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LA CIRCULATION DU SANG DANS LE REIN, ETC

concorde avec l’action que cet alcaloïde exerce sur le cœur, et avec le pouvoir qu’il a de dilater les vaisseaux sanguins.

Le chloral agit d’une manière analogue à la caféine, c’est-à-dire qu’il augmente le volume du rein, mais son action est beaucoup plus marquée. Il faut noter aussi, qu’on a, immédiatement après l’injection intraveineuse, un abaissement passager du tracé oncographique, plus ou moins sensible selon que l’injection est faite avec plus ou moins de rapidité. Si, après avoir administré du chloral , on injecte de la caféine, celle-ci élève encore le tracé oncographique déjà haut par l’action du chloral. Et on peut dire que ces deux substances, en agissant ensemble, produisent une dilatation des vaisseaux, égale à la somme des effets qu’ils produiraient isolés.

Le curare ne modifie pas d’une manière sensible le volume du rein ; celui-ci est légèrement augmenté quand on associe la caféine au curare. Les résultats de ces dernières expériences concordent, en partie, avec ceux qui ont été obtenus par MM. Philips et Bradford (1), lesquels expérimentèrent sur la caféine et sur le curare. Je dois faire remarquer, pourtant, que le rapetissement passager que ces auteurs constatèrent après l’injection intraveineuse de citrate de caféine, n’est pas dû à une action particulière de cette substance sur les vaisseaux, mais qu’il faut l’attribuer à l’effet de l’injection intraveineuse sur le cœur et qu’il peut avoir lieu avec toutes les autres substances, comme il résulte de mes expériences.

De cette série de recherches on peut tirer des conclusions d’un certain intérêt. L’on peut, avant tout, affirmer que l’augmentation de la diurèse n’est pas en rapport avec l’afflux plus considérable de sang dans les reins. En effet, le chloral qui produit un accroissement insignifiant dans la quantité d’urine émise, détermine une notable augmentation du volume des reins ; et le curare qui fait augmenter sensiblement la diurèse, ne produit pas de changements notables dans le volume rénal. Il faut noter aussi que, s’il y avait un rapport de cause à effet entre l’affiux plus grand de sang dans les reins et la diurèse, nous devrions voir s’élever considérablement le tracé oncographique quand on ajoute la caféine aux autres substances ; car on sait combien est puissante l’action diurétique de la caféine jointe au chloral, et, encore plus, au curare. Or on a vu que l’augmentation de

(1) Journ. of Phys., vol. III.

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volume déterminée dans le rein par l’adjonction de la caféine aux jUi autres substances, n’est pas telle qu’elle puisse expliquer l’accroissement : lo considérable qui se produit dans la quantité de l’urine éliminée.

Les résultats que j’ai obtenus avec la caféine sont en opposition ul avec ce qu’affirme Schroeder (1). Cet auteur, pour expliquer la diu- 1 b rèse considérable produite par la caféine associée au chloral, dit que (p la caféine est diurétique parce qu’elle agit en stimulant l’épithélium |r rénal; mais, comme, d’un autre côté, elle excite le centre vaso-moteur te en produisant une constriction des vaisseaux du rein, son action diu- ft rétique en est amoindrie. Et il ajoute que, en effet, en associant la |. caféine au chloral, on a une notable augmentation dans la quantité jft d’urine émise, parce que la caféine continue à stimuler l’épithélium j i rénal, tandis qu’elle n’a plus d’action sur le centre vaso-moteur, qui n est déjà paralysé par le chloral. |

J’ai pu constater, au contraire, que la caféine ne produit pas, dans . |ii le rein, cette constriction vasculaire admise par Schroeder; et qu’on il a même une légère dilatation des vaisseaux. Ce fait confirme la cri- |i tique que Gervello et Lo Monaco ont faite de cette théorie (2). D’autre \ ' part, n’ayant pu constater, dans mes expériences, un rapport direct • entre l’augmentation de l’activité sécrétoire du rein et les faits circulatoires, je serais enclin à localiser dans les épithéliums rénaux, l’action ' des substances diurétiques étudiées. |

(1) Arch. f. exp. Path. u. Pharm.^ vol. XXII, p. 39, et vol. XXIV, p. 85.

(2) Archivio per le scienze mediche, vol. XIV, n. 7.

LE CERVELET

Nouvelles études de physiologie normale et pathologique

par L. LUCIANI.

(Laboratoire de Physiolo^e de l’Institut d’études supérieures à Florence).

Abrège fait par le D'’ PESCAROLO Docent de Neuropathologie à l’Université de Turin.

Ce livre, dans lequel une plume élégante expose avec clarté et concision les résultats de recherches difficiles que l’auteur poursuivait ' depuis-huit-ans sur un des points les plus obscurs de la ph}^siologie des centres nerveux, fera époque dans les études relatives aux fonctions du cervelet. Il établit de nouveaux faits, démontre l’erreur de doctrines universellement admises et vient aider très efficacement, pour l’interprétation de certains phénomènes, non seulement le physiologiste, mais aussi le clinicien qui s’occupe des maladies nerveuses.

Cet ouvrage se divise en 17 chapitres. Dans le l®*" chapitre, l’auteur parle des méthodes opératoires pour les recherches physiologiques sur le cervelet; la question avait déjà fait un grand pas lorsque, e^l884, lui-même était parvenu à maintenir en vie des chiens privés de leur cervelet, tandis qu’avant on n’employait, pour ces études, que des vertébrés inférieurs (des batraciens, des poissons et des oiseaux).

Pour les recherches dont nous allons parler, on se servit de chiens ^Lde singes, sur lesquels on étudia, dans leurs effets, trois sortes de mutilation cérébelleuse: ablation du lobe moyen, ablation d’une moitié

(1) Ce travail forme un volume de plus de 300 pages, enrichi de nombreuses gravures intercalées dans le texte. Florence, Le Monnier S’’®, 1891.

Archives italiennes de Biologie. — Tome XVI. 19

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