L. LUGIANI
étendus, de sorte que le tronc est un peu incliné à droite. Si l’on applique de petites t li pinces à pression au quatre membres, il montre qu’il s’en aperçoit, mais n’en éprou- p r vant pas une grande gêne, il les laisse en place. Au contraire, il s’agite beaucoup i t pour les écarter quand on les lui applique aux pavillons des oreilles , et parfois \ > il parvient à les détacher, par un mouvement bien adapté du membre antérieur |:< gauche; tandis que pour écarter les pinces du pavillon droit, il se borne à secouer ji t fortement la tête, et n’essaie même pas de les détacher avec le membre antérieur droit. 1 1
6 juillet. — On morphinise avec des injections sous-cutanées de 30 centigrammes k i de morphine, et, après quelques minutes, on prend un tracé qui démontre une exa- \ j gération de toutes les anomalies décrites, que l’animal présente en marchant. Elles se résument dans les suivantes: abduction exagérée du membre postérieur droit et !■ adduction du gauche ; forte abduction en appuyant les deux membres antérieurs, ■ i spécialement le droit; cours tortueux de la marche semblable à celle des ivrognes, n — On lie l’animal dans mon appareil de contention , et l’on cherche, avec la mé- [ i thode déjà décrite, à déterminer la force maximum de traction qu’il peut exercer i « avec chacun des quatre membres, quand il est excité soit électriquement soit mé- 1 1 caniquement dans les membres susdits. Les résultats des recherches sont les suivants: f ;
Membre antérieur gauche , Kilogr. 8 Membre antérieur droit, Kilogr. 6 1
Membre postérieur gauche, Kilogr. 5,25 Membre postérieur droit, Kilogr. 3
Si nous comparons les phénomènes observés chez ces animaux avec ï: ceux qui ont été décrits dans le chapitre précédent, nous trouvons ï une parfaite analogie entre eux; mais l’ensemble des symptômes de 5 l’hémiextraction cérébelleuse complète est plus accentué et plus per- j' sistant. Parmi les phénomènes d’irritation, on vit toujours la rotation t sur Taxe longitudinal, du côté opéré au côté sain, et cette rotation a [ toujours été accompagnée de strabisme dans la même direction, de t nystagme, de torsion en spirale du rhachis, de son incurvation vers ^ le côté opéré, d’extension tonique du membre antérieur et quelquefois I du postérieur du même côté, phénomène qui a surtout été apparent \ chez les chiens.
Dans deux cas, où les urines furent examinées pendant la période d’irritation, on trouva de la polyurie et de la glycosurie pendant 15-
20 jours. i
Les manifestations des phénomènes de manque de fonctionnalité [ furent assez caractéristiques, surtout chez les chiens qui vécurent ' longtemps.
L’asthénie, l’atonie et l’astasie, plus prononcées dans les muscles du côté opéré, se manifestèrent à un tel degré que, pendant plus d’un f mois, quelques animaux furent dans l’impossibilité de se tenir debout I
et de marcher sans Laide d’un appui. Chez tous les animaux qui vé- ^
LE CERVELET
curent pendant un certain temps, on vit que les phénomènes de compensation fonctionnelle se développèrent plus ou moins promptement, tandis que ceux de compensation organique ne se manifestèrent jamais; même plusieurs mois après l’opération, furent toujours apparents les phénomènes résiduels de manque de fonctionnalité non compensés, ce qu’on comprend facilement si l’on pense que chaque moitié du cervelet exerce une influence prépondérante sur les muscles de la moitié correspondante du corps.
Chez quelques animaux, on observa des phénomènes de dystrophie; mais il n’est pas facile de savoir s’ils dépendent directement ou indirectement de la mutilation cérébelleuse.
L’A. après avoir examiné les phénomènes consécutifs à la destruction unilatérale complète, décrit, dans le Chapitre VIII*, les observations faites sur quatre animaux (2 chiens et 2 singes), chez lesquels il étudia d’abord les effets de l’ablation du lobe moyen du cervelet, et il fit ensuite l’extraction partielle ou totale de l’hémisphère cérébelleux du côté droit.
Sur un chien et sur un singe, l’ablation fut presque complète; chez les deux autres animaux, au contraire, elle n’a été que partielle; aussi y a-t-il une différence dans les conséquences.
Les deux animaux chez lesquels la destruction fut incomplète ne présentèrent pas de phénomènes d’irritation, si l’on excepte une incurvation modérée du rhachis vers le côté opéré. Cela s'explique non seulement parce que le faisceau pédonculaire fut, dans ces animaux, presque complètement respecté, mais aussi parce que l’extraction du lobe latéral droit, chez un des deux, fut pratiquée presque deux mois après celle du lobe moyen, et, chez l’autre, environ un an après, c’està-dire quand le processus de dégénération de bien des fibres du faisceau pédonculaire droit devait être très avancé dans le premier, et avoir produit la sclérose dans le second.
Dans les deux autres animaux (un chien et un singe), chez lesquels les faisceaux pédonculaires droits furent mutilés à la base, opération qui se fit un mois seulement après l’ablation du lobe moyen, on eut, au contraire, des phénomènes d’irritation identiques à ceux qu’on a observés à la suite de l’hémi-extraction cérébelleuse, quoique un peu moins intenses et durables. On nota la rotation sur l’axe longitudinal, du côté opéré au côté sain, ce qui tend à démontrer que les fibres du faisceau pédonculaire, déjà en voie de dégénération, n’avaient pas perdu leur excitabilité un mois après la première opération.