L. LUGIANI
mités postérieures, plus que dans ceux des extrémités antérieures; tandis que Vasiasie musculaire, sous forme d’oscillations, est plus accentuée dans les muscles du cou ou muscles moteurs de la tête.
Dans plusieurs des animaux opérés, on vit distinctement des phénomènes de compensation fonctionnelle, consistant, par exemple, en des abductions exagérées des membres du côté opposé, en des incurvations du rbachis, mouvements destinés surtout à empêcher les chutes du côté de la partie opérée, à faire prendre plus ou moins vite et à maintenir la position d’équilibre. La compensation organique s’est opérée plus ou moins vite et d’une manière plus ou moins accentuée, mais jamais au point de corriger complètement le manque de fonctionnalité.
On lit avec plus d'intérêt encore le chapitre VII, qui traite des effets de l’hémiextration cérébelleuse complète chez les chiens et les singes, étude tout à fait nouvelle sur le sujet qui nous occupe.
L’Auteur s’est servi, pour ces recherches, de quatre chiens et de trois singes ; quelques-uns de ces animaux furent conservés en vie pendant 11-12-14 mois. Pour comprendre l’intelligence et le soin avec lesquels ces investigations ont été faites, on peut lire, par exemple, le résumé de la relation de l’expérience faite sur la chienne T, dont l’autopsie fît voir l’ablation complète de la moitié droite du cervelet.
Chienne T. — Adulte, du poids de grammes 5.150, de belle race croisée, au poil blond et long, dressée à se tenir longtemps droite, en position verticale, sur les deux membres postérieurs.
11 mai 1886. — Après une profonde narcotisation avec de la morphine et du chloral, on extirpe la moitié droite du cervelet, avec hémorragie notable. Dès que l’animal est délié, il se montre dans un état de prostration et de relâchement musculaire plutôt menaçant.
12 mai. — La respiration est calme, et quand on s’approche de l’animal, il s agite, émet des plaintes et tourne sur son propre axe, de droite à gauche. Durant cette agitation il présente un stral3isme dans la direction où il tourne.
13 mai. — 11 est encore plus vif. Il soulève bien la tête quand on lui offre des morceaux de tripe qu’il mange de bon appétit. Quand il essaie de se dresser, les mouvements rotatoires se représentent.
14 mai. — Les rotations sur son axe ont cessé. Quand on le soulève par le dos, il courbe l’axe vertébral à droite ; au contraire, quand il est couche sur son hamac, il préfère s’appuyer sur le flanc droit en se courbant à gauche. Si on le pose à terre, lui plaçant les membres de manière à le faire tenir de bout, on n y parvient pas, parce que les membres postérieurs et le membre anterieur droit se montrent impuissants à soutenir le poids du tronc. Seul, le membre anterieur gauche semble valide, car l’animal accomplit, avec lui, ses plus grands efforts.
LE CERVELET
i9 mo,i. — L 6tat de 1 animal s est beaucoup amélioré, il ne parvient cependant nas encore à se tenir debout, pas même aide, à cause d’une impuissance manifeste +es deux membres de droite, spécialement du membre postérieur. L’appét*t est bon ; jucune suppuration; aucun phénomène dystrophique apparent.
29 mai. — La cicatrisation est complète, l'état général excellent. 11 ne peut s’apluyer sur les membres de droite pour se dresser. Le membre postérieur, spécialement, fet tellement affaibli, qu’à première vue il semble paralytique. L’animal se montre i-ès sensible aux légères compressions des membres et de la queue, auxquels il «agit en menaçant de mordre et en rampant, avec le tronc, sur le sol. Alors on laperçoit que, bien qu affaibli, il peut toutefois accomplir des mouvements assez IBcaces, même avec les membres de droite, spécialement avec le membre antérieur u’il porte en avant, en forte abduction, l'appuyant au sol avec toute la portion fétacarpienne. Tandis qu'il marche ainsi en rampant, il courbe notablement à nuche l’axe vertébral. Jeté dans le bassin du jardin, il parvient à surnager, en venant aussitôt une bonne position d'équilibre, et en nageant avec de larges tours ) manège à gauche.
\31 mai. — 11 marche un peu plus vite, en rampant avec la fesse droite, à cause ! l’impuissance persistante du membre postérieur de ce côté. Quand il réussit à upuyer le flanc droit au mur, il peut se soutenir et marcher debout, appuyant iême le membre postérieur droit. Un peu de strabisme et un léger nystagme peritent encore. Il nage très bien, faisant de larges tours de manège à gauche., à juse d'une plus grande énergie natatoire des membres de ce côté.
'.2^4 juin. — 11 marche, en rampant, un peu plus vivement; il marche debout vand il appuie le flanc droit au mur. Il nage très bien, toujours en faisant des urs de manège à gauche. Soutenu en l’air, par le tronc, il courbe toujours l’axe irtébral à droite., bien que beaucoup plus modérément que dans les premiers jours. dl-14 juin. — Parfois il parvient aussi à appuyer sur le sol le membre posté- !ur droit ; mais, sans soutien, il ne peut faire aucun pas, dans la crainte de tomber, marche en rampant à demi, appuyant le train inférieur sur la fesse droite. d5-16 juin. — Il commence à marcher debout, sans s’appuyer au mur, posant I- membres en forte abduction. Il s’avance en sens oblique, soulevant et posant en ffuction plus qu’à l’état normal, les membres droits, et en adduction les membres i-uches. Quand il tombe, c’est le membre postérieur droit qui fléchit, comme s’il soutenait plus le poids du tronc. Lorsque la chienne se tient étendue, on a re- ’ rqué plusieurs fois qu’elle sait très bien se gratter avec le membre postérieur wit.
22-29 juin. — L’animal marche toujours obliquement, d’une manière très régu- '*’e, soulevant et posant en abduction, plus que règle, les membres droits. Il tombe droite quand il rencontre quelque obstacle. 11 nage d’une manière très normale, lement il est contraint à tourner toujours de droite h gauche et par conséquent, mi est difficile de saisir le bord du bassin pour en sortir. Soulevé par le dos, il ;courbe toujours légèrement à droite. 11 refuse de monter l’escalier. Placé à moitié |. l’escalier, il prend immédiatement appui au mur avec le flanc droit et ensuite
■ irchipet italiennes de Biologie. — Tome XVI.