

la face ventrale, avec le cours des canaux de la tête et de la ligne latérale,

suivant Garman.

Fig. 5, 6 et 7. — Schémas qui représentent trois stades de développement des vésicules de Savi; sections perpendiculaires à la surface du corps.

ep épiderme — s épithélium sensitif — n nerf.

De l’action physiologique du massage sur les muscles de l’homme

Recherches du ARNALDO MAQGIORA

Chargé de renseignement de l’Hygiène à TUniversité R. de Turin.

(Laboratoire de Physiologie de TUniversité de Turin).

Dans l’année 1883, Zabludowsky démontra, avec une série de recherches faites dans le laboratoire du Prof. Kronecker (2), que les muscles fatigués de la grenouille se rétablissent rapidement sous l’aciion du massage et donnent de nouveau des contractions égales ou peu inférieures à celles qu’ils sont capables de produire lorsqu’ils se trouvent dans des conditions de repos absolu, tandis qu’une courte période de •repos est, pour les mêmes, presque sans effet. — Portant ensuite ses recherches sur l’homme, Zabludowsky observa aussi que, après un travail fatiguant, un repos de 15' était complètement insuffisant à restaurer les muscles, tandis que si Ton pratiquait sur eux un bon massage de Ja durée de 5' ils devenaient de nouveau capables de travailler comme dans les conditions normales.

Zabludowsky dans son expérience fatiguait les muscles fléchisseurs de l’avant-bras en les faisant se contracter un grand nombre de fois avec le rhythme de 1", de façon à arriver avec la main jusqu’à toucher l’épaule, tout en tenant dans la main un poids de 2 kg. La même perisonne qui faisait l’expérience comptait le nombre des contractions.

Dans mon mémoire sur les Lois de la fatigue (3) j’ai publié quel- ■ques expériences faites avec l’ergographe du Prof. Mosso, lesquelles

(1) Arch. per le scienze mediche^ vol. XV, fasc. 4. — Je ne donne ici qu’un I abrégé de mon travail. Le lecteur désireux de plus amples détails les trouvera dans |le texte original.

R (2) Ueber die physiolog. Bedeutung d. Massage {Centralb. f. die med. Wissenhschaften, 1883, p. 242).

(3) Archives italiennes de Biologie, t. XllI, fasc. 2; Archiv f. Anat. u. Physiol., ^ 1890, Physiol. Abth.

^^^chives italiennes de Biologie. — Tome XVI.

226 A. MAGGIORA II

tout en confirmant les faits trouvés par Zabludowsky, prouvent aussi i que: Il

1® Dans les muscles affaiblis par le jeûne, l’on peut, avec le mas-f sage, améliorer beaucoup les conditions de résistance au travail.

2'^ Le massage réussit à empêcher, dans les muscles, l’accumu-f lation de la fatigue, qui est la conséquence de l’exécution de travauxf trop rapprochés entre eux, et permet ainsi d’obtenir du muscle un, travail mécanique notablement plus considérable qu’avec des périodes: égales de repos. Si, par exemple, un muscle inscrit un certain nombre; de fois sa courbe de la fatigue avec un poids donné et des périodes! de relâche de 15', après deux, ou tout au plus trois tracés normaux,! il est déjà incapable de produire le travail mécanique qu’il donnerait:, dans des conditions normales, et ses forces diminuent de plus en plusj si, au contraire, on remplace les périodes de repos de 15' pardespé-li riodes de massage d’égale durée, le muscle peut donner jusqu’à |i 8 fois, et même plus, un tracé normal de la fatigue. Si, dans le premierjt cas, le muscle produit, après deux heures, une quantité complexive de travail mécanique, dans le deuxième cas, il pourra faire dans leii même espace de temps un travail mécanique égal à 4 a? et même* davantage. :

Passons maintenant à l’étude de quelques autres faits. j :

A) Action du massage sur les muscles en repos.

.T’ai d’abord examiné si le massage pouvait augmenter la quantitéji de travail qu’un muscle, en état de repos absolu, est capable de duire en se contractant avec un poids et un rhythme donnés, jusqu’à; lassitude.

P® Expérience. — Le 30 novembre 1890, à 8 heures et à 11 heures dumatin, et puis encore à 2 et h 5 heures de l’après-midi, j’ai inscrit (1) successive-! ment le tracé normal de la fatigue des muscles fléchisseurs du doigt médius de lai main droite et de la main gauche avec le poids de 3 kg. et le rhythme de 2”.^

(1) A. M., 28 ans, poids 67 kg., taille 1,74, système musculaire bien développé, f couche graisseuse peu abondante.

tVCTION PHYSIOLOGIQUE DU MASSAGE SUR LES MUSCLES DE l’HOMME 227

.Les contractions étaient au maximum et volontaires. Le lendemain je répétai les (susdits tracés aux mêmes heures et dans les mêmes conditions jiar rapport au poids, laii rhythme et au mode de contraction , mais en faisant précéder chaque courbe td'ane période de massage de la durée de 3', consistant en une alternative de mainoeuvres de frottement, de percussion et de pétrissage (1), ou, en d’autres termes, ■d'un massage mixte. On obtint de cette façon 16 tracés dont je reproduis i d seulement le premier de chaque jour, concernant la main gauche (fig. 1 et 2), tout en faisant connaître , dans le tableau 1 , les chiffres qui indiquent la hauteur du soulèvement (en mètres), et la quantité de travail mécanique (en kilogrammètres), ,j)roduit chaque fois par les muscles.

Fig. 1. Fig. 2.

'Fig. 1. — Courbe normale volontaire de la fatigue des muscles fléchisseurs du médius de la main gauche avec le poids de 3 kg. et le rhythme de 2".

Fig. 2. — Gourlie des mêmes muscles avec les mêmes poids et rhythme , sous l'action du massage pendant 3L

(1) Dans cette expérience, aussi bien que dans les suivantes, le massage a tou- »)0Lirs été pratiqué par la même personne et avec la même énergie.

Tableau 1. — Poids: 3 Kg, Rhythme: 2",

A. MAGGIORA

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