‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 72 sur 163 · L. LUCIANI · texte numérisé non relu

L. LUCIANI

d’autres intermédiaires relatives au degré de mutilation. L’état aigu

des phénomènes d’irritation, si la plaie se conservée aseptique et qu’il 115 ne survienne pas de complications, ne dure que quelques jours, pen- |c dant lesquels les spasmes toniques vont en perdant de leur intensité l ia et de leur durée, et se transforment en mouvements cloniques oscil- hi latoires. 1

La première à cesser est la tendance à la rotation sur l’axe lon-

marcher augmente et les chutes deviennent toujours plus rares, sans qu’on puisse dire pourtant que les phénomènes d’irritation aient com- î plètement cessé: car ils reparaissent, quoique moins accentués, quand 1 on suspend en l’air l’animal en le tenant par le tronc. Avant la fa- ( culté de se tenir debout et de marcher, l’animal recouvre celle de la 1 natation.

Chez les singes, les phénomènes sont essentiellement les mêmes, i avec la différence qu’on a la flexion tonique des membres au lieu de . l’extension tonique, et que, dans l’ensemble, la durée de troubles pro- t venant de l’irritation est beaucoup moindre.

L’A. fait ensuite un sérieux examen du phénomène de la rotation 1 relativement à sa direction spéciale vers le côté sain ou vers le côté malade, phénomène sur lequel il y a une vive discussion entre les auteurs. Il passe en revue les opinions de Longet, de Vulpian, de Magendie et de Schiff, et après les avoir soumises à une fine critique il présente une explication du phénomène qui, basée sur les données expérimentales recueillies par lui-même, satisfait complètement.

Il ne peut pas admettre avec Schiff que le cervelet soit un organe de la volonté intercalé entre les grandes voies de transmission cérébrospinale, à travers lequel passe au moins une partie des fibres nerveuses qui transmettent les impulsions volontaires du cerveau à la moelle épinière, parce que même l’ablation complète du cervelet ne produit jamais de paralysie, et l’excitation mécanique ou électrique des zones sensitivo-motrices de la substance corticale du cerveau, chez les animaux qui ont subi l’ablation du cervelet, provoque les mêmes réactions que sur les animaux sains. Il faut par conséquent considérer

gitudinal et partant à rétrocéder et à tomber en arrière; à mesure que les spasmes toniques disparaissent en prenant le caractère des mouvements cloniques oscillatoires, qui se manifestent dans tous les muscles d’une manière plus ou moins sensible, l’animal commence à pouvoir se lever et faire quelques pas. Ces conditions vont ensuite en s’améliorant; la station peut se prolonger davantage, la faculté de

LE CERVELET

le cervelet comme un organe collatéral des grandes voies de transmission cérébro-spinale, comme un organe auxiliaire qui exerce une action spéciale de renforcement pour les autres centres, laquelle sera bien étudiée plus loin.

L’ablation d’un des faisceaux pédonculaires (expérience de Magendie, dans laquelle on observe la rotation du côté de la lésion), après une irritation fugace (qui se manifeste, d’après l’observation de Schiff, par une rotation vers le côté sain), détermine, en paralysant l’action d’une moitié de l’organe, une brusque cessation d’équilibre dans les activités fonctionnelles des centres encéphaliques des deux côtés, laquelle se révèle par le phénomène de la rotation. La prédominance des activités fonctionnelles d’une moitié des centres est la condion mécanique de la production du phénomène; et ce sont le trouble sensorial et l’impulsion vertigineuse occasionnés par la cessation subite d’équilibre, qui en constituent la cause immédiate. L’irritation inflammatoire ou traumatique d’un faisceau pédonculaire produit au contraire la rotation vers le côté sain (expérience de Longet et de l’Auteur), parce que, dans ce cas, le manque d’équilibre fonctionnel des centres dépend d’une exagération unilatérale de l’influx cérébral transmis par le pédoncule irrité. La cause qui détermine le phénomène est, dans les deux cas, une espèce d’impulsion vertigineuse, ce qu’on observe surtout chez les singes, et l’on ne peut pas absolument nier qu’au trouble sensorial interne vienne s’ajouter, pour sa production, le vertige oculaire.

Cette manière de voir relative à la production des phénomènes de rotation n’est pas en contradiction avec le fait que, chez les animaux opérés d’hémi-extraction cérébelleuse, ne se manifeste pas, dans la période de manque de fonctionnalité, la rotation vers le côté opéré, parce que les effets de l’absence d'une moitié du cervelet se prononcent peu à peu, de manière que le défaut d’équilibre qui en résulte ne va pas jusqu’à donner lieu au vertige; en outre, quoiqu’il y ait les conditions mécaniques pour la production du phénomène, l’usage normal des sens et spécialement du sens musculaire et des mouvements compensateurs appropriés servent à l’empêcher. Gela est si positif que si l’on élimine l’action corrective des actes volontaires par l’ablation d’une partie des sphères sensitivo-motrices, l’animal, à chaque essai de locomotion, roule vers le côté de la lésion du cervelet.

Dans les mutilations bilatérales complètes ou incomplètes du cervelet, le phénomène de la rotation ne peut pas se produire, parce que l’irritation s’étendant en même temps aux deux faisceaux pédonculaires.

Page 1