‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 73 sur 163 · L. LUCIANI · texte numérisé non relu

L. LUCIANI

il n’y a pas le défaut d’équilibre fonctionnel des deux moitiés de l’en- n céphale. Nous avons cependant les conditions qui peuvent provoquer i| ce trouble interne sensorial qui donne lieu à l’impulsion vertigineuse; i-f mais elles sont subordonnées aux nouvelles conditions fonctionnelles |] des centres encéphaliques, et elles ne se manifestent pas par la rota- i,i tion, mais par l’opisthotonos, par l’extension tonique des deux membres H antérieurs et 'par les chutes en arrière de l’animal. |

Les phénomènes d’irritation provenant des fibres efférentes des pé- [l doncules cérébelleux peuvent être considérés comme une conséquence || des excitations anomales transmises par les pédoncules moyens aux éléments ganglionnaires de la protubérance, laquelle, ainsi que le dé- f i montrent des études récentes, représente un point nodal auquel arri- [■ vent les diverses excitations provoquées à l’extrémité des nerfs sensi- li tifs, et par où passent, quand elles n’en proviennent pas directement, U les impulsions motrices qui arrivent à l’ensemble des muscles de la f vie animale. On ne peut cependant pas exclure d’autres transmissions r directes, soit par voie ascendante vers les noyaux rouges de Stilling • et le cerveau, soit par voie descendante vers les olives, le bulbe et la r moelle épinière, moyennant les fibres efférentes renfermées dans les i pédoncules cérébelleux supérieurs et inférieurs, ce qu’il faut admettre ! surtout d’après l’observation des scléroses et des dégénérescences qui i se propagent dans ces directions.

Il résulte évidemment de ce qu’on a dit jusqu’ici, que l’irritation i pédonculaire détermine un désordre fonctionnel des organes exécutant les actes volontaires, de manière à produire, suivant la différente intensité, ou un empêchement absolu, ou un trouble dans la coordination normale de ces actes, d’où l’impossibilité de les accomplir, ou bien l’inaptitude à les exécuter régulièrement ou avec la moindre perte possible de forces. L’incoordination absolue ou relative des mouvements provient de ce que les impulsions motrices ne se transmettent pas seulement, par les voies nerveuses , aux muscles appelés à agir, mais qu’elles arrivent aussi, par des voies collatérales, à des muscles d’un antagonisme plus ou moins prononcé avec ceux qui dépendent de la volonté. Gela ressort d’une manière évidente des contractures toniques que nous avons décrites, lesquelles (pendant toute la durée de l’irritation aiguë) se produisent toutes les fois que l’animal veut exécuter des actes volontaires; au fur et à mesure que l’acuité de l’irritation va en diminuant, l’incoordination absolue ou l’empêchement actif de la coordination des actes complexes volontaires se transforme

LE CERVELET

en un trouble de coordination, qui ne s’oppose pas complètement à l’exécution des actes , mais rend inapte à les exécuter d’une façon ^ régulière, produisant une déviation dans la forme et dans la mesure „ de ces mêmes actes, déviation que l’Auteur appelle dysmétrie.

Quand les phénomènes d’irritation vont en diminuant, comme nous . ont démontré les résultats des expériences exposées ci-dessus, nous voyons augmenter les phénomènes de manque de fonctionnalité céréi belleuse, dont l’Auteur nous présente, dans le chapitre XII, im examen t critique, bien détaillé, ainsi que l’exigeait la grande importance du sujet. L’extension des phénomènes do manque de fonctionnalité est en rapport avec l’extension de l’ablation de la partie du cervelet qui est I enlevée; ils suivent ainsi la même loi que les phénomènes d’irritation;

I ils en diffèrent cependant en ce que leur manifestation est plus accent. tuée dans le bipède postérieur, et qu’ils se localisent exclusivement à ^ la sphère des organes qui exécutent les actes volontaires, n’envahis- ; sant pas (au moins directement et d’une manière distincte chez les î animaux) la sphère des sens, des instincts et de l'intelligence. Les sens ■ tactile et musculaire sont aussi bien conservés ; les instincts de con- '• servation et de reproduction ne diminuent pas , ils augmenteraient i plutôt. Relativement à l’intelligence il est difficile de bien se prononcer, I parce qu’on a noté quelquefois des changements dans le caractère et

dans la conduite après l’ablation cérébelleuse: ainsi les singes sem- :blent devenir plus timides, et les chiens plus apathiques.

Les effets positifs du manque de fonctionnalité cérébelleuse consis- ’tent dans l’ataxie cérébelleuse et proviennent de deux éléments bien différents, c.-à-d. les vrais phénomènes de manque de fonctionnalité et les phénomènes de compensation, que nous avons vus en rapport di- ; rect avec l’intégrité de fonction des sphères psycho-motrices. On peut, ten général, établir que le manque de fonctionnalité se manifeste essen-

II tellement par le défaut d’énergie dans les mouvements volontaires |de l’animal privé du cervelet, par la diminution du ton musculaire et ipar le mode anormal de contraction des muscles, tandis que les actes I compensateurs se révèlent essentiellement par la forme insolite des î mouvements volontaires, c’est-à-dire par une mesure et par une diirection non ordinaires de ces mêmes mouvements.

On peut distinguer deux formes typiques extrêmes d’ataxie cérébellleuse: celle qui provient de l’extirpation de toute une moitié latérale îdu cervelet et celle qui dérive de l’ablation bilatérale complète. Gomimençons par la première.

Archives italiennes de Biologie. — Tome XVI.

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