‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 65 sur 163 · L. LUCIANI · texte numérisé non relu

L. LUCIANI

de ce que nous constatons, et si, pour la clinique, les lésions des lobes latéraux peuvent rester à l’état latent plus fréquemment que celles . > du lobe moyen, cela indique seulement que les lésions de ce dernier produisent plus facilement la destruction ou empêchent la conduction i dans un plus grand nombre d’éléments nerveux.

Quant à la doctrine des biologistes Schiff et Vulpian il est faux d’ad- ; mettre qu’il n’y ait que les lésions cérébelleuses asymétriques qui puis- ^ sent provoquer des désordres de motilité, et que les lésions symétri- i ques, quelle qu’en soit l’étendue, puissent rester à l’état latent ou ne , causer que des troubles légers: la vérité est que les lésions symétri- : ques produisent des effets de même intensité dans les muscles des deux côtés du corps, et les lésions asymétriques des effets analogues, i mais inégaux comme degré et comme extension, dans les muscles de ) l’im et de l’autre côté.

Si ce chapitre est d’une grande importance, surtout pour la clinique | des maladies nerveuses, en tant qu’il modifie des lois de diagnostic | universellement acceptées, nous trouvons plus importants encore, l pour la doctrine de la physiologie du cervelet, les deux chapitres suivants, le VI et le VII, où l’A. traite des effets de radiation unilatérale incomplète ou complète du cervelet. Une fois admise la conclusion des deux chapitres précédents, que chaque moitié du cervelet a beaucoup plus de rapports avec la moitié correspondante du corps qu’avec l’autre, il s’ensuit que tous les effets directs ou indirects de l’hémiextraction cérébelleuse doivent se produire d’une manière bien plus accentuée dans la moitié du corps correspondant au côté opéré que dans l’autre moitié; ceci est parfaitement en harmonie avec les études sur les dégénérescences provenant de l’ablation cérébelleuse unilatérale. Ainsi la comparaison des deux moitiés du corps, chez un animal qui a subi l’hémiextraction cérébelleuse, est certainement le moyen le plus convenable pour juger des effets de la suppression des fonctions du cervelet, car on peut confronter immédiatement, dans des conditions individuelles identiques, les mouvements musculaires des deux moitiés du corps. Pour l’étude de l’ablation unilatérale incomplète, il * y a 8 expériences sur des chiens, dont deux ont été préalablement aveuglés par l’énucléation des bulbes; on pratiqua chez tous l’extraction de la moitié droite du cervelet plus ou moins incomplète, à l’exception d’une chienne chez laquelle elle fut à peu près complète ; on a respecté, chez tous, une bonne portion de la moitié droite du lobe moyen, particulièrement de la luette; chez quelques-uns, on a ménagé

LE CERVELET

la partie externe du lobe latéral droit, et spécialement le /locculus. Dans 4 animaux, parmi lesquels les deux qui avaient été aveuglés, le I faisceau pédonculaire formé par l’ensemble des trois pédoncules céréibelleux fut coupé à la base, soit, au point d’émergence du bulbe; dans ;4 autres, il fut en grande partie respecté; il n’a été retranché qu’au [point d’expansion dans la masse du lobe latéral. Chez ces derniers, lies phénomènes d’irritation n’ont été représentés que par l’incurvation ide l’axe vertébral vers le côté opéré, ou encore par l’extension tonique Idu membre antérieur du même côté. Chez les autres, ceux qui n’ont j pas été aveuglés présentèrent aussi les phénomènes de la rotation, sur l’axe longitudinal, du côté opéré vers le côté sain et du strabisme dans lia même direction, tandis que chez les deux chiens qui avaient été i aveuglés et dont le faisceau pédonculaire avait été radicalement coupé, son constata l’absence complète de toute tendance à la rotation sur 1 l’axe longitudinal, ce qui porte à croire que ce phénomène ne dépend :pas seulement de l’irritation des pédoncules, mais aussi de la vision let du strabisme. Dans ces derniers animaux, les phénomènes d’irritation î furent accompagnés de glycosurie. Celle-ci avait aussi été observée ichez un des animaux qui avaient subi l’extraction du lobe moyen,

I ainsi que chez d'autres animaux dont on parlera plus loin, et l’A. 1 croit qu’elle peut se produire dans tous les cas d’ablation cérébelleuse lassez étendue pour comprendre une certaine portion de la substance iblanche, qui résulte de l’expansion des trois pédoncules dans la masse icérébrale. Dans un cas où les phénomènes d’irritation se manifestaient Ides deux côtés et presque plus forts dans la moitié du corps opposée ià celle qui correspond à la partie opérée, on trouva que cela proveînait de l’infection, et partant de l’inflammation de la plaie cérébelleuse, |qui est plus grande dans cette première moitié du corps.

Les phénomènes de manque de fonctionnalité observés pendant ^longtemps, même pendant 10-11 mois, ne différent de ceux qui ont été I décrits dans le chapitre précédent, comme effets de l’extirpation du Dobe moyen, que parce qu’ils se présentent d’une manière asymétrique s dans les deux côtés du corps, et avec prédominance bien prononcée Idans les muscles des membres et de la colonne vertébrale de la moitié |du corps correspondant à la partie opérée. Dans l’asymétrie du manque ■de fonctionnalité, on observe toujours plus ou moins distinctement la Iloi suivante: V asthénie et l'atonie musculaires sont plus prononcées s dans les muscles des membres et du tronc correspondant au côté qui <a été opéré que dans ceux du côté sain, et dans les muscles des extré-

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