‹ Développement des éléments du système nerveux cérébro-spinalChapitre 77 sur 163 · L. LUGIANI · texte numérisé non relu

L. LUGIANI

teur, on peut déduire cette conclusion fondamentale, savoir qu’on a 15 constaté dans tous ces cas les phénomènes les plus caractéristiques Hr , et les plus essentiels du manque de fonctionnalité cérébelleuse observés ['/ chez les animaux. Comme chez ceux-ci, ces phénomènes y présenté- It! rent une intensité et une extension différentes dans les divers groupes \<] musculaires dépendant directement de la volonté, c’est-à-dire plus }\\ grandes dans les muscles des membres pelviens que dans ceux des membres thoraciques; ils se manifestèrent toujours dans les muscles de l’axe vertébral et du tronc; très souvent et d’une manière assez sensible dans les muscles qui concourent à la phonation et à la pro- ff duction du langage. |

Gomme effets indirects et non nécessaires d’un manque partiel ou lit total d’action cérébelleuse, dans la plupart des cas (5 sur 8), on ob- *1 serve des phénomènes bien marqués de faiblesse mentale associés à i des symptômes névropathiques , surtout sous forme d’accès épilepti- * ; ques. Pour ce qui est de l’état latent de graves altérations cérébel- ». leuses, état qu’on n’observe jamais dans les recherches expérimentaies, l’Auteur, après avoir établi qu’il n’est pas en rapport avec le siège de la lésion, explique certains cas par une insuffisance d’observation, d’autres cas par un processus de compensation organique >

(comme on voit aussi chez les animaux dans les cas de lésion limitée), !

processus qui marcherait de pair avec l’altération, qui du reste n’augmente que très lentement. Il rapporte cependant 8 cas cliniques de graves défauts du cervelet accompagnés d’un manque relatif ou absolu des phénomènes essentiels de l’absence de fonctionnalité, et il croit ; qu’ils démontrent d’une manière assez évidente que lorsque (par une cause inconnue) il y a, pendant la vie embryonnaire, un arrêt ou un ! défaut de développement du cervelet, il peut se produire, dans l’ensemble du système encéphalique, des accommodements organiques et ^ fonctionnels capables de compenser complètement ou en grande partie le défaut organique et le manque de fonctionnalité du cervelet. Les expériences ne pouvaient pas démontrer ce fait, quoique l’Auteur l’eût entrevu et qu’il eût cherché à produire des mutilations cérébelleuses chez des chiens nouveau-nés, qu’il n’a pas pu conserver vivants.

(Chapitres XIV-XV). Après avoir réuni, comme nous venons de voir, toutes ces observations expérimentales et cliniques, l’Auteur déduit de ces recherches des conclusions qui peuvent servir de base à une nouvelle doctrine; il passe en revue les publications les plus importantes de ce siècle sur la physiologie du cervelet , démontrant l’évolution

LE CERVELET

des idées, la marche lente du progrès, les contradictions, les fausses interprétations, dont l’histoire est toujours très instructive dans toutes les branches de la science, et il met en évidence les faits nouveaux, les nouvelles productions de chaque auteur, distinguant parfaitement la partie objective des recherches des conclusions qu’on a voulu en tirer. Ces deux chapitres sont donc très intéressants au point de vue, je dirai, de \di physiologie de l’histoire, et la lecture en est très agréable parce qu’ils sont écrits avec une concision, une netteté et une dialectique qui démontrent toute la sagacité du critique.

L’ensemble des idées qu’il développe se rattache surtout à la théorie de Rolande, qui compare, peut-être trop hardiment, le cervelet à la pile Voltaïque et fait de cette partie de l’encéphale un organe essentiellement moteur, admettant comme chose incontestable que chaque moitié latérale du cervelet exerce son influence sur le côté du corps correspondant. Les théories de Flourens et de Magendie, qui voudraient faire de cet organe soit un régulateur des mouvements, soit un centre d’équilibration, quoiqu’elles soient encores admises et qu’elles reparaissent même dans des ouvrages relativement récents (Zenier, Bescherew), tombent devant l’étude clinique et le résultat d’un examen des observations expérimentales fait avec plus de soin, moyennant la distinction des phénomènes d’irritation dérivant immédiatement de la destruction cérébelleuse, de ceux de manque de fonctionnalité.

(Chapitre XVI). Le dernier chapitre est naturellement consacré au développement des idées que l’Auteur, grâce à ses longues et sérieuses études, a pu se former sur les fonctions du cervelet. Il est assez important pour que nous en reproduisions les points principaux.

Un fait vraiment fondamental relatif à la doctrine physiologique du cervelet, qui ressort non seulement des recherches de l’Auteur, mais aussi des meilleures observations cliniques et expérimentales, c’est que le manque d’une portion plus ou moins étendue et profonde de cet organe ou même son absence absolue n’a pour conséquence aucune paralysie partielle ou totale des sens, ou des mouvements, ou des fonctions sensoriales-intellectives et volitives qui en dépendent.

Ce fait nous porte naturellement à admettre que le cervelet avec toutes ses dépendances représente un petit système relativement autonome et, jusqu’à un certain point, distinct du grand système cérébrospinal. Il n’est pas un organe intermédiaire, intercalé le long des grandes voies de transmission cérébro-spinale, mais plutôt un organe appendiculaire, qui, moyennant des voies afférentes spéciales, se trouve direc-

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