CHAPITRE II
EMPUUSHE DE BACON ET DE GALILÉE. — PROGRES DE LA PHILOSOPHIE PRATIQl’E. — PROGRÈS DES SCIENCES PHYSIQUES
jCsqu’en 1818 ; oPTiorE* astuonomie, géographie mathématique, PHYSIQUE EJLPÉRIMENTALE, CHIMIE, SCIENCES MÉDICALES, HISTOIRE NATURELLE.
Avant tout, observons en général, et pour les connaissances philosophiipies et pour les connaissances physiques, que la certitude relative, attachée aux faits des objets respectifs de ces connaissances, dut d’abord être accompagnée d’une tendance vers la certitude absolue , attachée aux lois mômes de ces objets respectifs. Car, la certitude absolue, fondée sur V inconditionnalité des lois, est évidemment le terme de toute certitude; de sorte que, tendant vei-s la vérité, on devait avoir en vue ce dernier terme , quoique l’on ne pût d’abord le réaliser que raoyeiinant la certitude relative, attachée aux faits, qui en est la manifestation
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originaire. Ainsi , la première détermination précise du caractère intellectuel de la quatrième période, détermination qui fut commune aux connaissances philosophiques et aux connaissances pliysiques , consiste dans la tendance de la certitude relative vers la certitude absolue, c’est-à-dire, dans la GÉNÉRALISATION . nés FAITS, ou l’introduction de l’universalite des lois dans l’individualité des faits. Ce procédé inductionnel, connu sous le nom A' empirisme, fut donc celui du premier développement des connaissances en général, philosophiques et physiques, dans la période dont il - ; s’agit.
En effet , Bacon dans la philosophie et même dans la physique, et spécialement Galilée dans la dernière, ouvrirent cette nouvelle carrière précisément par le procédé de l’empirisme, que nous venons de fixer. — Bacon ramena les recherches philosophiques à l’observation des faits du savoir, et à l’induction des lois, du moins présomptives, que suivent ces faits intellectuels. 11 prescrivit le même procédé pour l’acquisition des connaissances physiques, c’est-à-dire, l’ob-. servation scientifique des faits de la nature, et l’induction des lois ou des principes dont dépendent ces faits matériels. Ce philosophe fixa ainsi I’expérience pour unique source de nos connaissances. — Galilée réalisa le premier, par des découvertes importantes, cette nouvelle tendance scientifique : ce savant arriva, sur cette route, à la connaissance des lois de la chute
des corps, accidentellement à celle de la pesanteur de l'air, et à la connaissance fie plusieurs phénomènes optiques et célestes.
Ce domaine de l’expérience, découvert et signalé ainsi vers le commencement du dix-septième siècle, fut exploité avec fruit, dans toutes ses parties, par les successeurs de Bacon et de Galilée, jusqu’à nos jours.
Dans l’étude de la liberté ou de la spontanéité, formant l’objet général de ce que l’on nomme sciences philosophiques, toutes les branches dépendantes de l’expérience furent cultivées avec succès. — La psychologie , et généralement l’anthropologie, furent fondées sur de nombreuses observations (1). ■ — La grammaire générale, depuis les piemiers essais d’Arnauld, reçut de grands développements (2). — Quant à la logique, elle fut d’abord méconnue par l’empirisme, dont elle dépassa la portée; et elle fuf coii^ fondue, tantôt avec la métaphysique, comme l’a fait Tschirnhausen, tantôt et surtout avec la psychologie, comme l’ont fait Locke et ses sfH'tateurs,. Cependant, Leibnitz et Wolf ramenèrent la logique vers sa pureté ; et depuis, elle fut cultivée avec quelques succès (3), jusqu’à Kant qui la remit à sa. véritable place. — Nous
(1) Par Descartes, Wolf, Hartley, Bonnet, Platiier, Helvétius, etc., jusqu’à Schmid, Heid, Dugald, Stward, C^ibanis, Lawater et Gall.
(2) Par Harris. Kalniar, Court de Gébelin, Meiner, Beattie, Roth, Hertian, Neide, etc., etc., jusqu’à Bcrnhai di et Vater.
' (3) Par Platner,- Reimarus, Feder, Plrich, etc., etc.
ne parlerons pas ici de la métaphysique, ou de la philosophie spéculative, qui, sortant entièrement des bornes de l’expériencé, ne pouvait recevoir que des erreurs par les prétentions absurdes que manifestait souvent l’empirisme, en voulant' s’étendre jusqu’à cette sphère supérieure de nos connaissances; et cela lors même qu’il ne prétendait ici prononcer que négativement.
Mais, la philosophie pratique fut plus heureuse, parce que le bien se manifeste dans le domaine de l’expérience: en Angleterre, elle fut cultivée avec distinction (1), et en Allemagne surtout, elle prit une marche, nouvelle et régulière. Thomasius distingua avec précision les devoirs éthiques ou de conscience, des devoirs juridiques ou de coercition ; et dès lors, la morale fut traitée avec une grande supériorité (2).
Le droit public, qui paraît avoir excité cette tendance pratique, et qui, lui-même, fut réveillé par les relations politiques, comme nous le verrons dans la suite, reçut de Grotius un aspect nouveau , et fut ainsi développé successivement (3).
L’esthétique ou la critique du beau, en se fondant
(ij Par Clarke, Hume, Schaftsbury, Hutcheson, Fergusson, Smith, Lord Kaimes, Ed. Search, et autres, jusqu’à Dugald-Stewart.
(2) Depuis Wolf, son adversaire Crusius, Platner, etc., etc., jusqu’à Jacobi et Garve.
(3) Par Selden, Hobbes, Puffendord, Achenwall, do Vattel, Kurlamaqui, et autres.
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sur Tuniversalité dans le sentiment, fut introduite en Allemagne par Baumgarten, et cultivée aveç succès par ses successeurs (1).
La pédagogique , depuis sa réforme par Montaigne et surtout par Bacon, se développa, et dans la pratique (2), et dans la théorie (3). — Enfin, la politique, qui reçut déjà de Bodin une forme scientifique, fit de grands progrès dans cette quatrième période, par le développement raisonné des intérêts des Etats, comme nous le verrons bientôt, où nous aurons occasion de rappeler ces progrès: ici, nous nous bornerons à signaler les travaux purement scientifiques, tels que sont, pour la politique en général, les recherches fragmentaires des Anglais (4) et -les recherches systématiques des Allemands (5); et, en particulier, pour l’économie politique, les travaux de Quesnay, d’Adam Smith, et de leurs partisans; et, pour la législation, les recherches de Montesquieu, de Payley, d’Iselin, de Filangieri et de Beccaria.
Dans l’étude de la nature, formant l’objet général
(1) Meier, I.essing, Mendelsohn, Eberhard, Gaeng, Heidenreich, etc., jusqu’à VVinkelman, Abt, Engel et Sùlzer.
(2) ParComenius, Francke, Campe, etc., etc., jusqu’à PestaJozzi, et Lancaster.
(3) Par Locke, Crousaz, Rousseau, Basedow, ïrapp. etc., etc., jusqu’à Niemeyer.
(4) Locke, Bolingbroke, Hume, Junius (Arburnot), et autres.
(5) Bieifeld, Sebmauss, Achenwall, Miebaelis, etc,, etc., jusqu’à Schloezer,
des sciences physiques, toutes les branches indistinctement furent développées, parce que toutes sont accessibles par l’expérience.
La mécanique, préparée par Stevin, prit seule une tendance purement mathématique qui, au reste, lui a fait faire, dans cette période historique, des progrès incomparablement supérieurs à ceux de toutes les autres sciences physiques, et cela en la détachant de l’empirisme (1), à l’exception cependant de l'hydraulique qui reste encore sous cette domination. ^
L’optique, dépendant davantage de l’expérience, fit cependant des progrès presque parallèles à ceux de la mécanique. Porta et Scarpa préparèrent l’e.xplication mécanique de la vision, donnée par Keppler ; Snell observa la réfraction, et Grinialdi la diffraction des
(1) Nous n’exposerons pHS ici les découvertes de la mécanique, parce qu’elles rentrent ainsi dans les mathématiques, et n’appartiennent plus eu propriété à cette dernière période où domine l’empirisme.
rayons lumineux; Newton découvril la différente ré^ frangibilité des couleurs, et posa d’ailleurs les fondements de l’optique ; Rœmer calcula la propagation et Bradley l’aberration de la lumière; Euler découvrit à l’achromatisme des verres optiques; et enfin, de DOS jours. Malus remarqua la polarisation de la lumière.
L’astronomie, préparée par Kopernic, fut fondée par Keppler et Newton, dont le premier découvrit les relations phoronomiques des astres, et le dernier la cause physique de ces relations. Elle n’a pas cessé de recevoir des découvertes, depuis cette institution positive jusqu’à nos jours (1). Ces découvertes sont : la réfraction, la position des étoiles et des nébuleuses, le changément de leur lumière, et leur mouvement général vers la constellation d’IIercule ; les planètes Uranus, Gérés, Pallas, Junon, Vesta ; plus de cent commètes ; les satellites de Jupiter, de Saturne et d’Uranus ; les anneaux de Saturne ; les distances des planètes au soleil, et des satellites à leurs planètes res-
(i) Par Tycho, Galilée, Marius, Hariof, Scheiner, Hévélius, Huyghcns, Gaesini, etc., etc.-, jusqu’à Herschel, Piazzi, Olbers et Harding. — Le lecteur ne doit pas oublier que ceci a été écrit en ISIS.
pectives ; les éléments des orbites des planètes et des satellites, et leur variation ; les mouvements de ces astres, et leurs équations, périodiques et séculaires ; la rotation du soleil et des planètes, la position de leure axes, et leur aplatissement; la précession des équinoxes, la variation à longue période de l’obliquité de l’écliptique, et la nutation de l’axe de la Terre ; enfin,la libration de la Lune, son équateur, la position de ses taches, et la hauteur de ses montagnes.
La géographie mathématique reçut des déterminations précises : d’abord, par la mesure du degré en France (1) ; ensuite, pour éclaircir les difficultés de Cassini sur l’aplatissement de la terre, par la double mesure du degré sous le cercle polaire (2), et sous l’équateur (3) ; enfin, pour fixer la longueur du mètre, par les mesures récentes et soignées du méridien de lâ France (4), lesquelles occasionnèrent des mesures pareilles dans d’autres pays,. et donnèrent par. là lieu à la découverte de la forme irrégulière de la Terre.
(1) Par Picard, Auzoul, Boulliaud, Hicher, Lahirc et autres.
(2) Par Maupcrluis, Clairault, Camus, Le Monnier et Celsius.
(3) Par La Condamine, Godin et Boupuer.
(4) Par Méchain, Delambre, Arago et autres.
La physique expérimentale, la gloire de cette période, fut instituée par les travaux de Toricelli, de Gassendi, etc., et définitivement par Sturm. Les phénomènes de l’air furent observés (1) ; ceux de la chaleur furent discutés soigneusement (2) ; la théorie des vapeurs fut fondée sur des observations exactes (3) ; celle de la cristallisation fut développée successivement (4) ; l’électricité fut d’abord examinée (5), ensuite mieux discutée (6), et enfin couronnée par l’établissement de sa permanenct; (7); les phénomènes de l’aimant furent également reconnus (8); l’union delà
(t) Par Guerike, Boyle, Mariotte, Leupold, Nollet, etc,, etc., et surtout J. Smeaton, jusqu’à Cuthberson et Hindenbourg.
(2) Par Boyle, Lambert, de Luc, Scbeele, Ad. Ci’awford, Black, Wilke, de Rumfort et autres.
(3) Par de Luc, Saussure, Watt, Volta, et surtout Dalton.
(4) Par Borné de Lisle, Bergman et Haüy.
(3) Par Gilbert, Guerike et Boyle.
(6) Par Hauksbee, Gray, du Fay, Nollet, Kratzenstein, Franklin et Coulomb.
(7) Découverte par Galvani ; observée par Aldini, Humboldt, Rossi, Nysten, etc. i et reconnue par Voila.
(8) Par Gilbert, E. Halley, du Fay, Epinus, Brugmann, Cavullo, Coulomb et autres.
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chaleur à la lumière dans les rayons solaûres fut remarquée (1); enfin, des instruments pour l’observation et l’explication de tous ces phénomènes physiques, furent inventés : le baromètre par Toricelli ; la machine pneumatique ])ar Guérike ; le thermomètre successivement par Drebbel, del’lsle, Fahrenheit, Réaumur et de Luc; le pyroinètre, par Musschenbroeck, Lambert et Wedgwood ; le calorimètre par. Laplace et Lavoisier ; l’hygromètre, considéi’é dans son perfectionnement , par les académiciens del Cimento , Leroi , Saussure, Deluc, Dan, Wilson, et enfin Leslie ; la machine électi-ique,par Hausen, et Planta ; l’électrophore par W’ilke ; la bouteille par Kleist, Cunaens et Musschenbrbech ; le condensateur et surtout la pile par Vulta; les aimants artificiels principalement par Knigt ; et plusieurs autres instruments secondaires.
La chimie, uii des fleui'ons de la couronne de cette période, fut préparée par Boyle, qui préluda aux découvertes les plus importantes, faites dans cette branche des sciences physiques. — Les substances réputées
(1) Par Herschell.
simples furent distinguées, et leur nombre fut considérablement augmenté. Ainsi , aux sept métaux des anciens on en ajouta successivement plus de vingt nouveaux (1); la terre unique (le caput mortuum) Aq?, alchimistes fut développée en neuf espèces (2); les principes acidifiants, inconnus avant cette période, furent découverts successivement , savoir , le chlore par Scheele et constaté récemment par Davy, l’oxygène par Priestley, l’iode par le salpètrier Courtois, et même le fluoré, si tant est que toutes ces substance sont des principes acidifiants ; aux substances inflammables connues, le charbon, le soufre et le phosphore, Scheele ajouta l’hydrogène , et les chimistes de nos jours y joignent le baryum, le silicium , l’aluminium, le calcium, etc., etc. — Les substances composées furent distingnées et déterminées avec le même succès. Ainsi, aux trois acides connus, le sulfurique, le nitrique et le muriatique, on en ajouta un nombre
(1) D’abord, dans le moyen .Ige, l’anlinioine, le bismuth, et le zinc ; ensuite, dans l’dcole de Stahl, le cobalt, le nickel, l’arsdnic, le molybdi'ne, le tungstène, le manganèse, et même le platine ; récemment, Klaproth l’urane, le titane et le. tellure, Vauquelin le chrome, Wollaston et Smithson-Tcnant te palladium, l’osmium, l’irridium et le rhodium, Hatchet le colombium, Hisingcr et Berzélius le cérium, et Davy le potassium et le sodium.
(2) La chaux, la silice et l’argile dans l’école de Stahl ; la magnésie par Black et .MargrafT ; la baryte par Scheele ; la zircone et la slrontiane par Klaproth ; la glucine par \ auquelin, et l'ytti ia par Gadolin.
considérable, tant minéraux (1) que végétaux (2), et animaux (3); les alliages, les combinaisons inflammables et gazeuses, les oxides et les combinaisons salines, binaires et ternaires, ont été étudiés avec succès, depuis Kirwan jusqu’à nos jours; et la décomposition des substances, considérée comme moyen de cette étude, où nous remarquerons la décomposition de l’eau, opérée par Cavendish, fut portée à une grande perfection, sur-^ tout depuis l’heureuse application de la pile de Volta(4) .
Enfin, les substances organiques, des végétaux (5) et des animaux (6) , leurs principes immédiats, leurs combinaisons en mixtes, leurs transformations, ainsi que leur décomposition par la fermentation, furent distinguées (7) en assez grande quantité pour fournir déjà d’abondants matériaux à l’étude de l'organisation (8).
(1) Depuis le borique, par Homberg, jusqu’au colombique , par Hatchett.
(2) Depuis l’oxalique, par Bergman, jusqu’au subérique, par Brugnalelii.
(3) Depuis l’urique, par Scheele , jusqu’au nouveau sébacique, par Thénard.
(4) Par Ritter, Carliste, Nicholson, Davy et Berzélius.
(5) Depuis les gommes ou mucilages, jusqu’aux matières colorantes.
(6) Depuis les trois principes des solides, la gélatine, la fibrine et l’albumine, jusqu’à l’adipocire que dépose le ceiveau.
(7) Depuis Stalh,Boerhave, Roueile et Scheele, jusqu’à Fourcroy.
(8) Le lecteur ne doit pas oublier qu’il ne sagit dans toute cette exposition que des découvertes antérieures à l’année 1818.
8 WSONSKI
Cette étude de l’organisation, composant principalement les sciences médicales, commença à l’occasion de la dispute sur le lieu de la saignée, motivée par Brissot : la médecine des arabes fut repoussée, Hippocrate rappelé ; et la liberté de penser, attribut caractéristique de cette période, fut introduite par Fernel. Mais , cette étude ne fut proprement ramenée à l’observation que par Harvey, Sydenham et Baglivi , qui lui donnèrent ainsi la certitude dominante; et, depuis lors , quoiqu’elle n’ait pas été tout à fait aussi heureuse que celle des sciences physiques précédentes, à cause de la difficulté qui lui est propre, elle a néanmoins produit d’assez grands résultats. Nous allons les signaler séparément dans l’anatomie, la physiologie, la pathologie et la thérapeutique.
Vers l’époque de l’introduction de l’empirisme, l’anatomie était cultivée avec un grand succès en Italie, où elle paraît avoir choisi son siège principal. Bérenger ouvrit cette nouvelle carrière ; son contemporain Fallope posa déjà des fondements à i’anatomie comparée ; et Eustache , quoique sectateur zélé de Galène, rectifia plusieurs anciennes assertions, surtout celles deVésalius, en donnant d’ailleurs, suivant
son exemple, d’excellents dessins anatomiques. Sur leurs traces marchèrent plusieurs anatomistes distingués ( 1 ); et, de plus, l’usage des réactifs chimiques, fait par Gagliardi , et l’emploi du microscope , principalement par Lieherkuhn, ranimèrent l’étude de l’anatomie (2) , et la soutinrent ainsi jusqu’à Ruych, qui perfectionna l’art de l’injection. Alors, les secondes voies, celles de l’absorption, furent déjà exploitées.
Vers le milieu du dernier siècle, des recherches plus systématiques (3), parmi lesquelles il faut surtout distinguer celles d’Albinus et de Morgagni, complétée par les travaux récents de Mascagni , ont conduit définitivement à la connaissance, du moins approchée , des principales parties de l’anatomie générale, c’est-à-dire, des trois grandes voies, de digestion, d’absorption et de circulation, ainsi que du système lymphatique. —7 Enfin, de nos jours, l’attention des anatomistes s’est portée sur des organes particuliers, et, par là même, sur l’anatomie comparée.
Haller et ses disciples dirigèrent déjà l’anatomie vers les applications physiologique; mais, ce furent Hunter, les deux Monro, Camper et Vicq-d’Azyr qui lui donnèrent plus spécialement cette direction. Ainsi,
(1) Koyter (de Groningue), Casserius, Fabricius, Adelli, Vesling (de Mindcn), Licetli, cl Riolan (à Paris).
(2) Chez Willis, Bartholinus, .Malpighi, Rudbcckct autres.
(3) Faites par Sartorini, Cassebohm, Weilbrecht, Cheseldcii, .\l. Monro, Senuc, et autres.
Walther et Scârpa examinèrent les nerfs des viscères et de la poitrine ; Reil et Bichat distinguèrent les deux systèmes dans l’organisation humaine; Home examina l’organisation particulière des quadrupèdes neutres de la Nouvelle-Hollande ; Bloch , Latham et surtout Cuvier reconnurent les organes de la voix chez les oiseaux; Blumenbach compara les animaux à sang chaud et à sang froid; etc., etc.; enfin, Gall perfectionna l’anatomie du cerveau , en employant sa méthode des développements à la place de celle des coupes de son prédécesseur Vicq-d’Azyr ; et , suivant tous ces indices , Soemmering marqua définitivement la gradation du système nerveux et de l’intelligence chez les animaux.
Quant à l’anatomie spéciale des végétaux, elle fut moins heureuse; etjusqu’àce jour, on ne connaît pas encore bien les voies de leur nutrition .^Les expériences de Coulomb, Cotta et Link indiquent que la sève monte principalement vers l’axe de la plante ou de l’arbre, et les suites de la ligature du tronc paraissent prouver qu’elle redescend modifiée du côté extérieur ou de l’écorce; mais, d’autres expériences, de Duhamel et de Cotta, ainsi que les observations de Mirbel, montrent que toutes les parties des végétaux communiquent entre elles. Cependant, l’absorption par les racines, la cime et les feuilles a été constatée (1); et
(1) Par Bonnet, Ingenbousz, Sennebier et autres.
il faut peut-être y joindre les pores corticaux de Saussure. Enfin, on a déjà examiné soigneusement les trachées (1), la moelle (2), les \aisseaux propres (3), la fleur (4) et la graine (5) ; et l’on porte à cette étude un intérêt croissant, qui conduira sans doute bientôt à des résultats plus généraux.
La physiologie commence proprement avec Glisson, qui , le premier, a examiné une véritable force vitale ou physiologique, savoir, l’irritabilité musculaire. Stahl y joignit la force complémentaire , la sensibilité nerveuse, que nous considérons ici, à la manière de Platner, comme une faculté inhérente aux parties médullaires et nerveuses (6). Ainsi, à cette époque, on avait déjà les deux forces fondamentales de la vie, l’irritabilité de la fibre et la sensibilité des nerfs, qui sont peut-être ici ce que sont, dans la nature inorganique, les deux forces fondamentales , la répulsion et l’attraction.
Depuis, chacune de ces forces vitales fut examinée ; et leurs caractères respectifs furent ainsi déterminés. Haller, en même temps que Winter, développa la théorie de l’irritabilité, et il fut suivi dans sa marche
(1) Riechel, Link, Rudolphi.
(2) Linndc, Médius, Mirbel, du Petit-Thouars.
(3) Treviranus, Link.
(4) Mirbel, Turpin.
(5) Gaertncr, Jussieu.
(6) Gimme cela résulte d’ailleurs des observations de Prochaska, et de Reil.
par plusieurs physiologues (1); mais, ayant négligé l’influence de la sensibilité, l’école de Haller fut combattue, principalement par les partisans de Stahl, jusqu’à Barthez, qui, à son tour, prétendit établir la théorie de cette deuxième force fondamentale. Ce sont Reil, Autenrieth, et surtout Blumeubach qui, par rapport à ces deux forces, paraissent placés dans un juste milieu, où le dernier soupçonne de plus une force nouvelle et bien supérieure, \Qnisus formativus. — Or, c’est à l’aide ou avec l’influence de ces forces vitales, appliquées aux forces non vitales ou mortes, chimiques et mécaniques, qu’on a étudié les diverses fonctions de l’organisation animale. D’abord, la respiration et la circulation, ces deux fonctions principales, qu’on doit peut-être regarder comme les deux excitants réciproques, de la nature et de la vie, ont été examinées, la première, dans ses opérations chimiques (2) et dans son influence physiologique (3), et la dernière, dans ses effets (4) et dans ses causes (5).
Ensuite, la nutrition et les sécrétions, formant les fonctions purement instrumentales, ont également
(1) Zinn, Zimmermann, Tissot, Ünzer, Fontana et autres.
(2) Par Mayow, Willis, Crawtord, Lavoisier, Halld, etc.
(3) Par Godwin, Nysten, Spallanzani, Cruikshank, St'guin, Erman, etc.
(4) Par Harvey
(,ï) Par l’iicole ialro-mathdmatique, dont nous parlerons ci-après*
été étudiées, mais avec moins de succès général (1) ; et les sensations, fonctions finales de la vie, ont de même été examinées, et dans les organes séparés ou conducteurs (2), et même déjà dans leur organe commun et producteur, dans le cerveau (3).
Enfin, la génération, fonction conservatrice de l’espèce, a déjà été observée (4) , du moins dans ses circonstances accessoires, parce qu’il paraît qu’on ne peut facilement, par le moyen de l’expérience, en atteindre le principe et l’essence.
Quant à la physiologie spéciale des végétaux, elle est encore moins éclaircie que ne l’est leur anatomie. On soupçonne seulement (5) la présence d’une force analogue à l’irritabilité de la fibre animale; mais, malgré les mouvements spontanés (6) dans diverses parties des plantes, et surtout dans leurs organes de la fructification, on n’a pu se résoudre à reconnaître une force complémentaire et analogue à la sensibilité nerveuse des animaux. Cependant, la fonction de la
(1) Par Rt’auraur, Spallanzani, Moreschi, Scarpa, Hunier, Blake el autres.
(2) Par Olbcrs, Porterüeld, Young, Scarpa, Comparetti , Dupuylren, etc.
(3) Par Gall.
(4) Principalement par Blumenbach.
(5) Suivant les expériences et les observations de Brugmans, Van-Marum, Link, de Candolle, Desfontaines et autres.
(6) Observés depuis Linnée.
nutrition a été examinée (1); le mode de la fécondation, connue déjà anciennement, a été étudié avec zèle (2) ; et enfin, les circonstances de la germination ont été également observées (3), surtout par Humboldt, qui, employant des oxydes et même le chlore, paraît prouver que l’acidité est le véhicule de ce développement végétal.
La pathologie et, par conséquent, la thérapeutique n’ont pu encore s’élever au rang de véritables théories, fondées sur l’expérience, malgré les efforts de plusieurs hommes de génie dont nous signalerons ci-après les résultats ou les systèmes étiologiques. Même la nosologie n’a pu encore arriver qu’à une simple description, et non à une véritable classification des maladies. Ce qui, en pathologie et en thérapeutique, se trouve constaté par l’expérience, se réduit à des recueils d’observations, et, à cet égard, les progrès nouveaux, considérés comme suite et comme développement des connaissances hippocratiques, ont été faits principalement par Alpini, fondateur de la séméiotique, par l’école de Sydenham, par Baglivi, et par l’école de Boerhave. 11 faut cependant distinguer les observations de V. Swieten, de Ganbius et de
(1) Par Crcll, Link, Desfonlaines, Th. Saussure, Sennebier, Duhamel, et autres.
(2) Depuis Linnée jusqu’à Hedwig et Bauvais.
(3) Par Huber, Sennebier, Th. Saussure, et autres.
quelques autres plus récents (1). De nos jours, l’étude 'des maladies particulières, de l’anatomie pathologique, et surtout les institutions cliniques, introduites déjà par de la Boë-Sylvius, ont accumulé de nombreux matériaux (2). — Pour ce qui concerne la matière médicale et la pharmaceutique, la première, depuis Wepfer (3), et la seconde, depuis Schroeder et Ludo- \icé (4), ont gagné considérablement dans cette période, par les progrès de la chimie, et par ceux de l’histoire naturelle dont nous allons parler.
Les diverses forces physiques que nous venons de signaler, dans la nature inorganique et dans la nature organisée, doivent, par leur concours varié, former autant d’êtres physiques différents ; et c’est l’étude de ces êtres de la nature qui est l’objet de l’histoire naturelle, prise dans son acception la plus générale. Comme telle, l’histoire naturelle doit examiner les êtres physiques déjà formés, et de plus, cette formation elle-
(1) Hebenstreit, Vogel, Ludwig, Fothei^ill, van Doevern, Kanilfeld, Sloll, Cullen , Kacmpf, Herz, Wichman, Leutin, etc.
(2) Recueillis par Frank, Reil, Hufeland, Blanc, Chalmer, Rush, Jenner, Roeschlaub, Pinel, Corvisart, Portai, Chaussier, Orfila, etc.
(3) Jusqu'à Cullen, Murray, Alibert, Burdach, etc.
(4) Jusqu’à Green, Hagen, Barbier, etc.
même ; la première étude est l’objet spécial de l’histoire naturelle strictement dite, et la seconde est l’objet de* la cosmologie. — Voici leurs progrès respectifs, faits sur la \oie de l’empirisme, dans celte période de la domination de la certitude.
L’histoire naturelle strictement dite, devant reconnaître les différents êtres matériels, c’est-à-dire, les diverses réunions effectives de forces physiques, procède ici nécessairement par deux moyens opposés, savoir : par 1’anai.ogie, dans la spécification des êtres de la nature, et par I’induction, dans la classification'de ces êtres : la spécification conduit à la détermination des FAITS composant les espèces et les variétés particulières, et la classification conduit à la connaissance des lois, du moins présomptives, qui régissent ces concours individuels des forces physiques. Les naturalistes paraissent à la vérité confondre cette double fonction de leurs travaux ; mais, leur génie a suppléé à cette connaissance distincte, et les a conduits à des résultats plus ou moins conformes à cette nécessaire distinction. Ainsi, déjà anciennement, on a reconnu la différence des trois règnes de la nature, quoique l’on ne sache pas encore aujourd’hui fixer leurs véritables caractères. — Mais, laissons ces considérations philosophiques de l’histoire naturelle, et poursuivons ses progrès empiriques dans la période dont il s’agit.
Ce sont Gesner, Agricola et Aldrovandi qui ont d’abord restauré l’étude de l’histoire naturelle; et ce
sont Ray (Wray) et Wilkins qui, suivant leur traces, essayèrent les premiers une véritable classification des produits de la nature. Après eux, Linnée posa les fondements à l’étude systématique ou scientifique de riiistoire naturelle, telle qu’elle se trouve aujourd’hui développée dans les trois règnes de la nature. — 11 faut cependant remanjuer ici qu’on a essayé depuis, d’une part, de se débarrasser de ce lien systématique (1), et, de l’autre, de multiplier les règnes de la nature (2) ; mais ces essais sont restés infructueux, et la science, fondée par Linnée, fut seule suivie et développée. — Voici ses progrès dans chaque règne séparément.
Dans la minéralogie, depuis Agricola, les travaux de ce savant et de ses successeurs (3) , jusqu’à Joung et Johnston , ne paraissent dirigés que vers la spécification des minéraux ; et leurs systèmes ne sont proprement que des recueils , ou tout au plus des coordinations, des espèces et des variétés individuelles. Wilkins manifeste le premier une tendance vers la classification ; Becher y applique déjà la chimie ; et enfin Linnée procède systématiquement à la classification minérale , quoique avec peu de succès , parce qu’il n’emploie encore des caractères intérieurs que la forme cristalline. Wallerius réunit, aux caractères extérieurs mieux déterminés, la considération des
(1) Buffon, Daubenlon, Robinet et Bonnet.
(2) Wallerius, Denso, l’riesiley. Voila et Widcnniaim.
(3) Fallopius, Cardanus, Fabricius, I.ibavius et autres.
principes chimiques ; et il croit ainsi se placer sur la \raie route de la classification minérale. Cronstedt fait de nouveaux progrès , mais il s’attache trop h la considération des forces chimiques. Haüy se jette du côté opposé, et attribue tout à la structure cristalline. Enfin, Werner, croyant trouver dans les propriétés spécifiques le vrai critérium de la classification, donne un nouveau et vaste aspect à cette science (1).
Dans la botanique, l’étude purement médicale, instituée par Brunfels, les deux Cordus et Bock, prit une direction nouvelle avec Gesner , qui , le premier, ordonna les plantes d’après leurs parties de la fructification. Mais, ce travail, ainsi que le système de Césalpin, perfectionné par Colonna, et même les travaux de Baubin et de Joung , lequel dernier eut déjà l’idée du système sexuel, ne paraissent tendre que vers la spécification des plantes. Ce fut peut-être Morison et surtout Ray qui manifestèrent les premiers l’idée d’une véritable classification phytologique. Tournefort en essaya vainement l’exécution; et ce fut encore Linnée qui, dans son grand système sexuel, en posa les fondements. Depuis, examinant l’importance des organes, on crut découvrir leur gradation ; et, plaçant ainsi en chef les parties de la fructification,
(1) A ces recherches générales il faut joindre les travaux particuliers de Scopoli, Romé de l’Isle, Dolomieu, Gerhard, Suckow, Emmerling, Berçman, Kirwan, Klaproth, Vauquelin, Faujas de Saint-Fond, Brongniart et autres.
d’après les anciennes idées de Gesner, et utilisant d’ailleurs la carpologie de Gaertner, Jussieu développa sa méthode dite naturelle (1).
Dans la zoologie enfin, les travaux de Gesner et d’Aldrovandi ouvrirent la carrière, et furent suivis par ceux de Johnston. Mais, c’est encore Ray qui manifesta ici la première tendance vers la véritable classification des ouiimaux, dont Linnée posa également les fondements dans sa distinction de la qualité du sang, . perfectionnée depuis par Lamarck moyennant la considération de la présence ou de l’ahsence des vertèbres. Cependant, les subdivisions de ces grandes classes, et leurs caractères respectifs, constituant les lois qui doivent régir le système zoologique, étaient encore loin de la vérité. A cet égard, les progrès récents de la zoologie comparée (2), ont développé successivement la connaissance d’une espèce de gradation dans l’importance des fonctions animales; et, suivant cette gradation, qui présente des lois bien assurées, on a
(1) A ces recherches générales il faut ici joindre les travaux particuliers de Haller, Gleditsch, Adanson, Hedwig, Bulliard, Tode, Persoon, Alton, Smith, Swarz, Roemer, P. Usteri, Jacquin, Wildenow, Hoiïman, Acharius, Schroeder, Bridel, Moeneh, Vahl, Cavanilles, Michaux, de Candolle, Desfontaines, Vacher, Chantraus et autres.
(2) Par Blumenbach, Soemmering, Smellie, Pallas, Hunter, Th. Pennant, Monro père et fils, Townson, etc., Wiedemann, etc., Abilgard, Vibord, etc., Spallanzani, etc., Vicq-d’Azjr, Lamarck, Cuvier, etc.
établi des classifications nouvelles qu’à l’imitation de Jussieu, les zoologues français, en profitant avec raison des travaux des étrangers, appellent méthodes naturelles ou zoologie française (1).
Outre ces recherches systématique, faites pour avancer les progrès de l’histoire naturelle, il faut ici signaler les nombreux voyages entrepris dans cette vue, la formation de sociétés spéciales, l’établissement somptueux de jardins botaniques et de ménageries, la fondation de musées et d’amphithéâtres, et les diverses collections précieuses d’objets de la nature.
Enfin, la cosmologie, ce complément de l’histoire naturelle, qui s’occupe de la formation même des êtres de la nature, a aussi reçu déjà quelques matériaux, pçu nombreux à la vérité, parce que l’on n’a pu s’adonner que tard à cette étude, et que, d’ailleurs, l’observation des phénomènes qui y sont relatifs, est plus difficile.
Ainsi, pour la formation des corps célestes, Herschell, de nos jours, a cru voir, dans les nébuleuses, la
(I) Voici de plus les travaux particuliers ; pour les mammifères, ceux de Ray, Klein, I. innée, Brisson, Storr, BlumcnLach, etc. ; pour les amphibies, ceux de Linnèe, l.acépède, Schneider, Brongniart, etc.; pour les poissons, ceux d’Arledi, Linnèe, Lacèpède, Bloch, Schneider, etc. ; pour les mollusques, les crustacés et les arachnides, spécialement ceux de Cuvier et Lamarck ; 'pour les insectes, ceux de Linnèe, Bergman, Fahricius, Denis, SchilTermul- 1er, Roeraer, Panzer, Swaminerdam, Latreille, etc, ; pour les vers, ceux de Muller, Goetzc, Mangili, Cuvier et Lamarck; enfin, pour les zoophytes, ceux de Tremhley, Cuvier et Lamarck.
matière et le noyau de la formation des systèmes, comme l’avait déjà prévu Kant, cinquante ans auparavant. On a également porté l’attention sur l’uniformité du mouvement de translation des planètes et des satellites, ainsi que de leur mouvement de rotation, avec celui du soleil ; sur la proximité des plans de leurs orbites ; sur la gradation dans l’excentricité de ces orbites ; sur la loi que suivent les distances des planètes au soleil, d’après laquelle on a été porté à la recherche de nouvelles planètes, etc., etc. ; le tout suivant les vues de Kant que nous venons d’alléguer. Mais, ce ne sont encore que de simples observations ou des remarques problématiques ; et nous attendons les considérations inductionnelles, les principes ou lois, ’qui doivent les coordonner.
Pour la formai ion du globe terrestre, les observations, que l’on n’a commencé à faire ici que vers le milieu du dix-huitième siècle, ont déjà conduit à quelques connaissances importantes, quoique encore fragmentaires, sur la structure de la croûte qui couvre la terre, sur la nature des eaux qui flottent à sa surface, et sur les propriétés de l’atmosphère qui l’environne. — Dans l’enveloppe solide, on distingua d’abord (1) les terrains primitifs des terrains secondaires; on observa ensuite la superposition des couches désordonnées, qui forment les terrains primitifs, depuis les roches gra-
(I) Lehman.
nitiques, jusqu’aux roches feuilletées contenant les filons métalliques, et la superposition des couches plus généralement horizontales, qui forment les terrains secondaires et contiennent les débris des êtres organisés ; on examina successivement les diverses circonstances des montagnes, les pentes des continents, les côtes, les îles, les volcans, les tremblements de terre, les éruptions boueuses, les éboulements, l’affaissement général de la croûte terrestre, les terrains qui glissent, les sables mouvants, les attérissements et les alluvions, etc., et l’on discuta spécialement les différentes classes des fossiles.
Les eaux ont été étudiées avec le même soin : les mefs, les lacs, les rivières, les fontednes, etc., ont été reconnus ; leurs déplacements et leurs formations accidentelles ont été remarqués ; leurs mouvements , tels que le flux et le reflux, les courants, les ondes, les torrents, etc., ont été observés; leurs qualités spécifiques, dans les eaux minérales, dans la salure de la mer, etc., ont été examinées; leur température, leur lucidité même, etc., ont été constatées.
Enfin, l'atmosphère, sa construction, sa hauteur, et ses phénomènes, les vents, les trombes, les aérolithes, les météores, aqueux et ignés, les circonstances optiques, etc., etc., ont été également étudiés (1). — Outre
(1) Nous remarquons ici, parmiles géologues, Sussmilch, de Luc, Delaméthrie et Kant; parmi les minéralogistes, Bergman, Wallerius, Haidinger, Werner et Dolomieu ; parmi les tiaturalistes, J.-R. Foss-
ces travaux positifs, fondés sur l’expérience, on a essayé (1) de déduire à priori la formation du globe terrestre ; mais, ces hypothèses ne peuvent ici être considérées que comme occasions des recherches et des observations auxquelles elles ont donné lieu.
Telles sont , en résumé , les découvertes nombreuses que, dans cette quatrième période de l’espèce humaine, dans laquelle domine la culture du savoir ou la tendance vers la vérité, nous devons à l’empirisme formant le caractère déterminé de ce but dominant. — N’oublions point, en effet, que l’empirisme, tel que nous l’avons fixé plus haut, comme consistant dans la généralisation des faits, ou dans l’introduction de l’universalité de l’absolu dans l’individualité du relatif, est la détermination principale du caractère distinctif de cette période, fondé sur les premières manifestations de la vérité dans la certitude attachée à la connaissance des faits. De là résulte que toutes ces découvertes que nous venons de signaler, comme obtenues par l’expérience, qui est le grand instrument de l’empirisme, et comme présentant toutes des généralités de faits positifs, ou,
comme on dit vulgairement, des faits généraux, sont
ter, Pallas, Saussure, Zimmennan, Otto, Cuvier et Humboldt; enfin, parmi les métiiorologues en particulier, Mayer, Toaldo, Gatterer, Lamarck et Lampadius.
(I) Descaries, Burnet, Leibiiitz, Whiston, Woodward, Ray, Scheutzer, Raspe, Buffon, de Luc, Saussure, Pallas, Werner, Dclaluéthrie, Dolomieu, Franklin, llutton, Playlair, et autres.
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dues effectivement à ce procédé assuré de l’erapirisrae. De là résulte de plus que la somme de ces découvertes se trouve incomparablement plus grande dans le domaine de la nature que dans celui de la liberté, parce que l’être, qui est la base de la nature, est proprement ce qui coexiste avec nous et forme ainsi l’objet de l’expérience, et que, par cela même, la liberté ne peut être atteinte par l’expérience que purement dans ses conditions physiques.