‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 67 sur 163 · L. LUCIANI · texte numérisé non relu

L. LUCIANI

il descend lentement, sans tomber, toujours appuyé au mur, et, à chaque marche, avançant toujours d’abord le membre gauche antérieur, et ensuite le droit.

30 juin. — On remarque depuis plusieurs jours le phénomène suivant: Les poils de l’occiput, de la nuque et du cou ont été coupés avec les ciseaux dans l’acte opératoire ; ceux de l’occiput ont repoussé médiocrement , tandis que ceux de la nuque et du cou n’ont pas repoussé du tout, au point qu’on distingue encore à présent les inégalités produites par l’action des ciseaux.

I- 12 juillet. — 11 marche toujours obliquement, de la manière décrite, en tenant le tronc un peu courbé à droite, parfois en croisant les membres de gauche, qu’il pose en adduction, avec les membres de droite, qu’il soulève plus que de règle, et qu’il pose en abduction. 11 descend l’escalier de la manière qui a déjà été décrite. 11 nage toujours avec des tours de manège de droite à gauche. Quand ou lui ofire de la nourriture et qu’il essaie de se dresser en position verticale (comme il était habitué à le faire avant l’opération) il tombe par suite du fléchissement du membre postérieur droit, de manière à battre le sol , parfois avec force, au point de s’occasionner de la douleur. Suspendu par le tronc, il plie ou se courbe indifieremment à droite, à gauche, ou bien il reste, la colonne vertébrale droite. Avec le membre postérieur droit il est très capable de se gratter la peau du côté droit du cou et du dos, avec des mouvements rapides et très bien appropriés à ce but. Quand il mange, son attention étant entièrement dirigée sur la nourriture , les deux membres de droite fléchissent facilement, au point que, souvent, pour ne pas tomber de ce côté, il est obligé d’accomplir des mouvements de compensation pour se remettre en équilibre parfait. Quand il se gratte, étant debout, l’animal perd facilement l’équilibre.

26 juillet - 8 août. — Les poils du cou n’ont pas repoussé, tandis que ceux qui ont été coupés dans la région occipitale sont presque redevenus semblables aux autres poils de la tête. Lui ayant fermé les yeux avec des emplâtres, il fait des tentatives pour les détacher ; il tourne de gauche à droite avec les membres antérieurs, prenant son point d’appui sur les membres postérieurs. Jeté dans le bassin, les yeux bandés, il nage de droite à gauche, exécutant des tours de manège à court rayon de courbure. Au contraire , après lui avoir enlevé les emplâtres , il peut suivre la ligne droite pour se rapprocher du bord du bassin. Les autres phénomènes décrits persistent.

II- 29 août. — En tenant l’animal soulevé de terre, on remarque que le membre postérieur droit a les muscles plus relâchés, parce qu'il pend plus que les autres. Lorsqu’on lui bande les yeux, il baisse le museau et essaie inutilement de s’enlever les emplâtres, employant presque toujours le membre antérieur gauche, rarement le droit. Ses efforts le font quelquefois tomber. Toutefois il peut marcher en tenant le museau presque rasant le sol et en accomplissant des tours, préférablement à d^roite. Il nage bien, les yeux ouverts aussi bien que bandés, et peut tourner, non seulement à gauche, mais encore à droite, suivant que cela lui est plus opportun pour atteindre le bord du bassin ou pour se rendre à un appel qui lui est fait d’un côté ou de l’autre. Les autres phénomènes persistent. Les poils de la nuque et du cou ont un peu repoussé.

LE CERVELET

Septembre-octobre. — Il a toujours besoin, pour descendre les escaliers, de s appuyer au mur avec le flanc droit. Il marche toujours obliquement à cause d’un peu de courbure, à droite, de la portion lombaire de l’axe vertébral. Quelquefois, en marchant, le membre postérieur fléchit; cela ne le fait pas tomber, mais l’induit à des mouvements de compensation qui consistent à plier tout le corps vers le côté droit. Durant les efforts qu’il fait pour sortir du bassin où il a été jeté pour nager, il emploie de préférence le membre antérieur gauche. Quand on lui offre de la viande , il parvient à se dresser verticalement et à y rester pendant quelques instants, ce qui n’avait pas lieu auparavant. Le poil de la nuque et du cou va en augmentant, et, le 15 octobre, on peut dire qu’il a atteint le même niveau que celui qui l’entoure.

Novembre. — La chienne est en chaleur. Elle a trouvé un amant qu’elle suit partout où il se rend. Elle se prête bien au coït , se plaçant en position voulue pour se faire monter. Elle se laisse courtiser aussi par d’autres chiens, mais elle préfère se faire monter par son premier amant.

9 janvier 1887. — Cette nuit elle a mis bas 4 petits chiens vivants et un mort.

12 janvier. — La chienne se porte bien, elle mange et est vive comme d’habitude. Les 4 nouveau-nés se portent bien aussi.

Février. — La mère et les petits continuent à être dans de bonnes conditions. Un des petits chiens a été utilisé pour des expériences; les trois autres sont gras et ronds, aux dépens de la mère qui a un peu maigri, bien qu’elle mange avec appétit et combatte avec ses compagnons pour la conquête de la nourriture.

Mars-juin. — L’animal a perdu le poil sur differents points de la peau qui se montre altérée. Toutefois, il est bien nourri et plutôt engraissé. 11 marche à pas lents et très bien coordonnés. Seulement on remarque clairement, pour les membres droits, un plus fort soulèvement du sol, une courbure, à droite., de la portion lombaire de l’axe vertébral, et, par conséquent, une démarche oblique, avec l’axe du corps dirigé de droite à gauche et de l’arrière à l’avant. Dans la station , il tient les membres appuyés en abduction. Quand il essaie de se gratter avec un des membres postérieurs, étant debout, il n’y parvient pas, parce que les trois autres membres fléchissent. Assis ou couché, au contraire, il y réussit, aussi bien qu’aucun autre animal intègre. En nageant il procède régulièrement, seulement il démontre une certaine tendance à tourner préférablement à gauche. Il refuse de monter les escaliers ; en descendant , il procède avec les plus grandes précautions , tenant toujours le flanc droit en contact avec le mur. Lorsqu’on lui bande les yeux , il essaie, comme d’ordinaire, d’écarter les emplâtres, mais ensuite il se résigne et marche lentement et à petits pas, en ligne très tortueuse et interrompue. Le tracé de la marche démontre que la manière de marcher n’est pas essentiellement differente de celle qu’a l’animal, les yeux ouverts, si l’on en excepte la direction tortueuse du chemin , la brièveté plus grande des pas , la pose , en abduction plus grande, des membres antérieurs. Pendant qu’il a les yeux bandés, si on lui donne de très légers coups avec une verge, l’animal entre en colère, montre les dents et réagit vivement à chaque coup. Quand il mange il tient l’axe du corps un peu fléchi à droite, les membres écartés, et, ceux de droite, légèrement fléchis ou mal

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