L. LUCIANI
latérale, extirpation de tout le cervelet. Les résultats de ces investi- n gâtions sont si importants pour la physiologie et la pathologie du cervelet que, pour faire connaître la méthode opératoire à laquelle ! ; on doit un si grand progrès, nous allons reproduire les paroles mêmes in de l'auteur.
« Après avoir obtenu une bonne narcose de l’animal par plusieurs ! ; injections hypodermiques de morphine et de chloral, on le fixe con- i; venablement dans mon appareil (V. figure dans mon premier mémoire), \ • la tête fléchie en bas afin de bien dégager la région de la nuque, i) On découvre ensuite la portion de l’occipital qui s’étend depuis la I protubérance externe et les lignes semi-circulaires de cet os jus- ii qu’à la membrane occipito-atlantoïdienne, séparant, sur cette direction, ;ii les muscles de la nuque, détachant en partie leurs adhérences aux O lignes semi-circulaires susdites et les écartant sur les côtés au moyen i ) de crochets tirés par des poids de plomb. Avec une légère tréphine m on enlève un disque osseux de l’occipital découvert, on élargit la 1 brèche avec une petite tenaille ostéotome, en évitant, autant que possible, les fortes hémorrhagies et surtout l’ouverture des sinus veineux ï\ transverses, qui rendrait immanquablement l’animal exsangue. L’ou- |i verture artificielle est, dans sa partie supérieure, de forme semi-circu- ji la ire et arrive presque jusqu’à la imotubèrance externe et à la ligne i semi-circulaire de l’occipital; dans sa partie inférieure, elle s’étend i jusqu’au grand trou occipital, permettant ainsi de voir toute la région, ji les limites inférieures du cervelet et la pointe du calamus scriptorius t du bulbe. L’ablation de la dure-mère en correspondance de cette ou- ^ verture met à découvert toute la partie inférieure du lobe cérébelleux > moyen et deux petits segments des lobes latéraux. j
« Après cela, on peut immédiatement procéder à l’ablation partielle \ ou totale du cervelet. ;
« Mes recherches comprennent trois sortes de mutilation cérébelleuse : [
l’ablation du lolje moyen du cervelet, celle d’une moitié latérale et j celle du cervelet tout entier. L’extraction du lobe cérébelleux moyen | est relativement facile. Au moyen d’un très fin couteau de Graefe bien aiguisé, on commence par séparer, en grande partie, ce lobe des lobes ' latéraux au moyen de deux incisions antéro-postérieures qui pénètrent au moins jusqu’aux deux tiers de l’épaisseur du cervelet. Ensuite, au moyen d’une petite cuillère à bords tranchants et à manche recourbé, on suit la ligne médiane jusqu’à l’extrémité de la tente du cervelet, et, faisant une pression sur le lobe moyen cérébelleux à sa partie anté-
LE CERVELET
rieure, on le détache des tubercules bigéminés postérieurs, en déchirant \q voile médullaire antérieur; puis au moyen d’une traction de devant en arrière, on en extrait, par l’ouverture pratiquée dans l’occipital, une grosse portion. Pour arrêter l’hémorrhagie qui est la conséquence de cette opération, on introduit dans l’excavation un morceau d’éponge très fine après en avoir exprimé l’eau phéniquée ou la solution de sublimé corrosif 1 °/oo, qui l'a rendu aseptique. Successivement, on extrait, à petits morceaux, au moyen de la cuillère, d’autres parties du lobe moyen jusqu’à ce qu’on arrive à la couche profonde qui forme la voûte du quatrième ventricule, arrêtant, par de petits morceaux d’éponge aseptique, l’écoulement du sang, quand il masque le champ opératoire. Je disais, dans mon premier mémoire, que pour rendre complète la destruction du lobe moyen, je me servais d’un petit crochet pour délacérer sa couche la plus profonde et en provoquer ainsi la dégénérescence. Mais l’expérience m’a appris qu’en opérant ainsi on ne parvient pas à obtenir la dégénérescence complète du vermis antérieur. Je me suis persuadé que, pour atteindre ce but le mieux qu’il est possible, il faut aussi enlever les parties les plus profondes du lobe médian, mettant à découvert tout le sinus rhomdoïdal, ou plancher du quatrième ventricule. J’ai parfaitement réussi par le procédé suivant: quand l’exportation des couches supérieures du lobe moj^en est finie et qu’il n’y a plus que la couche profonde, on déchire avec de légères pinces le voile médullaire postérieur pour détacher la pyramide du lobe médian de ses adhérences avec les bords du calamus scriptorius ; on introduit la curette sous la pyramide de manière à la soulever légèrement, afin de pouvoir la séparer complètement des lobes latéraux; puis on renverse, de devant en arrière et vers le fond de l’excavation, tout ce qui reste du lobe médian, et on en fait une espèce de rouleau qu’on extrait après l’avoir parfaitement délivré, à coups de ciseaux, de ses adhérences avec les lobes latéraux. En suivant ce procédé, on peut constater qu’on a enlevé complètement le lobe moyen du cervelet. En effet, quand on a étanché, avec une petite éponge , le sang qui s’était amassé dans le sinus rhomboïdal mis à découvert, on aperçoit au fond de l’excavation, les tubercules bigéminés postérieurs et l’ouverture de l’aqueduc de Sylvius.
«Il importe de dire que, dans tous ces actes opératoires, on ne saurait jamais trop se garder de produire une lésion quelconque ou une pression nuisible sur le bulbe. 11 faut encore ajouter que même quand on a réussi à éviter tout fâcheux incident pendant l’opération.