L. LUCIANI
il arrive assez souvent que, lorsque le sinus rhomboïdal a été mis à t i découvert, l’animal soit pris de crampes rhythmiques musculaires, i i signes précurseurs d’accès épileptiques plus ou moins longs et intenses, n qui se répètent ensuite toujours plus fréquemment , de manière à : produire la mort après un ou deux jours d'état épileptique continu. ; ;
« Pour éviter cette conséquence qui rend vaines des opérations accomplies heureusement avec la plus grande précision, j’ai employé avec y succès les injections hypodermiques de chloral , pratiquées dès le 1 début des premières manifestations de crampes rhythmiques dans jit les paupières et dans quelques autres groupes musculaires, qui annon- 1 1 cent le développement d'un accès épileptique général. Les injections U doivent être répétées plusieurs fois, si la première n’a pas servi à i i empêcher l’attaque. Dans ces conditions d’excitation diffuse des centres i i nerveux, l’animal supporte des doses si fortes de chloral que, dans \ i des conditions normales, elles le tueraient en paralysant le cœur.
«Heureusement tous les chiens n’ont pas cette prédisposition à l’épi- ;m lepsie, au point de ne pas résister à la mise à découvert du sinus \ rhomboïdal, et plus d’une fois j’ai pu, comme on verra, par le moyen i que je viens de faire connaître, guérir complètement des chiens at- I teints d’un accès épileptique provoqué par le traumatisme opératoire. !
« Quand l’extirpation du lobe moyen du cervelet est faite, on emploie ) tout le temps nécessaire pour arrêter l’hémorrhagie cavitaire, ce qui i) est toujours facile, et ensuite on pratique la suture des muscles de la î nuque avec de la soie phéniquée ; on saupoudre leur surface externe ? avec de l’iodoforme, et finalement on coud, à points séparés, les bords i de l’incision cutanée, toujours avec de la soie phéniquée, de manière t à obtenir la fermeture de la plaie sans laisser le moindre interstice, j et l’on délie l’animal de l’appareil. j
« Lorsqu’on veut faire l’extirpation de tout le cervelet en une seule i séance, les premiers actes opératoires sont identiques à ceux que j’ai | décrits pour l’ablation du lobe médian. Mais avant de pratiquer l'ex- f cision de la couche cérébelleuse la plus profonde et de découvrir le | sinus rhomboïdal, on opère l’exportation des deux lobes latéraux, en î
cherchant à enlever, chaque fois, la plus grosse portion possible de [
masse cérébelleuse, et en arrêtant l’hémorrhagie, qui en est la conséquence , par l’introduction de petites éponges douces désinfectées. L’extraction des lobes latéraux, sans un trop grand tiraillement des pédoncules cérébelleux, devient bien plus facile, si, par un coup de ciseaux délicats d’oculiste, on tronque des deux côtés les trois pédon-
LE CERVELET
I cules avant de faire le curage des portions les plus externes des lobes latéraux, qui constitue la partie la plus délicate de l’opération. Gela no paraîtra pas difficile, si l’on considère que les trois pédoncules, avant de se répandre dans la masse cérébelleuse, convergent et forment un seul Q7'os faisceau pèdonculaire qu’on peut atteindre et couper d’un seul coup, tout près de sa base ou point d’émergence du bulbe, sans produire dans celui-ci la moindre lésion. L’extirpation du flocculus devant être faite par tâtonnement, est toujours difficile et incertaine; mais elle n’est pas impossible, comme je l’ai déjà dit ailleurs ; elle m’a bien réussi chez plusieurs animaux.
« Dans l'ablation totale, le dernier temps de l’opération consiste aussi dans l’extraction de la couche la plus profonde du cervelet qu’on pratique de la manière que nous avons déjà exposée, mettant à découvert le sinus rhomboïdal. Naturellement le traumatisme et l’hémorrhagie, inévitable, sont beaucoup plus considérables dans la destruction totale du cervelet que dans l’ablation du seul lobe médian, et par conséquent, au dernier acte opératoire et quelquefois déjà avant, se manifestent encore plus facilement les accès épileptiques, qu’il faut chercher à combattre par des injections de chloral, comme je l’ai dit ci-dessus.
« L’ablation d’une moitié du cervelet, quand on veut l’obtenir complète, est encore plus difficile que celle du cervelet tout entier en une seule séance. Le champ opératoire est plus restreint et partant l’emploi de la curette est plus difficile et plus délicat.
« On commence par pratiquer, avec le couteau de Graefe, une incision profonde du cervelet le long de la ligne médiane, de manière à le diviser presque complètement en deux moitiés, autant que possible symétriques. Puis on procède au curage de la moitié droite ou gauche, en respectant scrupuleusement l’autre moitié. Il convient aussi, ici, de rogner, avec les ciseaux, le faisceau pèdonculaire pour faciliter l’ablation des lobules les plus externes, y compris le flocculus. Le dernier temps de l’opération, le plus difficile et le plus délicat, consiste aus^i dans ce cas à découvrir la moitié du sinus rhomboïdal, dans le but de rendre vraiment complète l’hémiablation et de comprendre aussi la moitié du vermis antérieur, qui est la partie la plus profonde et, partant, la plus difficile à extraire sans toucher au bulbe sous-jacent. Dans cette dernière partie de l’opération, on rencontre quelquefois de telles difficultés, que, pour ne pas perdre l’animal, on doit y renoncer et se contenter de provoquer la dégénérescence des fragments qu’on