‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 71 sur 163 · L. LUCIANI · texte numérisé non relu

L. LUCIANI

parviennent à maintenir l’équilibre dans la station, dans la marche et | ^ dans la natation, dépendent des zones sensitivo-motrices du cerveau et peuvent ainsi être supprimés et séparés du syndrome du manque jj de fonctionnalité cérébelleuse, moyennant l’ablation des circonvolu- , f lions sigmoïdes qui constituent la partie la plus importante de ces zones. { r L’A., après cette riche série d’ohservations, passe, dans le Chapitre XL, j i à l’examen critique des faits qu’il a mis en relief, au point de vue de } leur valeur, pour déterminer, de la manière la plus précise possible, it les fonctions du cervelet. De la considération des phénomènes consécu- j i tifs aux mutilations circonscrites ou étendues, symétriques ou asymétri- [il ques, unilatérales ou bilatérales de cet organe, il résulte que ces phé- [\ nomènes ne diffèrent point par leur nature, mais seulement par leur iij intensité, par leur extension et par leur localisation prédominante, [i Gela démontre que le cervelet est un organe homogène comme fon- ji| étions et non un ensemble d’organes, dont les fonctions soient distinctes. D’autre part, l’apparition des phénomènes du côté qui correspond à la ( lésion, mise en rapport avec les observations anatomo-pathologiques i: de Turner et de Raggi, d’après lesquelles des atrophies partielles ou t unilatérales cérébelleuses correspondent à des altérations de l’hémis- [i phère cérébral opposé, tend à démontrer que, tandis que les rapports ■ les plus accentués anatomo-physiologiques du cerveau avec le reste | du système sont croisés, ceux du cervelet sont directs, de manière f que chaque moitié de cet organe exerce surtout son influence sur les ^ mouvements volontaires de la moitié correspondante du corps. Ainsi nous devons admettre un rapport anatomo-physiologique croisé entre o le cerveau et le cervelet, rapport qu'établissent soit les pédoncules fl cérébelleux supérieurs qui, comme nous avons vu, se croisent presque i dans leur totalité avant de se mettre en rapport avec les noyaux i rouges de Stilling, soit les pédoncules moyens, dont plusieurs fibres b (selon ce que bien des anatomistes admettent), arrivées au rhaphé i médian du pont s'entre-croiseraient avec celles du côté opposé, passe- | raient à la portion la plus interne du pédoncule cérébral, traverse- | raient la partie antérieure de la capsule interne pour aboutir aux |circonvolutions du lobe frontal du côté opposé. |

Après l’exposition de ces généralités, l’A. parle des phénomènes j: d’irritation. En général on peut dire qu’ils sont d’autant plus intenses | que la mutilation est plus profonde, qu’elle intéresse les couches du cer- |i velet où il y a le plus de substance blanche, et qu’elle s’étend davantage vers la base des faisceaux pédonculaires, c’est-è-dire au niveau

LE CERVELET

de leur point d’émergence du bulbe. Dans les lésions bilatérales symétriques, les phénomènes d’irritation se présentent d’une manière égale dans les muscles des deux côtés; dans les mutilations bilatérales asymétriques ou dans les ablations unilatérales, ils sont plus accentués du côté de la lésion, ce qui prouve évidemment que ces phénomènes dépendent de l’irritation des fibres eflerentes qui entrent dans la composition des faisceaux pédonculaires. L’irritp.tion aiguë du faisceau pédonculaire (l’ensemble des trois pédoncules) d’un seul côté produit les phénomènes suivants: agitation, gémissements, pleurothotonos vers le côté opéré, extension tonique du membre antérieur du même côté et mouvements cloniques des trois autres membres, contorsion à spirale de l’axe vertébral (surtout de la région cervicale) vers le côté sain, accompagnée de strabisme ét de nystagme. La présence de l’ensemble de ces symptômes n’est continue que dans les premiers jours qui suivent l’opération; plus tard, ils ne se manifestent plus qu’à la suite d’excitations extérieures.

Les phénomènes d’irritation qui se manifestent après l’ablation totale, dans leur période la plus aigué , sont les suivants : grande agitation, cris, opisthotonos, extension tonique des deux membres antérieurs avec des mouvements cloniques alternes des membres postérieurs et quelquefois avec convergence bilatérale des deux globes oculaires, tendance à reculer et à tomber en arrière. Tous ces phénomènes ne sont continus que pendant les premiers jours, ils n’apparaissent ensuite que lorsque l’animal veut faire des mouvements volontaires. En comparant ces deux groupes de symptômes correspondant aux ablations totales et unilatérales, on voit que ceux-ci ne diffèrent que comme intensité.

Le pleurothotonos et la contorsion à spirale de la colonne vertébrale, qui suivent l’irritation pédonculaire d’un seul côté, sont l’effet de la contraction des muscles qui déterminent l’incurvation et la rotation du cou et du tronc; l’opisthotonos, qui est la conséquence de l’irritation pédonculaire bilatérale, dépend de la contraction des mêmes muscles des deux côtés : il représente en effet le mouvement diagonal des deux mouvements latéraux. Dans le premier cas, nous avons nécessairement, comme conséquence mécanique, la rotation de l’animal autour de son axe longitudinal, toutes les fois qu’il tente de se mettre debout ou de fuir; dans l’autre cas, nous ne pouvons avoir, dans les mêmes circonstances, que la rétrocession, le renversement et la chute en arrière de l’animal opéré. Entre ces deux formes qui représentent nettement deux types distincts, on peut naturellement en rencontrer

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