M. ALBANESE
circulation sanguine et la fonction rénale. Elles peuvent seulement nous faire connaître les modiflcations des vaisseaux sanguins, sous l’inlluence des substances qui agissent directement sur eux ; et c’est sous ce point de vue que les recherches du Prof. Mosso ont un si grand intérêt, car c’est à lui que nous devons une méthode rigoureuse pour mesurer le volume du rein et en connaître les modiflcations.
En 1883, MM. Roy et Gonnheim inventèrent un instrument, Voncomètre, grâce auquel on peut étudier les moindres changements dans le volume du rein en laissant cet organe en place. Ces deux auteurs publièrent un mémoire riche de conclusions intéressantes qui jettent, pour la première fois, un peu de lumière sur quelques faits regardant la physiologie du rein (1).
Les conditions qui, généralement, sont considérées comme favorables à la sécrétion urinaire, sont: l’augmentation de la pression sanguine et de la quantité de sang qui circule dans les reins et l’activité plus grande des cellules épithéliales. C’est donc la tâche de la Pharmacologie et de la Physiologie de rechercher lequel de ces facteurs entre en jeu, quand la sécrétion urinaire est augmentée. Je me suis proposé, en conséquence, de déterminer, avant tout, les modiflcations apportées, par quelques substances, dans la circulation rénale, pour connaître le rapport qui existe entre celle-ci et la diurèse. J’ai commencé mes recherches avec quelques substances qui ont, sans aucun doute, le pouvoir d’accroître la quantité de l’urine éliminée. Je me suis servi de Yoncomètre de MM. Roy et Gonnheim en enregistrant le tracé du rein au moyen de Yoncographe. J’ai expérimenté sur les lapins et sur les chiens, mais le plus souvent sur ces derniers, qui se prêtent mieux à ce genre de recherches.
Je découvrais le rein du côté de la région lombaire, et je le mettais dans l’oncomètre après l’avoir soigneusement isolé des tissus voisins. J’opérais toujours sur l’animal profondément anesthésié par le chloroforme, et j’attendais que l’action du chloroforme fût complètement dissipée avant d’enregistrer les premiers tracés normaux. Quand le volume du rein restait constant, j’administrais les substances à étudier; ce furent: 1° la caféine; 2® le chloral; 3® le curare.
Des nombreuses expériences faites je pus constater que la caféine produit toujours une légère augmentation du volume rénal; fait qui
(1) Virchow's Arch.. ann. 1883, vol. 92.