L. LUCIANI
tement ou indirectement en rapport avec les organes périphériques de sens, et, par des voies efférentes spéciales, a des relations directes avec quelques amas de substance grise de l’axe cérébro-spinal et indirectes avec les appareils périphériques des mouvements volontaires. Le cervelet (comme le reste du système nerveux central ou cérébrospinal) est un organe dont l’action est bilatérale au double point de vue histologique et fonctionnel, mais en plus grande partie directe, contrairement à celle qu’exercent les hémisphères cérébraux, laquelle est aussi bilatérale, mais en plus grande partie croisée. L’influence cérébelleuse ne se limite pas aux muscles qui agissent dans les diverses formes de station et de locomotion, mais elle s’étend à tous les muscles volontaires, non pas au même degré pour les divers groupes musculaires, mais d’une manière bien plus prononcée pour les muscles des membres postérieurs ou inférieurs, ainsi que pour les muscles qui fixent la colonne vertébrale. Tout porte à croire que le cervelet est un organe homogène comme fonction , c'est-à-dire un organe dont chaque segment a les mêmes fonctions que l’ ensemble , et peut suppléer au manque des autres, pourvu qu’il n’y ait pas d’altération dans ses rapports naturels, soit avec les voies afférentes, par lesquelles il reçoit les impressions des sens, soit avec les voies efférentes, par lesquelles il transmet son influence au reste du système central.
Le fait que l’absence du cervelet, soit chez les animaux, soit chez l’homme, n’a pas nécessairement pour conséquence une paralysie, une imperfection ou un affaiblissement appréciable des sens externes et internes, nous porterait naturellement à croire que cet organe n’accomplit aucune fonction sensoriale; cependant, si l’on considère l’imperfection inhérente aux méthodes objectives indirectes qui peuvent être employées pour l’examen des diverses sensations chez les animaux, ainsi que les diflîcultés de l’examen subjectif des malades, surtout à cause de la facile suggesUonnobilüè des sujets, on renonce à se prononcer sur cette question dont on laisse à l’avenir la solution.
Gomme il résulte de l’ensemble des faits exposés que l’absence du cervelet se manifeste surtout par trois catégories de phénomènes, c’està-dire par des phénomènes névro-musculaires asthéniques, atoniques et astatiques, il s’ensuit que l’influence physiologique du cervelet sur le reste du système consiste en une action complexe qui procure: a J une augmentation de l’énergie potentielle dont disposent les appareils neuro-musculaires (action sthénique); IjJ une augmentation de leur tension pendant les pauses fonctionnelles (action tonique); c) une
LE CERVELET
accélération du rhythme des impulsions élémentaires pendant leur actijvité fonctionnelle, avec la fusion normale et la continuité régulière des actes (action statique). Toute excitation fonctionnelle des éléments vivants étant nécessairement accompagnée d’une modification du mouve- I ment nutritif, il est évident que cette action complexe du cervelet se rattache à une action trophique soit directe, soit indirecte. Cette in- : fluence trophique est naturellement lente, tranquille, continue, quoique variable en intensité dans les conditions normales de l’organe, et l’influence fonctionnelle (sthénique, tonique et statique) que le cervelet communique, à l’état normal, aux autres centres nerveux, est également lente, tranquille et continue.
L’activité physiologique complexe du cervelet n’est pas une activité spécifique nui generîs, mais plutôt une activité commune et, par conséquent, fondamentale de tout le système nerveux.
Les ganglions nerveux périphériques disséminés dans l’organisme, qui constituent dans leur ensemble le système du grand sympathique, ont, au fond, à l’égard de la vie végétative, la même valeur physiologique que le système cérébelleux relativement à la vie animale. Cette analogie est déjà démontrée expérimentalement par les récentes recherches du Proh Luciani par rapport aux fonctions des ganglions intervertébraux situés sur les racines spinales postérieures. Pour les ; ganglions intervertébraux, aussi bien que pour le cervelet, on a démontré une action trophique et une fonction de renforcement, qui doivent être considérées comme deux manifestations différentes d’un même processus qui constitue le fond inexploré et encore mystérieux, non seulement de la physiologie du cervelet et des ganglions intervertébraux, mais de celle du système nerveux en général.
Nous avons ainsi exposé les points les plus saillants de l’ouvrage de M'' Luciani, en nous servant la plupart du temps de ses propres expressions; nous ne pouvions faire autrement le résumé d’un livre où la diction est si succincte, si exacte et si claire, que le lecteur suit, avec la plus grande facilité, l’expérimentateur dans ses recherches et dans ses considérations.
Mâtériaux pour l’étude du développement du Seps Glialcides (i).
Communication préliminaire du D'^ ERCOLE GIACOMINI Prosecteur à l'Institut Anatomique de Sienne.
(Avec une planche)
Le Seps chalddes, appartenant au sous-ordre des Sauriens, appelé des Brémlingues {BreviUnguia), est un reptile parfaitement vivipare. Il peut être maintenu pendant longtemps en captivité en lui donnant pour nourriture, des insectes, dans la saison d’été, des mouches et des cigales qu’il mange très volontiers.
Le Seps cfialcides peut fournir un matériel très précieux, même pour l’école, parce qu'il offre la facilité de se pourvoir, comme je l’ai fait, d’une collection complète d’œufs et d’embryons dans tous les stades de développement, sans compter que ses œufs sont très intéressants, à cause de toutes les particularités que j'exposerai plus loin.
Je commençai à recueillir le matériel dès le 19 avril de cette année, et je continuai jusqu’aux derniers jours d’août, sacrifiant chaque jour deux ou trois femelles, tant étaient nombreux les individus que j’avais à ma disposition. Le 10 mai je trouvai les premiers œufs descendus dans les oviductes; ces œufs, de figure sphérique, mesuraient 3 mm. environ de diamètre. A partir du 10 mai, j’eus chaque jour l’occasion de disséquer des femelles ayant des œufs dans les oviductes; cependant, même le 27 mai, quelques femelles possédaient des œufs ovariques mûrs, non encore descendus dans les oviductes.
Les œufs ovariques croissent rapidement depuis les derniers jours d’avril jusqu’aux premiers jours de mai, mais ils ne dépassent jamais.
(i) Mnnitore znoloqico italiano. P’iorence, an. II, n"* 9-10.
matériaux pour l’étude du développement du seps CHALGIDES 3:^3
jquand ils sont mûrs, le diamètre de 2,5 à 3 mm. environ; lorsqu’ils ont atteint cette grandeur, ils descendent dans l’oviducte. Chaque œuf, dans l’ovaire, a une capsule fibreuse propre revêtue d’une couche d’éléments épithéliaux de très petites dimensions — la granuleuse — , lesquels is’étendent sur la mince membrane vitelline. Le disque germinatif, ou cicatricule, dans les œufs mûrs, ressort, macroscopiquement, par sa blancheur; il est très grand et mesure 1,5 mm. environ, de diamètre :(flg. 1).
Les oviductes en repos, c’est-à-dire quand ils ne contiennent pas d’œufs, atteignent une longueur maximum d’environ 70 mm., ou un peu plus; ils sont aplatis et ont une largeur de mm. 1,5 environ; ils se présentent finement plissés ou contournés, seulement dans leur extrémité céphalique amincie et cylindrique, qui fait suite à V entonnoir, sur une extension de 5 mm. environ ; dans le reste ils sont dépourvus de plis. L’oviducte se compose d’un revêtement péritonéal externe, lequel se continue ensuite comme mésomètre qui conduit les vaisseaux et tient l’organe inséré aux côtés de la colonne vertébrale (le mésomètre atteint l’oviducte par son bord médial, et le revêt ensuite, tout autour, comme je l’ai rappelé), d’une tunique musculaire à fibres lisses distribuées sur une double couche, l’une, externe, longitudinale, l’autre, interne, circulaire, et d’une muqueuse avec le connectif sous-muqueux. En section transversale, l’oviducte est de figure elliptique avec une étroite lumière. La muqueuse a de nombreux plis élevés, très rapprochés entre eux, dirigés en sens longitudinal, lesquels, dans les sections transversales, apparaissent comme de nombreuses villosités circonscrivant autant de cryptes. Le tissu connectif sousmuqueux, qui s’insinue dans chaque villosité, sert de soutien aux vaisseaux capillaires sanguifères. L’épithélium de revêtement est cylindrique, simple, à éléments petits, plutôt bas, avec contenu peu abondant, légèrement granuleux, et noyau arrondi, situé dans la moitié inférieure du corps cellulaire. Le connectif qui, dans les sections transversales, forme les cloisons limitant les cryptes, se termine à leur sommet, en étendant, en manière de pinceau, ses fibres sur lesquelles s’appuient les cellules de l’épithélium; celles-ci par la figure cylindro-conique qu’elles prennent, et par leur contenu cellulaire plus clair, diffèrent un peu des autres cellules qui revêtent les côtés et le fond des cryptes; çà et là, j’ai remarqué, dans les éléments de l’épithélium, la présence •le quelques mitoses. L’épithélium de la portion amincie et contournée est cylindrique vibratile. Quand les œufs sont près de descendre dans
E. GIACOMINI
l’oviducte, ou qu’ils y sont descendus depuis peu, cette portion est j moins amincie, elle s’aplatit et se distingue du reste de l’oviducte seu- \¥ lement par ses flexions. ' 1
Les œufs mûrs descendus dans les oviductes, où ils sont fécondés, ||j s’y arrêtent sans se pourvoir d’aucune des membranes secondaires, ni | d’albumen, c’est-à-dire d’enveloppe plus ou moins résistante. Pour cette If raison, et à .cause de leur petit volume qui entraîne avec lui une pé- \\ nurie assez considérable de vitellus nutritif, les œufs du Seps s’éloi- il gnent du type que l’on rencontre habituellement chez les Sauropsidiens et se rapprochent davantage de celui qu’on trouve chez les Poissons, |i| en général, et, chez les Poissons cartilagineux, en particulier. Voilà \ï donc, déjà, une particularité qui nous fait prévoir des différences entre i | le développement des œufs du Seps et celui des œufs d’autres reptiles. Cette communication est destinée, d’une manière particulière, à exposer tl quelques-unes de ces différences.
De même que, chez les Poissons cartilagineux vivipares et chez les i \ Mammifères, où l’œuf est dépourvu, en tout ou en partie, du matériel il nécessaire aux besoins nutritifs de l’embryon, il existe un organe ma- fi ternel, spécial, destiné à élaborer peu à peu ce matériel et à le fournir | aux œufs en voie de développement, par le moyen des relations qui :i s’établissent entre la superficie externe des œufs et la superficie interne i de l’utérus ou matrice, ainsi, nous verrons s’établir chez le Seps, à ! un certain stade du développement de l’œuf, des rapports entre celui-ci et la mère, pour suppléer à l’insuffisance du matériel assimilable, né- " cessaire à la formation du nouvel être.
Le développement, dans cette espèce de reptiles, ainsi que dans toutes j les autres, est très lent, et j’ai recueilli les premiers nés le 27 juillet, i
Les petits sont expulsés libres des annexes fœtales qui restent insérées à l’ombilic abdominal, au moyen d’un très court cordon ombilical; ils ont une longueur maximum de 93 à 95 mm,, mesurée de l’extrémité céphalique à l’extrémité caudale, et, dès qu’ils sont émis, ils se meuvent avec une grande vivacité. Si l’accouplement a lieu entre la fin d’avril et le commencement de mai, et la parturition sur la fin de juillet ou au commencement d’août, on voit qu’il faut un espace de temps, de trois mois environ, pour le développement complet des nouveaux êtres. Pendant ce temps les œufs croissent dans les oviductes, où ils se disposent chacun dans une propre chambre incubatrice, jusqu’à atteindre, quand l’embryon est près du terme de développement.
matériaux pour l’étude du développement du seps ghalcides 335 21-22 mm. environ, dans le plus grand axe, et 9-10 mm. dans le plus petit.
Le nombre des œufs qui descendent dans les oviductes varie depuis un minimum de 5 jusqu’à un maximum de 15; en moyenne, ils sont au nombre de 8 à 10. D’habitude, on en trouve presque le même nombre dans un oviducte que dans l’autre, parfois beaucoup moins dans l’un que dans l’autre. Les œufs n’accomplissent pas toujours un développement régulier, quelques-uns, même, restent atrophiques après que le processus embryogénique est déjà commencé. Les œufs descendus dans les oviductes s’y disposent en une série moniliforme, à la distance de 5mm. environ l’un de l’autre; la portion d’oviducte intermédiaire entre une chambre incubatrice et l’autre, se présente arquée, mince et cylindrique, non plus aplatie (fig. 2). La longueur relative de l’oviducte, par suite de cette disposition, diminue et mesure en moyenne de 50 à 55 mm.; successivement, quand les œufs croissent notablement, la longueur de loviducte augmente; et cette augmentation n’est pas seulement relative, mais encore absolue, puisqu’il atteint jusqu’à 110 mm. Les œufs tournent leur pôle animal vers le bord médial des oviductes, c’est-à-dire vers la partie dans laquelle s’insère le mésomètre. Dans les premiers œufs descendus dans l’oviducte, que je recueillis, la segmentation avait déjà commencé et progressé. A travers les parois de l’oviducte, qui se distendent sur l’œuf, on voit le blastoderme qui, petit à petit, va en s’étendant vers le pôle végétatif. Les œufs, en augmentant de volume, acquèrent une forme ovoïde, avec la petite extrémité occupée par le pôle animal et tournée vers le bord médial de l’oviducte (fig. 3). Dans des œufs dont le plus grand axe est d’environ 5 mm., on aperçoit bien, à travers les parois de l’oviducte, la face dorsale du petit corps de l’embryon, situé très superficiellement et en direction perpendiculaire à l’axe longitudinal de l’oviducte (fig. 4 et 6). Les deux portions cylindriques de l’oviducte, qui sont en contact, chacune avec l’extrémité respective de la chambre incubatrice, limitent, dans l’œuf, un léger étranglement qui divise l’ovoïde en deux segments dont l’un comprend, avec la grosse extrémité de l’ovïde, presque les deux tiers de ce dernier, tournés latéralement, l’autre, le tiers restant tourné vers le milieu (fig. 3 et 5). L’oviducte devient toujours plus riche de sang, et l’aire vasculaire, dans l’œuf, va en s’étendant lentement et progressivement vers le pôle végétatif. Les œufs maintiennent cette disposition de l’aire embryonnaire superficielle, tant que leur plus grand axe est de 6 mm. environ. Ensuite,
E. GIACOMINI
tandis que l’œuf croît et perd la parfaite figure ovoïde, qu’il avait i' acquise et conservée pendant un certain temps, l’embryon s’enfonce et, dans l’oviducte, médialement, c’est-à-dire au niveau de l’insertion fi du mésomètre, se dessine une petite aire elliptique, très vascularisée, ,• qui se distingue du reste des parois de l’oviducte, parce qu’elle est devenue moins transparente et d’une couleur qui tend au rose. En ! acquérant de plus grandes dimensions, l’œuf a son plus grand axe i dirigé dans le sens de celui de l’oviducte. Les portions de l’oviducte, ;
situées entre les chambres incubatrices, deviennent toujours plus i courtes, s’élargissent et s’aplatissent, sans cependant disparaître jamais; | il reste toujours, entre les différentes chambres incubatrices, une limite j marquée par un rétrécissement très fort en comparaison de la largeur de ces dernières, même quand les œufs contiennent des embryons près du terme de développement.
Dans les œufs recueillis du 15 au 20 juin, et dont le plus grand axe est de mm. 7,5 — 8,5, et le plus petit axe de mm. 5,5 — 6,5, on peut étudier très bien la singularité intéressante qui consiste dans les relations qui s’établissent entre les parois de la chambre incubatrice et les annexes de l’œuf, singularité que je disais être jointe à celle de l’insuffisance de quantité du matériel assimilable nécessaire au développement de l’embryon.
Je décrirai d’abord l’aspect macroscopique des œufs à cette période de développement et à des périodes plus avancées, et je parlerai ensuite de l’aspect microscopique que présentent certaines parties de l’oviducte et des annexes fœtales.
Dans un œuf des dimensions indiquées en dernier lieu, on peut observer les différentes annexes fœtales et l’embryon, même à travers les tuniques de l’oviducte, parce qu’elles sont très ténues et presque diaphanes, et que les membranes de l’œuf sont également transparentes au point de laisser apercevoir l’emhryon dans ses plus petits détails. En extrayant un de ces œufs de l’oviducte, on remarque que, tandis que les minces parois de ce dernier sont distendues sur la superficie de l’œuf, et le revêtent exactement, mais sans y contracter la moindre adhérence, il y a aussi l’aire elliptique, indiquée plus haut, qui se distingue, par un léger degré d’opacité, du reste des parois de l’oviducte et des membranes fœtales, dans laquelle, l’adhésion entre les unes et les autres apparaît très notable.
L’œuf, délivré de l’oviducte, et examiné soigneusement, montre un sac vitellin, une allantoïde et un amnios très distincts. Le sac vitellin
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et l'allantoïde se présentent comme deux petites vessies en forme de calotte ou d’hémisphère, rapprochées l'une de l’autre par leur circonférence, lesquelles, dans leur milieu, renferment l’amnios avec l’embryon. Quand l’œuf est disposé de manière que l’extrémité caudale de l’embryon, avec la face dorsale tournée en haut, regarde vers l’observateur, l’allantoïde se trouve située au côté droit et le sac vitellin au côté gauche. L’amnios, assez peu développé, est tenu distendu par une petite quantité de liquide amniotique (figg. 7, 8, 10, 11, 12).
L’allantoïde et le sac vitellin forment toute la superficie externe de l'œuf, mais ils ne possèdent pas la même grandeur; le long de leur ligne de confins, ils peuvent être facilement séparés l’un de l’autre. Ils sont enveloppés et retenus ensemble par l’involucre séreux, ou membrane subzonale qui, ici, se transforme en un véritable et propre chorion.
L’involucre séreux se voit très bien du côté de l’œuf qui correspond à la face dorsale de l’embryon, où l’allantoïde et le sac vitellin, n’étant pas étroitement en contact l’une avec l’autre, comme dans le reste, il existe, le long de la ligne de confins, un petit espace, le plus souvent de figure triangulaire, avec un côté formé par le sac vitellin, et les deux autres par l’allantoïde qui, là, se présente parfois légèrement entaillée par un tronc vasculaire courant à sa superficie , dans lequel l’involucre séreux passe , en manière de pont , de l’allanto'ïde sur le sac vitellin (fig. 12 F). En déchirant, sur ce point, la mince membrane subzonale, on tombe directement sur l’amnios. De ce côté, il est facile de commencer à séparer le sac vitellin de l’allanto'ïde.
Le sac vitellin, ou vésicule ombilicale, est plus petit que l’allanto'ïde ; il a les parois opaques, plus épaisses du côte opposé à celui qui regarde l’amnios, et contient un jaune plus ou moins dissous. Dans le centre de la partie par laquelle le sac vitellin est adossé à l’amnios, s’implantent les vaisseaux omphalo-mésentériques qui, de ce point, se ramifient sur toute l’aire vasculaire de la vésicule ombilicale.
L’allanto'ïde, plus grande, comme extension, que le sac vitellin, a des parois très transparentes et riches de vaisseaux ; elle est remplie d’un liquide tout à fait clair et sans couleur, dans lequel nage un petit corps opaque et blanchâtre. Sur la portion de la superficie externe de l’allanto'ïde, correspondant à l’aire elliptique et opaque, remarquée dans les parois de la chambre incubatrice, on aperçoit également une
Archives italiennes de Jiiolo(jie. — Tome XVI.
E. GIAGÜMINI
aire semblable; c’est entre ces deux aires qu’a lieu l’adhérence citée plus haut, et que je vais décrire.
L’adhésion est due à de petites et nombreuses proéminences, ou papilles, très rapprochées entre elles, qui existent dans les deux parties correspondantes de l’œuf et de l’oviducte (fîg. 18, PF A, PMA) \ elles ont, spécialement dans ce dernier, une forme oblongue et font apparaître ces superficies comme recouvertes de fines rides ayant un cours i en zig-zag, bien qu’elles montrent, de préférence, une direction dans le sens du plus grand axe de l’oviducte et de l’œuf. En examinant ces superficies au moment où on en effectue la séparation, on aperçoit clairement que les proéminences de l’une s’encastrent dans les sillons laissés par les autres. Les proéminences de l’oviducte sont un peu plus petites et un peu plus étroites que celles de l’œuf ; les premières, aussi bien que les secondes, se présentent très vascularisées: celles-là par les capillaires provenant des vaisseaux qui, en grand nombre, vont à la chambre incubatrice, du côté où s’insère le péritoine qui la revêt; celles-ci par les vaisseaux allantoïdiens qui, en un faisceau, se dirigent vers Taire papillaire existant dans l’allantoïde, pour s’y distribuer, quelques-uns à ses bords, d’autres vers son centre, et s’y ramifier. Les petits vaisseaux parcourent les villosités dans le sens de leur plus grande extension. En séparant les deux aires papillaires dans des œufs avec embryons vivants, il arrive souvent de voir, par suite de la lacération des capillaires, une très petite quantité de sang s’écouler du sommet des papilles fœtales. Dans des œufs dont le plus grand axe est de mm. 7,5-8, 5, et le plus petit de mm. 5,5-6,5, Taire papillaire elliptique a son plus grand axe de 6-7 mm. et plus petit de mm. 3,5, environ. Les villosités sont plus proéminentes vers les deux extrémités de l’ellipse (fig. 7-12, P F A).
Le sac vitellin acquiert la forme d’un chapeau de champignon ou d’une écuelle sur laquelle repose l’embryon (fig. 7, 8, 10, 11, 12, SCV). De la partie centrale de la surface externe du sac vitellin, ou, pour m’exprimer plus exactement , de la superficie du pôle végétatif de Tœuf, après que celui-ci a été délivré de Toviducte, se sépare une petite membrane de figure circulaire, avec limites bien définies, laquelle, par ses caractères microscopiques, se révèle comme reste de la membrane vitelline. La cavité du sac vitellin, qui, à cette époque, occupe un tiers de Tœuf, ou même davantage, est large; avec Taccroissement de Tœuf, elle va ensuite en s’étendant en superficie , mais elle devient toujours plus étroite et successivement elle se ré-
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duit beaucoup de volume à l’avantage de l’allantoïde, pour s’atrophier à la fin, tandis que, petit à petit, elle se retire davantage vers le pôle végétatif. Il est à remarquer, cependant, que, même dans des œufs près du terme de leur développement, subsiste, bien que très réduite, une portion de la superficie externe de l’œuf, formée par le sac vi* tellin, lequel, par conséquent, malgré son atrophie, ne disparaît pas totalement et n’est pas entièrement entouré par l’allantoïde, puisque celle-ci s’arrête toujours à la limite de la portion de superficie externe de l’œuf occupée par ce qui reste de sac vitellin. En se réduisant de volume, le sac vitellin change de figure, il devient ellipsoïdal, avec le plus grand axe dirigé dans le sens de celui de l’oviducte. Dans des œufs arrivés aux dernières phases, dont le plus grand axe est de mm. 19-20 et le plus petit de 9-10, il a 9 mm. en longueur et 3 en largeur, et présente, à sa surface, quelques fines rides dirigées suivant le plus grand axe (fig: 16, PF V); celles-ci apparaissent avec évidence après qu’on a écarté les rares résidus de membrane vitelline qui, dans cette période, ne possède pas toujours de figure et de limites bien nettes. Ici il est bon de mentionner une particularité qui n’est pas sans importance morphologique ainsi que je chercherai à le démontrer plus loin. Dans des œufs dont le plus grand axe est de 15 mm. environ, et le plus petit axe de 10, dans lesquels le sac vitellin, mesuré à la superficie externe de l’œuf, a de 10 à 11 mm., environ, de longueur et de 6 à 7 de largeur, on observe, précisément au niveau du pôle végétatif, une petite aire, un peu allongée dans le sens du plus grand axe de l’œuf, avec les dimensions de 5 mm., environ, en longueur et de 3 en largeur, pourvue d’une légère dépression centrale et de fines rides rapprochées entre elles s’irradiant du lieu de dépression vers les deux extrémités de la même aire. Cette dernière, principalement vers sa partie déprimée, est recouverte par les restes de la membrane vitelline qui s’y adapte en forme d’une petite membrane facilement séparable quand l’œuf a été délivré de l’oviducte. En écartant cette petite membrane, on voit parfois s’élever, exactement du milieu du point déprimé, un petit tubercule blanchâtre, arrondi, de 1 mm. environ de diamètre (fig. 15, PFV et T). La dépression disparaît dans des stades très avancés, et alors on ne rencontre que les fines rides dirigées suivant le plus grand axe qui vient d’être rappelé. Ici, je dois dire également que la séparation des parois de la chambre incubatrice d’avec la superficie externe du sac vitellin, dans la région où existent les rides susdites, a lieu moins facilement que
E. GIAGOMINI
dans les parties circonvoisines. La raison de ce fait consiste dans la présence de quelques autres rides semblables , dans la région correspondante de la face interne de la chambre incubatrice, lesquelles s’engrènent avec celles du sac vitellin. Dans des œufs jeunes, l’espace qui correspond à la dépression décrite ci-dessus, apparaît plus étendu et diffère du reste de la surface externe du sac vitellin, par sa coloration beaucoup moins obscure ; cet espace, recouvert par les restes de la membrane vitelline, va successivement en se rétrécissant et en acquérant les apparences indiquées plus haut. D’après ce que j’ai dit, on comprend qu’il s’agit ici de \'aire vitelline, — partie non vascularisée du sac vitellin ou vésicule ombilicale qui, graduellement, avec la progression de l’âge de l’œuf, se resserre, présentant, dans son centre, cette dépression que l’on doit considérer comme Yombilic ombilical (flg. 13, 14, 0 0) — et d’une relation qui s’établit, dans des œufs assez avancés dans leur développement, entre la face externe de la portion de paroi vitelline entourant l’ombilic ombilical et la face interne, correspondante, de la chambre incubatrice ou matrice. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces particularités quand nous nous occuperons de leurs caractères microscopiques. Reprenons maintenant, pour un instant, l’examen macroscopique de l’allantoïde.
La cavité de l’allantoïde , dans des œufs ayant les dimensions de mm. 7,5-8,5, environ, pour le plus grand axe et de mm. 5,5-6,5 pour le plus petit, est déjà plus grande que celle du sac vitellin (fig. 7, 8, 11, 12, A). En s’étendant en superficie, les parois externe et interne de l’allantoïde se rapprochent graduellement l’une de l’autre, et la cavité allantoïdienne perd peu à peu de sa largeur, bien que l’organe s’accroisse considérablement et acquière du terrain vers le pôle végétatif. Ce rapprochement s’opère, moins à cause de la distension de la cavité amniotique, laquelle, relativement, contient toujours peu de liquide, que par suite de la croissance du corps de l’embryon. Dans des œufs recueillis le 15 juillet, et ayant le plus grand axe de 17 mm. environ, et le plus petit de 11 mm., faire papillaire elliptique, d'abord décrite dans l’allantoïde, était longue de 14 mm. et large de 6; dans des œufs près du terme de développement, avec le plus grand axe de 21-22 mm. et le plus petit de 10-12 mm., elle avait 15 à 16 mm. de longueur et 5 à 6 de largeur. Les villosités de l’œuf présentent, avec l’accroissement, leurs extrémités libres, élargies, de sorte que, les ouvertures des sillons qu’elles circonscrivent , sont plus étroites que le fond de